Dyane Paris, quand le cocktail devient œuvre à collectionner

Dyane Paris, quand le cocktail devient œuvre à collectionner

Et si une œuvre pouvait se boire ? Avec Dyane Paris, le cocktail quitte le verre pour investir la sculpture. Dans un paysage du luxe en pleine mutation, la jeune Maison française propose un geste inédit : faire naître une bouteillle à la fois gustative et artistique. Ici, il ne s’agit ni d’une simple bouteille revisitée, ni d’une sculpture décorative. Ce que Dyane Paris appelle “art liquide” repose sur une idée précise : un cocktail signature haut de gamme présenté dans un contenant artistique unique, pensé pour être conservé.

Dyane Paris s’impose comme une réponse aux nouvelles attentes des amateurs de spiritueux, qui recherchent aujourd’hui autant une histoire qu’un goût. Fondée à Paris en 2025 par Elisa Evrard, la Maison propose une inversion radicale des codes du spiritueux : transformer le cocktail en œuvre d’art. Le principe est simple mais disruptif : des cocktails haut de gamme (27 % vol.), prêts à déguster, sont embouteillés non pas dans du verre mais dans des statues en porcelaine peintes à la main.

Chaque pièce est pensée comme une œuvre autonome et destinée à traverser le temps bien au-delà du moment de dégustation. “L’idée, c’est de créer une maison d’art liquide. Moderniser l’image des spiritueux et proposer un objet que les gens vont collectionner. Ce n’est pas une bouteille qu’on consomme et qu’on jette. Je la bois, je passe un moment, et je la ramène chez moi.” explique Elisa Evrard.

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Dyane Paris

L’apparition d’une nouvelle catégorie : un cocktail unique dans un contenant unique

Dyane ne revendique pas l’étiquette de simple marque de Ready-To-Drink (RTD). Son positionnement est plus ambitieux : Maison d’Art Liquide. Dans l’univers du luxe français, le terme “Maison” évoque instantanément l’héritage des maisons de haute couture ou de joaillerie, bien au-delà de la logique purement commerciale. “Les maisons, c’est un positionnement luxe. Et l’art liquide, parce que nos cocktails, même s’ils se boivent, restent de l’art par leur mise en forme dans un contenant artistique unique.

Cette démarche s’inscrit dans une époque où le marché des spiritueux évolue : les boissons prêtes à boire (RTD) constituent un segment en forte croissance, estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars et affichant une croissance annuelle d’environ 7 à 15 %. Par exemple, le marché mondial des boissons alcoolisées prêtes à boire était évalué à près de 33 milliards USD en 2024 et devrait presque doubler d’ici 2032, porté par l’attrait des consommateurs pour la praticité sans compromis sur la qualité.

La bouteille devient sculpture

La rupture est d’abord visuelle. Dyane abandonne l’archétype historique de la bouteille en verre pour adopter la porcelaine. Cette matière noble donne à la pièce une présence sculpturale.

La forme s’inspire de la Vénus de Milo, référence classique et féminine, et évoque une statue qui aurait quitté la galerie pour habiter un bar ou un salon.  Derrière ce parti pris réside une ambition claire : investir un espace que les grandes marques de spiritueux n’ont pas encore pleinement exploré, en fusionnant design objet et fonction de service. “On a voulu créer une œuvre d’art qui contient son cocktail noble avec des ingrédients français.

 

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Une renaissance contemporaine de l’artisanat français

La Maison décrit son processus artistique par le passage de plus de 70 mains avant que chaque pièce ne soit finalisée, symbolisant à la fois la finesse de la fabrication et la chaîne collaborative d’ateliers français impliqués.

La porcelaine est élaborée à partir de trois poudres minérales : feldspath, quartz et kaolin, transformées en barbotine, moulée puis cuite trois fois à 600 °C, 900 °C et 1300 °C. Le cycle complet prend plus de deux mois. Chaque étape requiert des compétences spécifiques, de l’atelier de porcelaine en région d’Avignon à l’atelier de recettes spiritueuses en Île-de-France. “C’est un processus 100 % artisanal. On en est au 17e prototype.”

Ce modèle artisanal s’oppose à la standardisation de l’industrie : Dyane revendique une approche lente et résolument premium.La vision est très claire. S’il faut rajouter deux ou trois euros à la production pour que ce soit mieux, on le fera. On veut se positionner en ultra-luxe.

À l’intérieur de ces sculptures se trouvent des cocktails spiritueux élaborés à partir d’alcool vinique français distillé à 96 %, puis travaillé par infusion. Les recettes de lancement s’inspirent de classiques comme le Pornstar Martini ou le Moscow Mule, tout en restant ouvertes à la personnalisation pour les établissements partenaires.

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Le choix du cocktail plutôt que du spiritueux pur ou du vin s’inscrit parfaitement dans les tendances actuelles : alors que la consommation globale d’alcool diminue, les boissons prêtes à boire continuent de gagner du terrain. “Quand on pense belle bouteille, on pense whisky ou gin. Justement, on voulait créer une innovation du contenant et du contenu. Sur le cocktail, il n’y a pas d’offre luxe.”

L’objet après la dégustation : naissance d’un marché du collectionnable liquide

Une fois vide, la statue ne disparaît pas : elle devient pièce décorative, souvenir d’un moment, objet de collection. Cette dimension de conservation rappelle d’autres univers du luxe : flacons de parfums sculpturaux, pièces de design en édition limitée, ou encore œuvres d’art produites en séries restreintes.

La production est volontairement limitée, environ 500 pièces par an, dans des formats allant de 1,5 litre à 12 litres, certaines dépassant un mètre de hauteur, s’échelonnant de 135 € à 3 500 €.

Une nouvelle géographie du luxe : entre hôtellerie, gastronomie et art

Dyane ne se contente pas d’être un objet de niche : elle est pensée pour être intégrée dans des lieux d’exception. La stratégie de distribution initiale mise sur une présence dans les écrins du luxe : palaces, hôtels iconiques, restaurants gastronomiques et galeries d’art.

Elisa Evrard a prospecté une série d’établissements partenaires, des lieux tels que Maison Souquet, Restaurant Les Ombres, Frivole, ou encore des hôtels à Cannes ou Saint-Tropez, pour instaurer une présence qui soit à la fois scénographique et immersive. “On n’est pas des spiritueux, on n’est pas de l’art. On est entre les deux.

Cette approche ultra-sélective répond à une mutation générationnelle : consommer moins, mais mieux ; privilégier le sens plutôt que la quantité.

Dyane Paris s’inscrit ainsi dans une évolution plus large du luxe contemporain. Un luxe plus expérientiel que démonstratif, plus limité que massif. Aujourd’hui, l’art ne se contemple plus seulement. Il se boit, puis il reste.

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