Alors que les journalistes et célébrités courent dans tout Paris de show en show, Issey Miyake nous a offert une pause hors du temps à la découverte de ses nouveautés. Tandis que certaines griffes prônent le tailoring ou encore le denim, le directeur artistique de la marque japonaise, Satoshi Kondo, puise dans la force de la nature. Retour sur la collection « The Beauty of Paper », présentée ce vendredi 27 septembre dans un pavillon du Parc floral de Paris.
S’inspirer du quotidien pour une collection profonde
« Faite de plantes et d’eau, nature luxuriante,
Une feuille de papier est confectionnée à la main.
Délicat, soyeux et enveloppant :
Le toucher du papier procure un sentiment d’enracinement.
Il réfléchit la lumière tout en la captivant :
De sa couleur émane une sensation de pureté.
Il accompagne notre quotidien depuis un lointain passé,
Il nous apporte plénitude d’esprit et habileté,
Grâce à sa poésie qui semble intemporelle,
Autour de nous, il est omniprésent.
Nous avons juste à l’appréhender. »
,telle nous indiquait la petite lettre laissée sur nos sièges, accompagnée d’un morceau de papier froissé.
Pour le vestiaire féminin du printemps-été 2025, la maison s’inspire, vous l’aurez compris, du papier. Et plus précisément du Washi, papier japonais traditionnel porteur d’histoire.
« D’où provient ce sentiment de réconfort que nous procure le papier ? », se questionne, semble-t-il, la marque dans un communiqué de presse. Certainement sa texture à la fois douce et rugueuse, son histoire lointaine, mais également sa qualité et sa poésie. Sur un air enchanteur du célèbre musicien Andrew Pekler, les premières silhouettes ont donné le ton et ont répondu à cette question.
Le look n°1 et le look n°2 ont directement subjugué la salle. Deux modèles, recouvertes d’une seule et même pièce de tissu translucide en drapé se collant à leur corps et leur visage, nous ont directement fait penser à l’élément de l’eau. Il s’agissait, bien évidemment, de la série EAU du créateur.

Dans un tout autre genre, se rapprochant de son idée originelle, Satoshi Kondo a décliné le papier sous toutes ses formes. Cette série de pièces en trois dimensions s’inspire de l’art de l’origami. Réalisées dans un tissu washi développé par la Maison, ces dernières gardent « une légère extensibilité et confèrent à la silhouette anguleuse une souplesse qui s’adapte au corps de la personne qui la revêt », comme le précise Issey Miyake.

On a également relevé, toujours fortement dans le thème de la nature et donc relié au papier, une forte présence de fleurs. Qu’elles soient dans des sacs, en forme de lunettes, ou bien encore de chapeaux et casques, elles célébreront en temps voulu le retour du printemps à merveille. Mais les fleurs n’ont pas été les seules mises à l’honneur. Dans deux autres séries, EASE AND EASED et HEMPTEN, le chanvre était l’élément principal, tantôt dans les formes des kamiko, illustrant le concept de la collection tantôt dans une série tissée composée à 100 % de chanvre puis teint pour répondre aux demandes contemporaines.
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Le prêt-à-porter, plus portable d’Issey Miyake
Depuis sa création en novembre 1971, le label du nom de feu son créateur s’emploie à rendre philosophique chacun de ses designs. Ici, il ne s’agit pas d’une énième griffe obnubilée par le côté commercial. Malgré tout, afin que chaque maison fonctionne, il est important d’offrir des pièces adaptables à notre quotidien.
Pour le printemps-été 2025, Satoshi Kondo pour Issey Miyake n’a pas dérogé à la règle. Comme un tailoring à sa façon, le directeur artistique de 40 ans nous a offert plusieurs silhouettes qu’on se languit déjà de porter à la prochaine bascule de saison. Parmi celles-ci, on relève un costume noir aux imposantes épaules, un tailoring masculin à la façon japonaise, un long trench violet plus doux que les premières températures du printemps ou encore, de manière plus recherché, un t-shirt qui n’en est pas vraiment un.




