Bien plus qu’une simple succession de collections, 2025 s’est imposée comme une année charnière. Arrivées très scrutées de nouveaux directeurs artistiques, adieux symboliques de certains et continuités assumées d’autres… Saison après saison, les Fashion Weeks ont dessiné une recomposition à nulle autre pareil.
Voici donc, sans plus attendre, notre 2025 Fashion Shows Wrapped. Autrement dit : les cinq défilés qui, selon nous, ont marqué les esprits, nourri les conversations et qui resteront, sans aucun doute, gravés dans la mémoire de cette année mode hors norme.
Les 5 défilés qui ont marqué l’année 2025
1. Dior Homme MW SS26 – Les débuts de Jonathan Anderson
Impossible de passer à côté. Depuis le départ de Kim Jones, tout le monde se demandait ce qu’allait devenir Dior Homme. Après sa nomination en tant que directeur artistique, Jonathan Anderson, anciennement de chez Loewe, présentait sa première collection pour la ligne masculine de la maison le 27 juin dernier. Un défilé, pour le printemps-été 2026, qui s’est imposé comme l’un des moments les plus scrutés de l’année.
Dès les premiers looks, la maison et son nouveau D.A donnent le ton : une vision claire et structurée qui pose les bases d’un nouveau chapitre du vestiaire Dior Homme. Tailoring affûté, silhouettes longilignes, inspirations napoléoniennes, bermudas à volants et, indéniablement, tension entre héritage et modernité… Un défilé fondateur, qui s’est rapidement suivi d’une déclinaison femme au mois de septembre, assez ressemblante et tout aussi acclamée.
2. Chanel Métiers d’art 2026 – La meilleure collection de Mathieu Blazy
Chaque année, Chanel rappelle ce que le mot savoir-faire signifie réellement. Après avoir dévoilé, lui aussi, sa première collection pour la maison début octobre au sein du Grand Palais, Matthieu Blazy a cette fois célébré les ateliers de la griffe à travers une collection Métiers d’art particulièrement juste.
Ce 2 décembre dernier, le designer franco-belge a donc mis le cap sur New York, et plus particulièrement ses souterrains. Dans le métro, d’une rame à l’autre, ou même sur les quais, les 81 silhouettes se sont succédé dans une course frénétique, à la manière d’un quotidien ultra-stylé. Tweed revisité, jupes XXL façon paon, cape magistrale, t-shirt I Love NY à sequins ou encore tailleur zébré… Autant de propositions démontrant à la fois la richesse infinie des ateliers Chanel et la légitimité de Blazy au poste de directeur artistique. Un défilé que l’on considère, accessoirement, comme le meilleur depuis sa nomination.

3. Balenciaga WW SS26 – Pierpaolo Piccioli impose un nouveau départ
Alors que certains regrettaient le départ de Demna, d’autres se réjouissaient à l’idée de redécouvrir Balenciaga sous un nouveau jour. Le samedi 4 octobre dernier, la maison opérait un virage attendu : un retour aux bases, un hommage assumé à l’art de son fondateur, Cristóbal, sans jamais tomber dans la poussière. À la tête de ce revirement artistique, Pierpaolo Piccioli signe une collection magistrale, aussi respectueuse qu’affirmée…
Pour son premier défilé, prêt-à-porter femme printemps-été 2026, le designer italien orchestre une transition nette mais également une célébration des différentes époques de Balenciaga. Ici, les échos de l’ère Demna (lunettes-mouches XXL) dialoguent avec les années Ghesquière et leurs casquettes hautes iconiques, jusqu’aux fondations mêmes de la maison, revisitées à travers des pièces historiques comme la robe sac de 1957. Plus qu’un simple passage de relais, Piccioli impose une rupture claire : celle d’un retour aux racines, recentré sur l’héritage et non la viralité.

4. Versace WW FW24-25 – Les adieux de Donatella
Quelques jours avant l’annonce de son départ, et de son remplacement par Dario Vitale, qui ne restera qu’une seule saison à la direction artistique, Donatella Versace signait son dernier défilé pour la griffe italienne. Depuis l’assassinat de son frère Gianni en 1997, elle a porté Versace comme une gardienne, au travers de ses piliers : un luxe sans codes stricts, un glamour assumé et une sensualité libre. Et disons-le franchement : avec cette ultime collection, Donatella quitte la scène par la grande porte, laissant derrière elle un souvenir fort.
Pour l’automne-hiver 2025-2026, la créatrice revenait à un Versace plus instinctif et résolument charnel. Des silhouettes qui prennent de la place, des volumes marqués, des imprimés qui accrochent l’œil, et des pièces fortes, à l’instar de robes et de kimonos inspirés de rideaux opulents, de jupes sculpturales, de motifs assumés, et ainsi de suite. Une dernière prise de parole claire, qui rappelle que chez Versace, le glamour n’a jamais été une question de nostalgie, mais d’attitude. Et, évidemment, que celui-ci est loin de disparaître.

5. Dior MW FW25-26 – Le dernier défilé de Kim Jones
Pour que Jonathan Anderson puisse éclore chez Dior Homme, il fallait que l’ère Kim Jones s’achève. Un chapitre ouvert en 2018, arrivé à son terme le 31 janvier, après son dernier défilé datant du 24. Pour son final, sur les notes de McQueen : Time Lapse de Michael Nyman, le créateur britannique a dévoilé une collection où le prêt-à-porter masculin prenait des airs de haute couture.
La ligne H, comme il l’a intitulée en référence aux créations de Christian Dior de l’automne-hiver 1954-1955, s’est imposée, silhouette après silhouette, comme l’une des meilleures de la maison. Dans les grandes lignes, des propositions qui nous ont tous fait vibrer : pantalons-jupes taille haute, bandeaux de dentelle couvrant les yeux, cardigans dévoilant les clavicules et blazers ponctués de nœuds XXL. Un vestiaire somme toute novateur, à l’image de Casanova et de la flamboyance du XVIIIᵉ siècle, mais subtilement réinterprété pour l’adapter à l’automne-hiver 2025-2026.
Au-delà de ces cinq défilés, d’autres, trop nombreux pour les compter, ont également marqué l’année 2025 chacun à leur façon. Pour n’en citer qu’une poignée, impossible de passer à côté des débuts très réussis de Miguel Castro Freitas chez Mugler, ou encore de l’arrivée particulièrement remarquée de Louise Trotter chez Bottega Veneta.
On pense aussi au défilé printemps-été 2026 de Pharrell Williams pour Louis Vuitton inspiré de l’Inde et son vestiaire, à la proposition prêt-à-porter printemps-été 2026 de Georges Hobeika rendant la couture plus accessible sans jamais troquer sa beauté pour autant, ou encore au défilé Le Paysan de Jacquemus comme hommage sincère à sa famille et à son enfance. Sans oublier le prêt-à-porter automne-hiver 2025-2026 de Elie Saab qui a confirmé la fourrure comme l’une des tendances fortes de la fin d’année.
Reste désormais à 2026, et aux directeurs artistiques, de réussir à nous surprendre autant qu’une année 2025 désormais sur le point de s’achever.



