La Fashion Week démarre à peine et Pharrell Williams est déjà loin devant… Ce mardi 24 juin, le défilé Louis Vuitton a réveillé comme par magie le Centre Pompidou, censé être parti hiberner pour 5 ans. Et non, cela n’était pas uniquement dû à la présence exceptionnelle de Beyoncé, mais également aux nombreuses silhouettes maîtrisées du directeur artistique pour le printemps-été 2026. Une saison qui promet d’être sous le sempiternel (mais positif) signe du voyage. Décryptage.
Une invitation au jeu, lancée par Pharrell Williams
Tout commença par l’invitation, comme très souvent dans ce type d’événements. Un set de 4 dés, enveloppé dans un pochon en cuir, dévoilant chacun une face particulière : le logo de la maison, la saisonnalité de la collection, l’heure et le jour ainsi que l’adresse exacte. En arrivant, Place Georges Pompidou, les choses ont rapidement commencé à s’éclaircir, nous laissant presque imaginer le début d’un croquis.
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Pour l’occasion, la maison française a pu compter sur le Studio Mumbai pour redécorer l’écrin rural du 4e arrondissement. Sous nos pieds, un plateau grandeur nature peint à la main, composé de cases, d’échelles et de serpents colorés. Soit, pour les non-initiés, les bases du jeu indien Snakes and Ladders (datant du IIe siècle, synonyme du chemin de la vie et de l’âme avec des échelles et des serpents). C’est donc sur cette note-ci, tant ludique que spirituelle, que Pharrell Williams nous a invités à une nouvelle lecture du vêtement au travers de sa collection printemps-été 2026.
Paris to India : la nouvelle escale de Louis Vuitton
Depuis sa prise de poste en tant que Directeur Artistique des collections homme, Pharrell Williams ne cesse de puiser dans l’héritage du voyageur de notre bon vieux Louis Vuitton. En témoigne notamment la pre-fall 2025 et sa croisière transcontinentale, ou bien encore la collection printemps-été 2025 et la participation active de la plateforme créative Air Afrique.
Pour cette saison, le designer récidive et s’immerge, cette fois, dans l’Inde contemporaine. Pas celle des clichés de vacances aux allures de fond d’écran, mais celle du mouvement, de la philosophie et du toucher. Une Inde où le tailoring croise la spiritualité, où le vêtement s’imprègne à la fois de « la ville, la nature et la vitalité du soleil », comme le précise un communiqué.
La collection prend toute sa force dans le personnage iconique du dandy de Williams, qui s’approprie ces codes indiens et nous livre un vestiaire résolument moderne. Sous « la chaleur du soleil », les vêtements et accessoires se patinent, la palette chromatique s’enferme dans des tons ternes presque délavés (du violet indigo au beige sable en passant par le brun), et les silhouettes rompent avec les codes trop occidentaux.

On retrouve l’inspiration indienne, dans un moule moderne, au travers d’un tailoring relâché comme détendu par le temps, de gilets se donnant des airs de capes himalayennes, des tongs qui remplacent l’habituel mocassin ou encore de drapés et rayures faisant écho aux serpents et escaliers du célèbre jeu. Ici, le dandy ne sort pas d’un club feutré, comme celui d’Amiri par exemple, mais davantage de l’aéroport de New Delhi, Mumbai ou Jaipur, Speedy P9 à la main, prêt à explorer les merveilles de son pays.

Un hommage à Wes Anderson
Lors du passage des différentes silhouettes, impossible de ne pas le relever : le motif emblématique de The Darjeeling Limited. En 2007, pour les besoins du film de Wes Anderson, Marc Jacobs, alors directeur artistique de Louis Vuitton, développe une véritable bagagerie sur-mesure censée suivre les acteurs. Dans le long-métrage, justement, les trois frères partent en périple pour l’Inde et transporteront tous leur nécessaire de voyage dans les quelques onze malles et sacs à imprimé.
Ce dernier, apposé sur un cuir semi-tanné, est composé d’un ensemble de différentes espèces, tant végétales qu’animales, que l’on retrouve dans cette région du monde : guépards, éléphants, girafes, palmiers et ainsi de suite. Pour sa collection du printemps-été 2026, Pharrell Williams n’a pas hésité à lui redonner vie en l’incorporant à diverses pièces, à commencer par des chemises rayées, ensembles en denim et manteaux en cachemire brodés à la main.

Louis Vuitton, fédérateur d’images et d’héritages
Avec sa passion du voyage, Louis Vuitton entreprend depuis presque toujours un devoir de traversée. Non seulement géographique, mais aussi temporelle. Dans ses ateliers, dans ses archives et dans ses campagnes, on retrouve chez la griffe une capacité, de plus en plus en voie de disparition, à célébrer le passé sans s’y enfermer pour autant.
En cela, Pharrell Williams semble être, à notre avis, le candidat idéal à sa direction artistique (du moins du Studio Homme depuis 2023). Il transforme l’homme Vuitton en figure d’une communauté mondiale unie, où tout un chacun se reconnaît et a sa place. Il célèbre la pop culture et le travail de ses aînés en modernisant dernièrement l’imprimé The Darjeeling Limited de Jacobs. Il invite des artistes, que ce soit à performer (Voices of Fire et l’Orchestre du Pont Neuf, lors de ce défilé), ou même à collaborer, comme Air Afrique, sans oublier Nigo lors de l’automne-hiver 2025-2026. Sa façon d’habiller l’époque, et ceux qui s’y reconnaissent, fonctionne non seulement en écho mais en osmose avec la philosophie Louis Vuitton.

Retrouvez l’intégralité du défilé homme printemps-été 2026 de Louis Vuitton par Pharrell Williams ici.



