L’art en questions avec Marilou Berry

L'art en questions avec Marilou Berry
« Ça, c’est l’amour », de Jean-Robert Charrier, avec Josiane Balasko et Marilou Berry, au théâtre des Bouffes parisiens, jusqu’au 27 avril 2026

L’art en questions avec Marilou Berry

Marilou Berry, qui triomphe actuellement au théâtre avec sa mère Josiane Balasko*, baigne dans les arts plastiques depuis sa plus tendre enfance. Son père, Philippe Berry, était sculpteur et son compagnon actuel surnommé Le Diamantaire l’est désormais aussi. Autant dire que cette rubrique était faite pour elle.

Yves Derai : Avez-vous déjà fait des folies pour une œuvre d’art ?

Pas vraiment… un peu quand même. J’ai acheté à mon mec une litho de Vasarely tirée à une trentaine d’exemplaires. Lui m’a offert une litho de Magritte. Il est sculpteur et, entre artistes, on pratique le troc, ce qui fait que l’on récupère pas mal d’œuvres. Et mon père était aussi sculpteur. J’avais droit à une œuvre pour chacun de mes anniversaires. Pas besoin de « faire des folies », vous voyez…

Vous êtes collectionneuse ?

Je dirais plutôt que j’accumule des objets. Quand on visite un musée, on aime bien finir à la boutique. Et lorsqu’on voyage, on ramène toujours des choses. Avec mon mec, on adore les Lego. On a fait un Titanic, une Game Boy, un Mario, etc. Je suis fan de vieux jouets. J’ai un téléphone Mickey, une figurine E.T., des toilettes jouet… Ça part un peu dans tous les sens, pas comme quand on est collectionneur.

Vous passez beaucoup de temps dans les musées ?

Non, pas tant que ça. Je vais avec mon fils de 7 ans au Musée en herbe et à l’Atelier des Lumières qui sont des lieux intéressants pour éveiller un enfant à l’art. Et il est toujours partant pour aller au Louvre car il est passionné d’égyptologie.

Votre musée favori ?

Sans doute le Louvre qui est un endroit extraordinaire où l’on peut passer des heures. Mais l’exposition qui m’a le plus marquée se tenait au Palais des Papes, à Avignon, il y a des années. Le thème était la beauté et je me souviens d’une salle entièrement recouverte de lauriers avec une œuvre jaune comme un soleil qui m’avait éblouie.

L'art en questions avec Marilou Berry

Si vous pouviez choisir une œuvre quel que soit son prix pour l’installer chez vous ?

Ouh la la ! Difficile tellement il y en a. Peut-être un mobile géant de Calder pour ma maison de Normandie. Et à Paris, un tableau très classique, un de La Tour, par exemple. Ça contrasterait dans mon intérieur très contemporain.

Si vous pouviez choisir un artiste pour peindre votre portrait ?

On a droit aux artistes morts ?

Oui.

Léonard de Vinci. Même un de ses élèves, je prends !

Parmi toutes les formes d’art, où placez-vous le théâtre ?

Je vais vous surprendre mais à mon avis, le théâtre ou le cinéma, ce n’est pas de l’art, c’est du divertissement. Pour moi, l’art doit être silencieux et individuel. Le cinéma ou le théâtre, c’est bruyant et collectif.

Votre compagnon que l’on surnomme Le Diamantaire a commencé par le street art. C’est la révolution artistique de notre siècle ?

Oui, je pense, parce que le street art rend accessible l’art à des personnes qui n’appartiennent pas au milieu. Pas besoin de galerie ou d’expositions, on peut montrer son travail au plus grand nombre dans la rue, sur les murs. Tout ça a d’ailleurs commencé dès les années 70 avec les graffitis. Basquiat était, à sa manière, un street artist. Aujourd’hui, le genre est un peu surcoté.

Vous êtes interpellée par le mystère Banksy ?

Son anonymat ? Je trouve intelligent que des artistes s’effacent derrière leurs œuvres à ce point. Banksy bouscule l’ordre établi, il fait descendre l’art de son piédestal. Comme Invader qui vend des œuvres à bas prix par tirage au sort. J’en ai moi-même acheté une comme ça. L’art est trop contrôlé par des gens qui en font surtout un business.

Vous aimez les biopics sur les artistes ?

Non, la romantisation de certains parcours me gêne. Sauf exception, je ne suis pas bon public pour ce genre de films.

Article écrit par Yves Derai, à retrouver dans le numéro 15 de Oniriq Magazine

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