Pour certaines maisons, leur nom évoque à eux seuls une histoire, un héritage. The Macallan ancrée dans le Speyside, est une distillerie reconnue pour son exigence absolue envers le whisky, son travail unique des fûts de chêne au sherry et son excellence, devenue au fil du temps une véritable signature de luxe et de rareté dans l’univers des spiritueux.
Pour en parler, nous avons rencontré Diane Stuart, membre de la Macallan Whisky Mastery Team et wisky maker. Scientifique de formation, originaire du Speyside, elle représente avec justesse la manière dont The Macallan associe maîtrise technique, connaissance du terrain et exigence dans la création de ses whiskies. À travers sa voix, c’est tout un univers qui se dévoile, celui d’une maison en constante évolution, ouverte, vivante, connectée à la fois à son héritage et au monde qui l’entoure. Interview.
Vous avez une formation scientifique. Comment ce parcours vous a-t-il menée au métier de whisky Maker ?
Diane Stuart : J’ai grandi à Aberlour, au cœur du Speyside, entourée de distilleries. À l’université, j’ai étudié les sciences forensiques, puis j’ai postulé très large : un poste en génétique à Aberdeen… et au Scotch Whisky Research Institute. C’est là que tout s’est éclairé : j’ai compris que je pouvais unir science et whisky.
Après sept ans de recherche, je n’avais pas prévu de partir, mais Edrington cherchait un profil. J’ai rejoint l’entreprise en 2017 comme trainee blender, puis intégré l’équipe Macallan Whisky Mastery en 2022, à quelques minutes du village où j’ai grandi.

Tombée amoureuse du whisky… ou était-ce le destin ?
Diane Stuart : Je n’avais pas prévu d’y consacrer ma carrière, mais même en tant que guide l’été, j’aimais expliquer le whisky aux visiteurs. Aujourd’hui encore, c’est une part importante de mon rôle, même si je passe beaucoup de temps en salle d’échantillonnage. J’aime aussi voyager pour partager notre travail. Beaucoup pensent que le whisky relève du mystère ; c’est agréable d’échanger avec le public et d’éclairer ce processus.
Concrètement, que signifie “créer” un whisky ?
Diane Stuart : Le Scotch Whisky Association impose des règles strictes, mais elles stimulent notre créativité. Parfois nous partons d’un liquide trouvé dans nos inventaires, parfois d’un récit ou d’un lieu qui appelle un style aromatique.
La collection Distiller World illustre bien cela : nous explorons une culture puis revenons au laboratoire. Travailler sur l’édition Mexico a été une grande source d’inspiration. Et un autre créateur en aurait sûrement tiré un whisky très différent.
Comment innovez-vous tout en respectant l’héritage de la maison Macallan ?
Diane Stuart : L’innovation naît d’abord au laboratoire : nous modulons fermentations, distillations et coupes, et jouons sur les chênes américain ou européen assaisonnés au sherry, ou quelques fûts ex-bourbon. Ces combinaisons permettent d’affiner les goûts. Créer un whisky, c’est trouver l’équilibre entre les fûts. Pour A Night on Earth, nous avons mêlé majoritairement du chêne américain au sherry, un peu de bourbon et très peu de chêne européen. Le travail reste collectif : prototypes, échanges, ajustements. Il demeure une part de magie : deux fûts identiques peuvent vieillir différemment. L’innovation touche aussi au packaging, comme dans la collection Harmony.

“A Night on Earth – First Light” : que raconte cette édition et comment l’avez-vous composée ?
Diane Stuart : A Night on Earth célèbre le Nouvel An autour du monde. First Light s’inspire de la Nouvelle-Zélande, l’un des premiers pays à accueillir l’année. Nous avons cherché à traduire les goûts associés à cette célébration, notamment le Pavlova, une meringue à la crème. Le whisky offre donc des notes sucrées évoquant la meringue, mais aussi du miel de Manuka, typique de la région, et des fruits à noyau utilisés pour décorer ce dessert.



