Irving Penn, l’œil qui a façonné la mode à la MEP

Irving Penn, la mode en studio : l'exposition à voir à la MEP dès septembre
Irving Penn, la mode en studio : l'exposition à voir à la MEP dès septembre

Irving Penn, l’œil qui a façonné la mode à la MEP

Du 30 septembre 2026 au 17 janvier 2027, la Maison Européenne de la Photographie consacre une rétrospective à Irving Penn. L'exposition Penn & Fashion retrace six décennies de collaboration avec Vogue, de Dior à Issey Miyake. Un parcours chronologique conçu par Pascal Hoël et Frédérique Dolivet. À découvrir à Paris dès cet automne.

Du 30 septembre 2026 au 17 janvier 2027, la Maison Européenne de la Photographie consacre une rétrospective à Irving Penn. Soixante ans de collaboration avec Vogue, un parcours chronologique de 1947 à 2008, des prêts exceptionnels de la Irving Penn Foundation et de la Miyake Issey Foundation. L’exposition, placée sous le commissariat de Pascal Hoël avec Frédérique Dolivet, retrace la manière dont un seul œil a façonné six décennies de photographie de mode. De Dior à Issey Miyake, le studio devient le lieu où le vêtement se fait composition.

Cape cubiste brodée Yves Saint Laurent photographiée par Irving Penn, Paris, 1988
Irving Penn, Yves Saint Laurent Embroidered Cubist Cape with Braque-Inspired Design, Paris, 1988 Nicola Erni Collection, Zug © Condé Nast

Un parcours chronologique de Dior à Issey Miyake

Les podiums parisiens des années 1950, entre Dior et Balenciaga

Portrait d'Irving Penn dans son studio new-yorkais par Bert Stern, 1963
Bert Stern, Irving Penn, New York, 1963 | Courtesy of Bert Stern © Bert Stern

L’exposition suit la carrière d’Irving Penn dans l’ordre où elle s’est construite. Elle commence dans les années 1950, avec les photographies légendaires des collections parisiennes de haute couture, Dior et Balenciaga en tête, magnifiées par Lisa Fonssagrives et Jean Patchett, deux des mannequins les plus marquants de l’époque.

Ungaro, Courrèges et l’extravagance des années 1970

Silhouette des années 1970 photographiée en studio par Irving Penn
Copyright The Irving Penn Foundation

La décennie suivante déplace le regard. Ungaro, Courrèges, les tenues extravagantes portées par Marisa Berenson ou Lauren Hutton retiennent l’attention du photographe, avant que les années 1980 ne fassent entrer Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld dans le cadre.

La rencontre avec Issey Miyake, un dialogue de treize ans

Vêtement sculptural Issey Miyake photographié par Irving Penn
[CRÉDIT À COMPLÉTER]
Un chapitre de l’exposition met en lumière la collaboration entre Irving Penn et le créateur japonais Issey Miyake, débutée en 1987 et poursuivie pendant treize ans. Les vêtements sculpturaux du couturier trouvent, dans le style photographique épuré de Penn, un vis-à-vis naturel : deux vocabulaires qui partagent la même économie de moyens.

Galliano, Lacroix et le passage à la couleur

Lisa Fonssagrives, La coiffure Hamlet, photographiée par Irving Penn pour Vogue US en 1949
Irving Penn, Lisa Fonssagrives, « La coiffure Hamlet », Vogue US, 1er mars 1949 Tirage gélatino-argentique Prêt de l’Archive Tom Penn © Condé Nast

Au fil de ses trois dernières décennies de création, Penn garde un fil conducteur constant, l’attention portée aux silhouettes, aux volumes et aux textures. Il passe à la couleur pour photographier les robes élaborées de John Galliano, les modèles opulents de Christian Lacroix ou les coiffes de plumes signées Chanel. Ses images beauté pour Vogue, réalisées dans les années 1990 et 2000, closent le parcours et témoignent d’une créativité intacte jusqu’aux dernières années de sa carrière.

Le portrait de Dior de 1947, pièce de mémoire de la MEP

Portrait de Christian Dior par Irving Penn, New York, 1947
Irving Penn, Christian Dior, New York, 1947 © The Irving Penn Foundation — Collection MEP, Paris. Acquis en 1992

Parmi les pièces marquantes du fonds parisien figure le portrait de Christian Dior réalisé par Penn en 1947, acquis par l’institution en 1992. Ces fonds sont complétés par des prêts de la Irving Penn Foundation et de la Miyake Issey Foundation, qui permettent de retracer l’ensemble de la trajectoire du photographe.

Qui est Irving Penn, le maestro derrière l’objectif ?

D’Alexander Liberman au studio comme sanctuaire

Né en 1917, Irving Penn étudie à l’École des arts industriels du Musée de Philadelphie sous l’enseignement d’Alexey Brodovitch, avant de rejoindre Vogue en 1943 à l’invitation d’Alexander Liberman, qui l’encourage rapidement à passer de la conception de maquettes à la prise de vue elle-même. Sa première couverture pour Vogue paraît la même année. Le studio devient très vite son territoire de prédilection, un espace clos qu’il réinstalle partout où il travaille, de Paris à la Nouvelle-Guinée, souvent sublimé par un vieux rideau de théâtre déniché à Paris en 1950.

Le laboratoire de Long Island et le procédé platine-palladium

En 1973, Penn ferme son studio new-yorkais et s’installe dans la ferme familiale de Long Island pour se consacrer au procédé d’impression au platine-palladium. Cette recherche donne naissance à trois séries devenues des repères de l’histoire de la photographie, Cigarettes, Street Material et Archaeology, exposées respectivement au MoMA, au Metropolitan Museum of Art et à la Marlborough Gallery entre 1975 et 1982.

Informations pratiques

  • Exposition Penn & Fashion
  • Maison Européenne de la Photographie, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4e
  • Du 30 septembre 2026 au 17 janvier 2027
  • Entrée 13 euros, tarif réduit 8 euros

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