C’est la 15e édition du Rhum Fest Paris qui se tient au Parc Floral de Paris du 18 au 20 avril, et le thème du carnaval choisi cette année n’est pas qu’un prétexte. Il s’agit d’un fil narratif cohérent avec la géographie même du rhum : Guyane, Martinique, Guadeloupe, Haïti, Trinidad, Rio, Salvador de Bahia partagent toutes cette tradition de fête collective et populaire autant que celle de la distillation de canne. Ce sont plus de 100 marques représentées par plus des exposants du monde entier qui font du Rhum Fest l’un des salons les plus denses de ce type en Europe, le Parc Floral faisant le reste.
L’organisation a cette année fait le choix délibéré de réduire la jauge, avec un plan renforcé autour de l’hydratation, davantage d’accompagnement pour les visiteurs et de nouveaux formats de découverte, pour que la densité de l’offre ne se fasse pas au détriment du confort. Une décision qui tranche avec la logique habituelle des salons professionnels, souvent tentés par la croissance du nombre de visiteurs.

Un marché qui résiste
Le Rhum Fest 2026 s’ouvre dans un contexte de marché contrasté. Les spiritueux dans leur ensemble accusent un recul, et les acheteurs de spiritueux sont en baisse de 4 points en 2026 en France. Pourtant, le rhum tient bon. Il reste en tête des spiritueux consommés purs, avec 78 % des buveurs de spiritueux qui en boivent, loin devant le whisky à 72 % et les liqueurs à 63 %. En mixologie, il conforte aussi sa position dominante à 55 %, creusant l’écart avec une vodka qui s’effrite à 34 %.
À l’échelle mondiale, le marché du rhum est évalué à 18 milliards de dollars en 2024 et devrait atteindre 26,7 milliards d’ici 2033, porté par l’intérêt croissant pour les spiritueux premium et artisanaux ainsi que par l’essor de la culture cocktail.
Le consommateur boit moins mais mieux : 57 % des acheteurs de spiritueux dépensent désormais entre 21 et 50 euros, soit une hausse de 9 points, une tendance qui profite précisément aux producteurs de rhums premium et aux événements comme le Rhum Fest, axés sur la qualité et la découverte.

L’agave s’invite à la fête
C’est sans doute la décision la plus symbolique de cette édition : pour la première fois, les spiritueux à base d’agave, tequila, mezcal, cocuy et raicilla, rejoignent officiellement la programmation aux côtés du rhum et de la cachaça.
La décision reflète une réalité de marché et de consommation, celle d’amateurs qui circulent désormais librement entre ces univers, sensibles aux mêmes critères : savoir-faire ancestraux, terroirs singuliers, processus d’élaboration originaux. Rhum Fest affirme ainsi son positionnement comme grand salon des spiritueux fermentés et distillés des Amériques, plutôt que comme événement strictement catégoriel.
Un plateau qui invite au voyage
122 marques représentées par plus de 350 exposants du monde entier composent un plateau qui va des classiques antillais, Clément, HSE, Saint James, jusqu’aux adresses plus inattendues comme Halong rum au Vietnam, Sodade au Cap Vert ou encore le rhum jamaïcain des Rolling Stones, Crossfire Hurricane. Sans oublier la French touch avec Les Frères de la Côte et Tres Humbres, qui privilégient le voilier comme mode de transport écologique, et les rhums arrangés artisanaux de L’Artisan Arrangeur.

Pédagogie, VIP et Rhum Week
Les masterclasses, plus d’une vingtaine sur trois jours, se tiennent dans le Pavillon des Chênes dédié à l’immersion, accompagnées de tables rondes animées par Rumporter autour des enjeux clés de la filière, des appellations d’origine à la question « comment vendre du rhum en 2026 ?« .
L’Espace VIP monte lui aussi en puissance avec deux bars de dégustation thématisés et des Petits Salons en format intimiste, où les maîtres de chai viennent présenter leurs « cuvées les plus confidentielles », et où le journaliste Laurent Cuvier a conçu des parcours thématiques pour naviguer entre styles, terroirs et profils aromatiques. La distillerie Rivière du Mât présentera le plus vieux rhum réunionnais jamais embouteillé, 27 ans d’âge, et le Ferrer Collection One Cask New Yarmouth 1994, rhum jamaïcain de 32 ans, figurera parmi les raretés accessibles aux détenteurs d’un pass premium.

Dans cette logique d’ouverture, le festival accorde également une place croissante aux enjeux de représentation et aux nouvelles voix du secteur. Le samedi 18 avril, l’association Women Leading Rum & Spirits réunira des master blenders de chez Bacardí, Arehucas et Ron Millonario pour un panel consacré au rôle des femmes dans la création de rhums d’exception, dans un secteur longtemps dominé par les hommes dans sa représentation publique.
Au-delà du Parc Floral, la première Rhum Week étend l’expérience à toute la capitale du 13 au 20 avril, avec des soirées, dégustations et avant-premières dans plusieurs établissements partenaires, faisant de Paris, pendant une semaine entière, une vitrine internationale du rhum et des spiritueux des Ameriques. Paris vibre au rythme du rhum, et ce n’est que le début.
Informations pratiques :
- Journée grand public Samedi 18 avril 2026 : 12h à 18h30
- Journée mixte Dimanche 19 avril 2026 : 12h à 18h30 (entrée à partir de 11h pour les détenteurs d’un Pass ou d’un supplément VIP)
- Journée professionnelle Lundi 20 avril 2026 : 10h30 à 17h30 Hall de la Pinède – Parc Floral – Vincennes
Tarifs à partir de 65 euros, pass VIP dès 115 euros. Billetterie et programme complet sur rhumfestparis.com



