Quel lien peut-il bien y avoir entre Café Lapérouse et La Vallée Village ?
À première vue, aucun. D’un côté, le 51 quai des Grands-Augustins, adresse mythique de la vie parisienne, avec ses tapisseries brodées, ses banquettes de velours et cette lumière tamisée qui semble avoir décidé que la nuit ne finirait jamais. De l’autre, La Vallée Village, temple très contemporain de la consommation, avec ses rues piétonnes, ses façades de village, sa végétation et ses quelque 110 boutiques de mode et de luxe.
Et pourtant, tout les rapproche : une certaine idée du plaisir et, surtout, l’art de le mettre en scène.

Lapérouse appartient à ces adresses dont Paris a fait davantage qu’un restaurant : une légende. Fondée en 1766, la maison a vu passer Hugo, Zola, Maupassant, puis Proust. Écrivains, artistes, hommes du monde et courtisanes s’y retrouvaient. Ces dernières auraient même éprouvé leurs diamants sur les miroirs des salons particuliers, laissant des griffures que le temps s’est bien gardé d’effacer. Frédéric Beigbeder l’a joliment résumé :
« On pourrait condenser trois siècles de Paris sans sortir du 51 quai des Grands Augustins. »
Trois siècles, et aujourd’hui, une nouvelle adresse.
À La Vallée Village, Café Lapérouse ne cherche pas à reproduire son illustre aîné, mais à en reprendre les codes pour les faire changer d’époque. Studio Björg et Mary Erlingsen ont imaginé un décor volontiers théâtral : Bar Coquillage, bibliothèque d’objets, jardin romantique, salons lumineux et fresque monumentale de quinze mètres composent un Paris rêvé, presque cinématographique.
L’ensemble est réussi, même si la terrasse paraît moins séduisante que les intérieurs. Elle fait néanmoins le pari des beaux jours : déjeuner au soleil, s’attarder un peu, puis reprendre dans l’après-midi la promenade des tentations.
Car le véritable saut dans le temps est peut-être là. La Vallée Village ne veut plus seulement être un lieu où l’on achète. Restauration, conciergerie, personal shoppers, shopping mains libres : l’achat devient expérience. Café Lapérouse lui apporte une dimension qui lui manquait encore, celle d’une hospitalité parisienne plus haut de gamme, susceptible aussi de retenir une clientèle internationale venue pour La Vallée Village comme pour les destinations voisines.
Lapérouse, lui, n’a pas quitté Paris. Le 51 quai des Grands-Augustins est toujours là, avec ses miroirs, ses secrets et ses fantômes. Café Lapérouse s’est simplement offert une nouvelle adresse. Et peut-être une nouvelle époque.

Café Lapérouse, La Vallée Village, 3 cours de la Garonne, 77700 Serris.
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