Rencontre avec Cordelia de Castellane : « Mon jardin est devenu un être vivant »

Cordelia de Castellane

Rencontre avec Cordelia de Castellane : « Mon jardin est devenu un être vivant »

À l'occasion de la parution de son second ouvrage "Fleurs sur Mesure : du jardin à la maison", rencontre avec Cordelia de Castellane.

Voltaire parlait de « cultiver son jardin » et pour cause, des siècles plus tard, Cordelia de Castellane, directrice artistique de Dior maison et Baby Dior revient avec un second livre intitulé Fleurs sur Mesure : Du jardin à la maison, aux éditions Rizzoli Flammarion. Véritable déclaration d’amour aux espaces verts qui composent nos vies, cet ouvrage illustré s’organise en huit couleurs et montre comment la nature influence l’art de recevoir avec authenticité et élégance.

Au fil des pages, l’autrice nous livre ses secrets pour composer des bouquets et dresser des tables parfaites. Grâce à un esthétisme travaillé depuis toujours, Cordelia de Castellane inspire par ses goûts sûrs pour les associations de couleurs et d’imprimés. Pour l’occasion, elle se confie à OniriQ sur son attachement au vert, ses souvenirs enchantés et sa passion pour Martha Stewart.

Réminiscences et inspirations

Habitée par la nature depuis sa plus tendre enfance, Cordelia de Castellane en parle avec nostalgie, comme dans un roman de Marcel Proust. De fait, les plus infimes détails des paysages de son passé inspirent sa créativité d’aujourd’hui. « Je ne sais pas pourquoi mais évidemment quand je sens les roses, ça me rappelle forcément ma maman parce qu’elle a toujours, sur ses balcons, ses rosiers à qui elle parle. Ce souvenir est ma madeleine de Proust », explique Cordelia de Castellane. 

Associée depuis toujours au domaine de l’imaginaire, la fleur et plus globalement la nature forment un terreau fertile pour écrire, pierre angulaire du livre Fleurs sur Mesure : du jardin à la maison, sorti en février 2025. Cordelia de Castellane mêle ainsi ses inspirations allant de la littérature à la mode, milieu qu’elle connaît puisqu’elle y a fait ses débuts. Aux côtés du couturier français Emanuel Ungaro (1997-2005), elle append les bases de l’harmonie, des couleurs et des mélanges. 

Cordelia de Castellane
©BILLAL TARIGHT

Habituée à fréquenter les plus grands créatifs de la fin du XXème siècle, la jeune femme découvre alors leurs intérieurs, ces espaces privés qui contiennent la plupart de leurs inspirations. « J‘avais la chance de passer beaucoup de temps dans leur maison, dans leurs intérieurs. Je remarquais que tout était lié, que les fleurs qui étaient posées sur la console dans l’entrée ressemblaient à l’imprimé qui était en train de défiler », révèle-t-elle.

Ainsi, le style de vie transcende le simple terme de « mode » et la future directrice artistique bâtit une véritable esthétique au carrefour des influences. Une particularité qu’elle nourrit d’ailleurs par de multiples lectures, Jane Austen en cheffe de file, pour celle qu’on pourrait qualifier d’aficionado des jardins anglais.

En parallèle, il est impossible d’évoquer Cordelia de Castellane sans faire écho à Christian Dior, maison dans laquelle elle officie depuis 2012. Sans détour, le couturier français semble être omniprésent dans son parcours comme elle nous l’évoque avec émotion : « En fait, il était verseau comme moi, il était anxieux comme moi et il n’aimait qu’une chose, c’était de partir le week-end pour jardiner. Son bonheur était son jardin parce que ça lui rappelait sa mère. Il avait aussi quelque chose de très enfantin donc ça me parle personnellement ».

Cordelia de Castellane
©BILLAL TARIGHT

Une renaissance verte

Habitée par la beauté des plantes, l’apprentie jardinière redécouvre les joies d’un éden privé pendant la pandémie de Covid-19. Isolée dans sa maison de campagne et marquée par la perte de son père, Cordelia de Castellane renoue avec une pratique inhérente à son héritage. « J‘étais un croisement de ma vie. Quand je suis sortie de cette période, je n’avais qu’une envie : m’occuper de mon jardin. Un peu comme si j’avais un besoin que la vie reprenne d’une manière ou d’une autre », confie-t-elle.

Avoir la main verte devient vite un acte thérapeutique pour cette ambassadrice de l’art de vivre. Son jardin se transforme en un havre de paix loin du vacarme de la ville où Cordelia de Castellane se révèle à elle-même comme elle le développe : « Je me suis ancrée plus profondément, je suis devenue très différente. Je pense que j’ai appris à être bien avec moi-même. Il y a des moments où les choses changent et ce jardin était un croisement de ma vie à ce moment-là ».

Au fil des mois, elle s’entoure de spécialistes et apprend très vite les rudiments d’un métier à part entière. Types de fleurs, différentes graines, agencement de la verdure… Au gré des conseils, Cordelia de Castellane documente son amour pour les fleurs en les surnommant de manière bucolique « les grandes dames ». « En créant ce jardin, c’était vraiment pour avoir une esthétique particulière. Cependant, cette dernière m’a très vite dépassée pour laisser place à la curiosité », avance t-elle. Son écrin vert se mue alors en un remède salvateur dont elle connaît désormais presque toutes les composantes.

Cordelia de Castellane
©BILLAL TARIGHT

La tendance art de vivre

À travers plus de 200 photographies exclusives du britannique Billal Taright et des illustrations de Cordelia de Castellane elle-même, nous découvrons dans le livre des jardins idylliques issus de son domaine de campagne, abondants en arbres fruitiers et en fleurs de toutes sortes, faisant de cet ouvrage une source intemporelle d’influences.

Pour celles et ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un grand domaine, Cordelia de Castellane offre quelques pistes pour se mettre au vert : « Il n’y a pas besoin d’acheter un bouquet composé mais simplement quelques fleurs de saison. La saisonnalité est importante. Vous pouvez simplement acheter des fleurs au marché ou dans un supermarché et composer vous-même votre bouquet ». Aucun doute que cette pratique est de plus en plus répandue notamment sur les réseaux sociaux où s’acheter un bouquet de tulipes fait partie d’une esthétique ritualisée.

Parallèlement, le livre Fleurs sur Mesure : Du jardin à la maison fait écho à une tendance remise au goût du jour, celle de l’art de vivre, incarnée par des personnalités comme Martha Stewart ou Alice Waters, pionnières du mouvement. Plus récemment, la duchesse de Sussex et actrice Meghan Markle s’est laissée tenter par l’expérience à travers une série documentaire With Love, Meghan, disponible sur Netflix. Parmi toutes ses figures féminines, Cordelia évoque l’une d’elles avec admiration : « Martha Stewart est une de mes icônes. J‘aime son travail et le fait qu’elle fasse rêver tout en parlant au plus grand nombre. C‘est une femme extrêmement forte aussi ». 

Une chose est sûre, Cordelia de Castellane peut se vanter d’être une source d’influence infinie. Avec Fleurs sur Mesure : Du jardin à la maison, elle se place comme une ambassadrice d’un lifestyle universel dont on prend volontiers quelques recommandations…

Cordelia de Castellane
©BILLAL TARIGHT

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