Le Diable s’habille en Prada 2 : à quoi ressemblera la mode version 2026 ?

Le Diable s'habille en Prada 2

Le Diable s’habille en Prada 2 : à quoi ressemblera la mode version 2026 ?

Vingt ans de silence. Vingt ans pendant lesquels le premier film n'a jamais vraiment quitté nos dressings, nos conversations ni nos références stylistiques. Le 29 avril 2026, Miranda Priestly est de retour, et avec elle, une question brûlante se pose : à quoi ressemble la mode quand le diable, lui, ne change pas ?

Le Diable s’habille en Prada (2006) n’était pas qu’une comédie sur les coulisses d’un magazine. C’était un portrait des années 2000 haut de gamme, où la mode se portait comme une armure.

Le film avait cristallisé un imaginaire très précis : Miranda Priestly imposait le manteau Hermès, le sac qui coûte plus cher qu’un loyer. Andy Sachs, elle, passait d’un jean banal à des Chanel mythiques en quelques séquences, marquant l’une des métamorphoses mode les plus commentées du cinéma.

Les Chanel boots d’Andy, objet de la fameuse réplique « Are you wearing the…? », sont aujourd’hui d’authentiques pièces vintages qui se négocient à prix d’or en seconde main. Sa transformation vestimentaire était celle de toute une génération qui découvrait que la mode n’était pas superficielle, mais un langage à part entière.

Patricia Field, costumière du film, avait misé sur un luxe ostentatoire et théâtral, celui des défilés début 2000s, où Galliano régnait chez Dior, où Gucci sentait encore le parfum de Tom Ford. Un luxe qui ne cherchait pas à se faire discret.

Dans les teasers et bandes-annonces : une mode qui a mûri

Le Diable s’habille en Prada 2 arrive à un moment de bascule. La mode de 2026 n’est plus celle du logo triomphant ni du luxe ostentatoire des années 2000, et le film le sait. Ce que l’on voit dans les tenues d’Andy résonne directement avec ce qui domine les garde-robes et les défilés aujourd’hui : le quiet luxury assumé, la pièce vintage élevée au rang de statement, le mélange de registres entre denim et joaillerie fine, le blazer oversized porté comme une seconde peau.

La costumière de ce second volet, Molly Rogers (ancienne protégée de Patricia Field, connue pour And Just Like That…), a fait des choix radicalement différents, et beaucoup plus actuels.

Les premières images du tournage, capturées à Manhattan dès l’été 2025, en sont la démonstration : elles ont enflammé les réseaux, révélant une Andy Sachs transformée, assumée, élégante et ultra-stylée, loin de la jeune assistante maladroite du premier film.

Molly Rogers a construit le vestiaire d’Andy autour de blazers vintages inspirés du prêt-à-porter masculin Armani, de bijoux fins contemporains signés Jemma Wynne et Marlo Laz, et de pièces décontractées-mais-impeccables de maisons comme Dries Van Noten et Gabriela Hearst.

Le Diable s'habille en Prada 2

Anne Hathaway a elle-même expliqué la philosophie derrière le nouveau vestiaire de son personnage : « J’ai proposé qu’Andy ait fait du journalisme d’investigation, qu’elle ait voyagé dans le monde pendant 15 ans… et quand on a eu une éducation dans un endroit comme ‘Runway’, on sait quoi faire quand on passe devant un dépôt-vente. Alors elle chine depuis presque 20 ans. »

Le résultat est une garde-robe à la fois cohérente et surprenante : on la voit dans un ensemble vintage Jean Paul Gaultier à rayures, une combinaison en denim zippé Re/Done, une robe maxi patchwork, et un ensemble tank top avec jupe maxi en denim.

Miranda, toujours aussi redoutable

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Dans le trailer, on voit Miranda Priestly dans une veste à pompons emblématique de Dries Van Noten. Elle arbore également un blazer noir et blanc rayé de la collection printemps 2026 de Schiaparelli, et plusieurs autres pièces de la même maison. C’est le signe d’un glissement significatif : Schiaparelli et Dries Van Noten dominent le vestiaire de Miranda là où le premier film la drapait en Hermès et Chanel.

Emily Blunt, dont le personnage est désormais à la tête d’une marque de luxe, porte un top en papier journal signé John Galliano. Un clin d’œil historique à l’une des maisons les plus turbulentes de la mode, et un signal fort : Emily Charlton n’est plus l’assistante vexée du premier film, elle joue dans la cour des grandes.

Les accessoires et bijoux du film reflètent la culture joaillière des années 2020 : le neck stack. Andy porte un petit rang de perles, presque toujours superposé avec quelques chaînes en or de différentes longueurs. Miranda, elle, privilégie un collier en or massif statement et de grandes boucles d’oreilles dorées.

L’héritage du premier film

Le film joue clairement sur deux tableaux en même temps : la nostalgie maîtrisée et la réinvention revendiquée.

Le cerulean revient. Des fans particulièrement attentifs ont repéré Anne Hathaway portant un certain pull cerulean bleu (ni turquoise, ni lapis), un Easter egg mode assumé qui réactive immédiatement le monologue culte du premier film. À Shanghai, Meryl Streep est arrivée dans un manteau en soie cerulean bleu à col entonnoir signé Saint Laurent, ceinturé à la taille, lors de la press tour, brouillant délibérément la frontière entre personnage et actrice.

Le Diable s'habille en Prada 2
© Instagram

Le teaser s’ouvre sur une paire de Valentino Rockstud en cuir laqué rouge traversant les couloirs de Runway, sur les accords de « Vogue » de Madonna. Le choix a divisé : certains ont jugé la chaussure quelque peu dépassée, d’autres ont rappelé que Miranda Priestly ne suit pas les tendances, elle les ignore. Un écho symbolique, surtout, au stiletto rouge qui ornait l’affiche du premier film.

Ce que ça dit de la mode en 2026

La presse traditionnelle se bat contre l’algorithme, les réseaux sociaux redessinent les règles du pouvoir, et la mode tente de survivre dans un monde de scrolls et de likes. Un écho très actuel, d’autant plus troublant qu’il coïncide avec le départ d’Anna Wintour après 37 ans à la tête de Vogue, la femme qui a inspiré Miranda Priestly, qui quitte la scène au moment où son alter ego fictif y remonte.

Vingt ans après, le film retrouve ses personnages dans une mode qui a mûri avec eux : une mode plus consciente d’elle-même, plus nourrie de références, moins certaine de sa toute-puissance. Ce n’est plus un monde où le cerulean impose sa loi sans contestation. C’est un monde où peut-être même Miranda Priestly doit s’adapter. Et c’est peut-être ce qui le rend bien plus fascinant.

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