Le chef Mory Sacko et Nespresso à Cannes : “La cuisine, comme le cinéma, repose sur l’art de créer une atmosphère”

Partenariat Mory Sacko de Nespresso festival de Cannes 2025 © Marie Contreras / Nicolas Stajic
Partenariat Mory Sacko de Nespresso festival de Cannes 2025 © Marie Contreras / Nicolas Stajic

Le chef Mory Sacko et Nespresso à Cannes : “La cuisine, comme le cinéma, repose sur l’art de créer une atmosphère”

À Cannes, Mory Sacko signe un menu de street food raffinée sur la Plage Nespresso. Dans un décor scénographié entre coffee shop et cinéma, le chef étoilé propose une expérience culinaire pensée comme une mise en scène.

Sous les palmiers de la Plage Nespresso, à deux pas du tapis rouge, le chef Mory Sacko, révélé par Top Chef et à la tête du restaurant Mosuke à Paris, compose un menu de street food hautement stylisée. Pour cette troisième collaboration avec la marque, il imagine un ballet de bouchées autour du poulet frit, pensé pour être savouré debout, entre deux projections. Lumières dorées, machines pastel, déco léchée : dans ce décor à mi-chemin entre coffee shop et plateau de cinéma, la cuisine devient une mise en scène. Et l’assiette, un jeu d’ombres et de textures.

Désirée de Lamarzelle : Nous sommes en plein Festival de Cannes, sur la plage Nespresso. Conciliez-vous dans vos plats cuisine et cinéma ?

Mory Sacko : C’est toujours passionnant de voir le rôle que le cinéma donne à la cuisine. Mais moi, je ne m’en inspire pas directement pour créer. Je n’ai jamais conçu un plat à partir d’un film. En revanche, ce que je trouve passionnant, c’est que notre métier ne se limite plus à faire à manger. Être chef aujourd’hui, c’est penser une scénographie complète. Il faut imaginer une ambiance, créer des scènes, des moments. On règle la lumière, on choisit la musique, on travaille le rythme du service… C’est presque du storytelling. Une lumière froide peut rendre une salle très clinique. Une lumière chaude, centrée sur la table, crée tout de suite de l’intimité.

Vous regardez les scènes de cuisine au cinéma avec un œil de chef ?

M.S : Oui, un peu de “déformation professionnelle” ! Je me dis : “Tiens, ils ont l’air bien à table…” Et souvent, c’est la lumière qui fait tout. L’image du plat doit donner envie. Le dressage peut même influencer la manière de manger.

Donc l’image est essentielle dans vos plats ?

M.S : L’image est partout : dans l’assiette, bien sûr, mais aussi dans la déco du lieu, dans le service, dans le choix du contenant. C’est un tout.

Vous avez dit que votre cuisine racontait votre histoire. Vous êtes un narrateur ?

M.S : Bien sûr. C’est ma manière de me raconter. Et cette narration évolue. Je grandis, je m’affine. Ce que j’aime, je le pousse encore plus. Ce que j’aime moins, je l’élimine.

Comment cela se traduit-il dans l’assiette ?

M.S : Les goûts sont plus marqués. Je n’ai plus peur du piment ou du poivre. S’il faut que ça pique, ça pique. En parallèle, je tends vers plus d’épure, inspiré par l’esthétique japonaise. Moins d’éléments, mais travaillés à fond.

Plat Mory Sacko Nespresso Cannes 2025 © Marie Contreras / Nicolas Stajic
Plat Mory Sacko Nespresso Cannes 2025 © Marie Contreras / Nicolas Stajic

Être au plus près de soi, c’est ça ?

M.S : Oui. Plus d’authenticité, et plus de rigueur aussi. Il y a une philosophie japonaise, l’Ikigai, qui prône l’idée qu’il faut 20 000 heures pour devenir maître dans un domaine. Cette idée me parle : c’est par la répétition qu’on devient vraiment bon.

Avec Nespresso, qu’avez-vous imaginé comme menu ?

M.S : Du poulet frit. C’est un produit que j’adore, que je travaille aussi dans mon resto, Studio Mosuke. Et ça colle parfaitement à une dégustation debout. C’est fait pour être mangé sur le pouce. On a prévu plusieurs morceaux : ailerons, cuisses, tenders… Chaque partie est préparée différemment, avec sa sauce, comme un ballet de textures.

Ce partenariat avec Nespresso est-il davantage qu’un simple événement ?

M.S: C’est mon troisième Cannes avec Nespresso. Il y a un vrai lien. Ce sont des partenaires solides, créatifs. On a même co-créé un café ensemble. Nous sommes allés dans les ateliers de Nespresso, à Romans. J’avais envie d’un café aux origines africaines. On en a dégusté des dizaines et j’ai fini par choisir un café zambien, aux notes de fruits confits. On a travaillé la fermentation pour obtenir quelque chose de très fruité.

Si vous deviez tester quelqu’un dans votre brigade, quel plat lui feriez-vous faire ?

M.S : Une omelette ou un œuf au plat. Ce sont des plats simples en apparence, mais redoutables. Il faut de la sensibilité, pas forcément de la technique.

Quel est votre ingrédient fétiche ?

M.S : J’en ai deux : la sauce soja et le piment. Je sale presque tout à la sauce soja, c’est mon umami. Et le piment, quand il est bien dosé, apporte une profondeur incroyable. Mais c’est un ingrédient qui garde une part d’imprévisibilité. Il vous garde humble.

Chef Mory Sacko partenaire Nespresso festival de Cannes 2025
Chef Mory Sacko partenaire Nespresso festival de Cannes 2025 © Marie Contreras / Nicolas Stajic

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