Le célèbre Fashion Month de septembre touche à sa dernière étape… Après Londres, qui a présenté ses collections prêt-à-porter femme printemps-été 2027 du 17 au 21 septembre, puis Milan, à l’affiche du 22 au 28 septembre, Paris prend le relais en ce début de semaine. Mais avant de tourner les yeux vers les podiums parisiens, retour sur les silhouettes qui ont marqué les deux dernières Fashion Weeks.
Les 5 silhouettes à absolument retenir de Londres et Milan
Du grand McQueen, chez McQueen
Il y a des défilés qui comptent autant pour ce qu’ils montrent que pour l’endroit où ils ont lieu. Ici, ce n’est pas tant le lieu du show qui retient notre attention que la ville qui l’accueille. En revenant au calendrier de la Fashion Week de Londres pour présenter sa collection femme printemps-été 2027, McQueen a rappelé ce qui a longtemps fait la force de la capitale britannique : une mode théâtrale, insolente et impossible à ignorer. Sous la direction de Seán McGirr, la maison fait ici du grand McQueen, avec ce goût du beau traversé d’étrangeté.

La silhouette choisie en donne d’ailleurs une image saisissante. Dans le look 4, une longue robe en satin rose poudré glisse sur le corps avant de s’ouvrir sur une haute fente asymétrique. Son décolleté décentré laisse apparaître un soutien-gorge en dentelle. Cette même dentelle remonte jusqu’au cou et couvre le bas du visage, comme un voile transformé en col officier. Plus haut encore, deux immenses pointes argentées s’élèvent de part et d’autre de la coiffure, à la façon de cornes. Romantique de loin, presque inquiétante de près, la silhouette signe un retour de McQueen à Londres, autant que dans son propre vestiaire.
L’art du détail, chez Bottega Veneta
Chez Bottega Veneta, le printemps-été 2027 se découvre couche après couche. La collection de Louise Trotter, nommée en janvier 2025, joue sur le mouvement, les superpositions et le travail de la main, qui se révèle à mesure que l’on s’approche des silhouettes. Le look 36 en est, selon nous, l’un des plus beaux exemples : sous une coiffe blanche ajourée, un haut à col montant assemble des mailles de différentes densités, laissant parfois entrevoir la peau et le soutien-gorge blanc en dessous. Sur le buste, des fleurs rouges en relief semblent éclore à même le corps. Une touche de couleur bienvenue, qui réchauffe la blancheur de la silhouette.

Plus bas, la créatrice britannique poursuit ce jeu de superpositions avec une pièce brodée, portée comme une jupe par-dessus un pantalon ample. Ses pans flottants donnent l’impression que le vêtement change presque de forme à chaque pas, tandis que les chaussures reprennent le jeu d’ajours du haut. Un look dont on pourrait observer les finitions pendant des heures, mais qui prend toute son ampleur en mouvement.
Un trench particulier chez Ferragamo
Chez Ferragamo, Maximilian Davis puise dans les uniformes et les vêtements de travail des années 1940, une époque où les femmes investissaient les usines et les forces armées. Il en retient la structure et les codes, qu’il transpose dans un vestiaire plus actuel. La silhouette qui nous donne le plus envie d’embarquer pour ce voyage dans le temps est la n° 36. Elle se compose notamment d’un long trench vert kaki en latex à l’aspect lustré et légèrement translucide. Ses épaules généreuses et ses manches amples dégagent une impression de puissance. Sa double rangée de boutons rappelle l’uniforme, tandis que la ceinture nouée souligne la taille.

Pour nous, c’est littéralement la matière qui donne toute sa force à la silhouette. Sous les projecteurs du défilé comme à la lumière du jour, la surface brillante du trench accroche les reflets et révèle ses volumes. De quoi transformer un vêtement de travail en semi-habit de lumière…
Loro Piana, dans l’imprimé
À Milan, encore, Loro Piana a présenté sa collection printemps-été 2027 à la Biblioteca Nazionale Braidense, sous le titre Solutions For. La maison y mettait en avant ses matières, ses imprimés et la précision de ses finitions. Parmi les silhouettes présentées, c’est le look n° 8 qui a retenu l’attention de la rédaction. Pourquoi, nous direz-vous ? Certainement pour sa façon de mêler une construction élaborée à une impression de légèreté.

Sous une large capeline turquoise, un manteau crème à imprimé floral dessine une ligne nette, du petit col jusqu’aux boutons discrets. Il s’ouvre sur une longue robe plus claire, souple et plissée, dont les fleurs semblent peintes à la main. Le contraste entre les deux imprimés, l’un délicat et l’autre aux motifs plus amples, donne un relief particulièrement plaisant à l’ensemble. À mesure que le manteau s’écarte, le tissu se soulève. Et c’est précisément dans ce mouvement que la silhouette révèle toute sa grâce.
Gucci, le glamour retrouvé
Dernière silhouette, mais pas des moindres : Gucci dans toute sa splendeur. À l’instar de Seán McGirr chez McQueen, Demna semble avoir enfin trouvé une manière de faire vivre les codes de la maison italienne sans renoncer à sa propre vision. Après la très appréciée collection La Famiglia, il parvient à nouveau à nous faire aimer son travail chez Gucci avec le défilé printemps-été 2027, The Store Show. Il s’agit là, à nos yeux, probablement de sa proposition la plus convaincante à ce jour.

Le look 78 concentre tout ce glamour qui nous manquait cruellement, jusqu’à présent, dans ses collections. Un manteau de fourrure aux volumes démesurés enveloppe les épaules et descend presque jusqu’aux chevilles. Ouvert sur un haut noir en dentelle, très sensuel, il joue sans honte sur le contraste entre opulence et lingerie fine, sans se soucier de la saison. C’est certainement là l’avantage de porter encore de la fourrure à la mi-mars…
En bas, une jupe crayon satinée ramène la silhouette au plus près du corps. Enfin, pour parfaire cette allure de riche Italienne qui se moque des codes, Demna ajoute des escarpins pointus, des collants chair sur lesquels on hésite encore et de larges lunettes sombres. Un look excessif, mais que l’on reconnaît au premier coup d’œil.



