Il aura fallu attendre longtemps, mais Bad Bunny arrive enfin à Paris ce week-end, avec deux concerts prévus samedi 4 et dimanche 5 juillet à La Défense Arena, dans le cadre de son “Debí Tirar Más Fotos World Tour”. L’occasion de faire le point sur le parcours d’un artiste devenu, en quelques années à peine, l’une des figures les plus écoutées de la planète.
Une success story venue de Porto Rico
Benito Martínez Ocasio naît à Vega Baja, à Porto Rico, fils d’un chauffeur routier et d’une institutrice. Rien ne le destine, sur le papier, à devenir une star planétaire. Il poste ses premiers titres sur SoundCloud tout en travaillant comme emballeur dans un supermarché de son île, avant d’être repéré et de signer avec le label Hear This Music. Le succès arrive vite, porté par des tubes comme “Soy Peor” puis par les featurings avec les plus grands noms du reggaeton.

En 2022, son album “Un Verano Sin Ti” devient le premier disque entièrement en espagnol à atteindre la première place du Billboard 200, et reste à ce jour l’album le plus streamé de l’histoire de Spotify, avec plus de 22 milliards d’écoutes. En 2025 et 2026, il est l’artiste le plus écouté au monde sur la plateforme, une place qu’il occupe désormais pour la quatrième fois de sa carrière. Son dernier album, “Debí Tirar Más Fotos”, a généré 1,4 milliard de streams en une seule semaine, un total encore jamais atteint avant lui, à l’exception de Taylor Swift.
Une icône mode, entre haute couture et réinvention permanente
Bad Bunny collectionne les collaborations avec les plus grandes maisons : Jacquemus, Gucci, Calvin Klein, Dior, Adidas. En 2024, il devient l’un des co-présidents du Met Gala, aux côtés de Jennifer Lopez, Zendaya et Chris Hemsworth, pour l’édition consacrée à l’exposition « Sleeping Beauties ». Il s’agissait alors déjà de sa troisième participation à l’événement, après un précédent passage remarqué en costume Jacquemus dos nu.
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Sur scène comme sur les tapis rouges, il ne cesse de se réinventer : traînes florales, silhouettes inspirées du drag, looks tantôt extravagants, tantôt volontairement minimalistes, comme lors de sa prestation au Super Bowl en février 2026. Ce goût pour l‘expérimentation stylistique en fait aujourd’hui l’un des artistes les plus suivis par l’industrie de la mode, régulièrement invité en couverture des plus grands magazines.
Un artiste engagé, qui mêle art et politique
Bad Bunny ne sépare jamais sa musique de ses convictions. Il défend régulièrement le féminisme, la communauté LGBTQIA+ et dénonce les violences faites aux femmes, notamment à travers son titre “El Apagón“, véritable manifeste sur la crise sociale à Porto Rico. En 2019, il interrompt sa tournée pour rejoindre les manifestations réclamant la démission du gouverneur Ricardo Rosselló.
Plus récemment, lors des Grammy Awards 2026, où il remporte l’album de l’année, il profite de son discours pour dénoncer les opérations de l’ICE, l’agence américaine de l’immigration, un message qu’il a également porté sur scène pendant son passage au Super Bowl. Cette prise de position lui a valu des critiques publiques, jusqu’à ce que le commissaire de la NFL, Roger Goodell, doive lui-même défendre le choix de l’artiste pour la mi-temps.
Une musique sans frontières, ancrée dans ses racines
De la trap latino au reggaeton, en passant par la plena et la salsa, Bad Bunny construit un univers musical qui refuse les cases. Son sixième album, “Debí Tirar Más Fotos“, sorti en janvier 2025, marque un retour affirmé à ses racines portoricaines, entre nostalgie et identité caribéenne, mêlant sonorités traditionnelles jíbaras et productions contemporaines. Le disque lui vaut, en février 2026, le Grammy Award de l’album de l’année, une première historique pour un album entièrement chanté en espagnol, après avoir déjà été sacré meilleur album de l’année aux Latin Grammy Awards 2025.
Porté par cette double reconnaissance, l’album a également propulsé sa tournée mondiale, qui a déjà généré plus d’un milliard de dollars de recettes et plus de 2,4 millions de billets vendus.
Une passion secrète : le catch professionnel

Moins connu du grand public, Bad Bunny est un fan de catch depuis l’enfance. Il ne se contente pas de regarder : en 2021, il devient même champion WWE 24/7, avant de participer à WrestleMania. Entre deux dates de tournée, il continue de s’entraîner et est même monté sur le ring en solo à Porto Rico en 2023. Une facette inattendue qui complète le portrait d’un artiste aux multiples vies.
Rendez-vous les 4 et 5 juillet à Paris La Défense Arena pour découvrir tout cela en live.



