Ce 23 janvier, troisième jour de la Fashion Week homme FW25, nous avons enfin eu un bon coup de fouet : le premier défilé IM MEN, dernière ligne de la maison Issey Miyake. Entre minimalisme, couleurs vives, trenchs aériens et performance chorégraphiée, il y avait de quoi rester bouche bée face à sa collection homme pour l’automne-hiver 2025-2026. Retour sur l’événement.
Une invitation à voler avec IM MEN
« Quand l’œil s’attarde sur une pièce de tissu, l’esprit s’élance sans limites. Manifestée dans l’espace vide, prête à se déployer, à prendre son envol », assure le dépliant posé sur nos places. Au cœur du Réfectoire des Cordeliers de Paris, ancien couvent construit au début du XVIᵉ siècle, la collection IM MEN de l’automne-hiver 2025-2026 a pris, en effet, son envol.
C’était une première pour la fameuse ligne d’Issey Miyake. Créée en 2021, elle a déjà dévoilé de nombreuses pièces mais n’avait encore jamais eu l’opportunité de les faire marcher sous l’égide de sa maison mère. Une nouveauté qui a, sans nul doute, égayé la journée des nombreux professionnels et autres personnalités présentes.
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Tout d’abord, parlons de son enceinte : une immense salle blanche, du sol au plafond, pensée sous l’œil de Tokujin Yoshioka, où les seules notes de couleur émanaient des bancs et des installations robotiques. Ces dernières, d’ailleurs, apportaient à l’endroit, dénué de vie, une dimension encore plus futuriste. Des sortes de bras articulés au-dessus desquels tenaient de larges plaques noires. Première interrogation alors, à quoi allaient-ils servir ?
La réponse fut rapide : à rajouter encore plus d’animation. Lors du premier passage, les différents automatismes se sont mis en route, inclinant tantôt à droite, tantôt à gauche et faisant même parfois un tour entier sur eux-mêmes. En parlant des looks, justement, on connaissait déjà IM MEN pour ses approches innovantes dans la conception de vêtements mais, reconnaissons-le, nous ne savions pas que sa maîtrise du corps était telle.

Au travers de ses 39 silhouettes, l’équipe de design a épaté avec ses pièces à la fois élégantes et légères, dans de nouvelles perspectives dépassant tant « les frontières que les contraintes », précise un communiqué. La palette de couleurs allait du blanc immaculé au violet intense, en passant par des itérations de jaune et d’orange vif.
Et encore, nous n’avons rien dit sur sa confection. En s’attachant à cette idée de redéfinir l’essence même du vêtement, l’équipe précise que « la série FLY met en exergue la lisière, souvent coupée, pour transformer une simple pièce de tissu en vêtement, sans excédent de chutes ».
Les looks à retenir du défilé IM MEN
Comme à l’habitude de la griffe Issey Miyake, IM MEN a pensé cette collection automne-hiver 2025-2026 en diverses séries identifiables. Au total, 6 : Flat Drape avec ses pièces qui, une fois dépliées, forment un carré ; Wall aux formes tridimensionnelles, conçue en plaçant intentionnellement la structure interne à l’extérieur du vêtement ; Heron utilisant un daim synthétique composé à 100 % de polyester d’origine végétale ; Switch et son tissage fabriqué à partir de fibres de nylon d’origine végétale issues du ricin et du maïs ; ainsi que Metallic Ultra Boa dévoilant une peau de mouton artificielle, développée en collaboration avec Toray Industries, et enfin Kasuri, étant une adaptation moderne de la technique de teinture traditionnelle du même nom.
De notre côté, nous avons relevé 3 looks plus que pertinents à absolument retenir de ces 6 séries. Le premier n’aura pas été difficile à trouver, puisqu’il s’agit de celui qui a ouvert le bal. Une silhouette qui met en exergue une dualité intéressante : une accumulation de matière, mais une légèreté étonnante. Couches après couches, la tenue entière ne s’alourdit pas et semble même défier la gravité tellement sa construction est fluide.
Si l’on devait imager cette idée de « voler » avec la collection IM MEN de la saison prochaine, le look n°1 serait notre choix.

Le deuxième look que nous avons repéré ressemble au précédent, mais n’a pas été sélectionné au hasard. Ce dernier dévoile une prochaine tendance intéressante : la reconstruction du trench. À l’automne, avec IM MEN, dites adieu à sa traditionnelle couleur beige et sa coupe poussiéreuse. Ici, la marque japonaise rend l’habit de pluie plus mode avec une couleur forte, change son sens avec plusieurs attaches et boutons donnant une nouvelle entité au vêtement, et le dote d’une capuche fluide.

Le dernier, quant à lui, détient une place particulière puisqu’il s’éloigne légèrement de la direction artistique originelle de la marque. Une tenue plus citadine, que l’on se verrait porter sans le moindre mal chaque jour de l’année. Un pantalon noir fluide, mais surtout une veste au tissage particulier ressemblant à du tweed. Avec son écharpe assortie, à porter au bras ou au cou, vous vous démarquerez sans plus d’efforts.

Le clou du spectacle
Après le passage des 39 silhouettes, juste avant de repartir vers d’autres horizons (comprenez défilés), nous avons eu droit à un final grandiose. Alors que les mannequins sortaient de la pièce, d’autres, nouveaux, investissaient les lieux. Tout d’abord en marchant d’un coin à un autre, puis en se figeant face à nous. Droits et imperturbables, ils nous ont laissé observer leurs combinaisons colorées aux mille couches avant de commencer à détacher les pièces recouvrant leurs bras. Puis, ils les ont levées au-dessus de leur tête, laissant le temps agir sur notre impatience.
D’un coup, sans que personne ne s’y attende vraiment, ils se sont mis à courir, faisant ainsi voler les pièces de tissu en l’air. Ce n’étaient en réalité ni des modèles ni des mannequins, mais bien des danseurs filant dans une chorégraphie rythmée et aussi fraîche que la collection que nous venions de voir.
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Chapeau IM MEN !



