Retour sur 5 moments iconiques où la mode s’est inspirée des fleurs

5 moments iconiques où la mode s'est inspirée des fleurs

Retour sur 5 moments iconiques où la mode s’est inspirée des fleurs

Rétrospective mode de ces trois dernières décennies où les maisons se sont inspirées de « Dame Nature ».

Depuis les débuts de ce que l’on appelle la Fashion Week, dont les premiers défilés eurent lieu dans les années 1920, la nature forme une source d’inspiration non négligeable pour la mode. Notre écosystème passionne et permet aux génies d’imaginer les collections de demain. En effet, lorsque Christian Dior commence à se faire un nom dans la haute couture en 1946, il prend sa source dans la roseraie de sa mère Madeleine, un refuge où il se plonge pour dessiner ses silhouettes si particulières. Plus tard, il passe divers week-ends dans son jardin d’enfance de Granville au milieu des plantes, fuyant alors le tumulte parisien.

Idem pour Gabrielle Chanel qui choisit le camélia comme emblème, étant fascinée par le roman d’Alexandre Dumas, La Dame aux camélias (1848). Ainsi, des plus grands pionniers aux créateurs en herbe, la fleur se place comme pierre angulaire de la création, source inépuisable de réminiscences et de beauté. En guise de rétrospective sur ce lien entre éphémère et nature, retour sur 5 moments marquants en accord avec les saisons.

Yves Saint Laurent et le sacre de Laetitia Casta (1999)

Dans l’histoire de la mode, Yves Saint Laurent marqua les esprits lors de son défilé printemps-été 1999, entre autres. Aux côtés de sa muse et amie Laetitia Casta, le maestro compose ici sa plus belle partition, une tenue de mariée version bikini en fleurs de gazar brodée par les ateliers Lemarié. Image culte d’un moment passé à la postérité, cette tenue cristallise la fascination du créateur pour les fleurs et plus globalement la nature.

Amateur d’espaces verts, Yves Saint Laurent cultive cet esprit au cœur même de ses créations. En 2024, le Musée Yves Saint Laurent programme « Les Fleurs d’Yves Saint Laurent », une exposition riche en archives où l’on découvre le parcours floral d’un des plus grands couturiers du XXème siècle. Toujours accessible jusqu’au 4 mai 2025, elle permet de découvrir les liens de l’artiste avec ce qui compose nos jardins.

John Galliano cultive son héritage (2010)

Parmi les instants légendaires que nous a offerts l’industrie, celui de l’avant-dernière collection Haute Couture automne-hiver 2010-2011 imaginée par John Galliano en fait partie. Au cœur des jardins du musée Rodin, le directeur artistique rendait un hommage coloré à Christian Dior, lui-même passionné de botanique. Décor XXL et références au château de la Colle Noire à Montauroux, résidence du fondateur de Dior, Galliano construit un univers bercé par les influences de son prédécesseur et se penche sur les différents type de fleurs qu’il étudie minutieusement. Le fil de ses recherches l’amène à l’Oiseau du Paradis, une fleur exotique originaire d’Afrique du Sud qui devient le centre de sa collection.

Les mannequins arborent ainsi des jupons en frou-frou où se côtoient des tissus comme de l’organza, du tulle, du taffetas et du feutre. L’ensemble des textures fut froncé et ébouriffé pour un effet de désordre naturel, comme si le bouton venait d’éclore dans une parfaite harmonie. S’ajoute à cela une palette chromatique extrêmement riche avec du orange, du bleu, du rose qui éclaire la rétine au premier coup d’œil.

Comme à son habitude, John Galliano parvient à jouer avec les volumes et à créer des « femmes fleurs » dignes d’un conte de fées. Les tailles sont serrées par des rubans ou des corsets et les escarpins prennent la forme d’un papillon tandis que les coiffes (par Stephen Jones) et le maquillage baroque (par Pat McGrath) subliment les looks printaniers. Métaphore sublime d’une nature luxuriante, le directeur artistique de Dior ouvre, cette année-là, la voie à une passion inaltérable pour les fleurs qui sera reprise partout après, dans le luxe mais aussi dans le prêt-à-porter.

Valentino et ses « femmes fleurs » (2019)

Dix ans après le défilé de Galliano, Pierpaolo Piccioli, ancien directeur artistique de Valentino, reprend la structure de ses pairs et présente sa collection dans le prestigieux hôtel Salomon de Rothschild à Paris. Partition explosive où chaque pièce semble tout droit sortie d’un tableau de Botticelli, ce défilé printemps-été 2019 est une célébration en 65 looks de matières, de volumes et de détails brodés. Robes bouffantes aux allures de Renaissance italienne ou tailoring nuancé par un pantalon de tailleur beige, le spectacle se veut grandiose. Avant l’ère du minimalisme, Valentino réunit la quintessence du luxe pour un moment inoubliable.

À la fois précis et extravagant, Piccioli arrive ici à un niveau d’excellence magnifié par des mannequins comme Naomi Campbell, Natalia Vodianova ou encore Kaia Gerber. Les couleurs sont intenses et chaque look est renommé avec le nom de sa fleur d’origine, la robe faite de moire et de gazar fuchsia se nomme Rhododendron par exemple.

Quand la mode s'intéresse aux fleurs en 5 moments iconiques
©VALENTINO

Jacquemus s’improvise fleuriste (2021)

En 2021, le phénomène Jacquemus se répand comme une traînée de poudre à travers le globe. Le jeune créateur, originaire de Salon-de-Provence, se distingue par des collections légères empreintes de ses origines sudistes. Alors qu’il brille par son art, Simone Porte Jacquemus décide de monter sa propre boutique de fleurs en partenariat avec des amis horticulteurs. Le rendez-vous éphémère est relayé sur les réseaux sociaux et attire les aficionados du prodige à la recherche d’esthétisme.

Comme beaucoup de ses campagnes, Jacquemus innove et propose à son public des installations inattendues à l’instar de cette échoppe dans le 18ème arrondissement. Pendant quelques jours, le fleuriste Jacquemus propose un bouquet de renoncules lié par un tissu provenant de ses anciennes collections. Une attention qui démontre bel et bien le pouvoir d’une fleur au quotidien !

5 moments iconiques où la mode s'est inspirée des fleurs
©INSTAGRAM JACQUEMUS

Loewe et son anthurium géant (2022)

En 2022, pour son défilé printemps-été 2023, Jonathan Anderson jette son dévolu sur l’anthurium, une plante d’origine tropicale de la famille des aracées. Elle devient alors la pierre angulaire de l’ensemble du show, dominant par sa grandeur et sa rareté les looks poétiques du catwalk. Tandis que plusieurs silhouettes prennent la forme de la plante, d’autres la décolorent (en vert) ou la transforment en bustier.

Redonnant à cette fleur désuète ses lettres de noblesse, Jonathan Anderson montre l’étendue de sa fantaisie voire même de son génie. Après le défilé, des personnalités comme l’actrice Zendaya ou la chanteuse Aya Nakamura arboraient les pièces, preuve du succès international de la collection.

Quand la mode s'intéresse aux fleurs en 4 moments iconiques
©LOEWE

Nos 5 pièces végétales à adopter

OniriQ fait sa sélection en respectant le thème du jour : l’imprimé floral. Pour les amoureuses des premiers bourgeons, le sac Boulogne, grand classique chez Louis Vuitton, se pare d’ornements japonisants signées Takashi Murakami. Côté pièces emblématiques, Comme Des Garçons illustre son savoir-faire à travers une veste vermeille brodée de fleurs et Ester Manas confirme la tendance de la transparence avec une jupe tout en limpidité.

Meyer, jeune marque française, sort des sentiers battus avec un haut sous forme de lanières qui ne sert qu’à une chose : tenir une délicate fleur ! Dernière mais pas des moindres, la robe bohème Antonio Marras ajoute une touche The White Lotus à un look de soirée. Chic, n’est-ce pas ?

5 moments iconiques où la mode s'est inspirée des fleurs

De gauche à droite :
Veston rouge à motif fleuri en jacquard COMME DES GARÇONS via Ssense – 2280€
Sac Boulogne LOUIS VUITTON x TAKASHI MURAKAMI – 2250€
Jupe floral ESTER MANAS – 90€
Top Juste une fleur MEYER – 180€
Robe Genista ANTONIO MARRAS – 1990€

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