À quelques pas de la Croisette et de la rue d’Antibes, une impasse discrète abrite un restaurant devenu l’un des repères de la vie nocturne cannoise. C’est rue Florian qu’Antoine et Ugo Lecorché, frères jumeaux originaires de Lyon, ouvrent en 2015 leur premier établissement : La Môme. L’adresse séduit rapidement une clientèle mêlant locaux, congressistes et touristes en quête d’une atmosphère à la fois élégante et décontractée. Ouvert tous les soirs, le restaurant devient un point de rendez-vous où l’on dîne dans une ambiance feutrée mais festive, fidèle à l’esprit de la Riviera.
Derrière cette réussite, un parcours construit patiemment. Arrivés à Cannes en 2004 pour une saison de deux mois, les deux frères s’y installent durablement, gravissant les échelons de la restauration -de serveurs à directeurs d’établissements réputés – avant de concrétiser leur ambition d’ouvrir leur propre maison. Depuis, le Groupe La Môme s’est développé : après le restaurant, le bar et la plage éponymes, sont venus Mido, table japonaise, puis plus récemment Le Môka. D’autres ouvertures suivent, à Monaco, à Paris, bientôt à Londres. Une croissance assumée mais maîtrisée, avec la volonté de conserver une gestion familiale et une attention constante à l’expérience client.
À l’occasion des dix ans de La Môme, célébrés en pleine effervescence du Festival de Cannes, Antoine Lecorché revient sur les fondamentaux de cette aventure entrepreneuriale avec “3 questions à “:
Désirée de Lamarzelle : De vos débuts à Cannes à l’ouverture d’un restaurant au Berkeley à Londres, quels ont été les tournants majeurs de votre parcours ?
Antoine Lecorché : Plus que des virages spectaculaires, je crois aux lignes droites qu’on suit sans faiblir. Dès le premier jour, avec La Môme, notre obsession a été la même : accueillir chaque client comme si c’était le premier et le dernier à la fois. Ça veut dire un service d’une précision chirurgicale mais sans raideur, une écoute presque intuitive, une attention au moindre détail — du pli de la serviette à la lumière sur la table. Et bien sûr, une cuisine sans compromis, qui respecte le produit, le sublime sans le travestir. Cette rigueur, cette exigence, on les cache derrière une atmosphère légère, joyeuse, presque insouciante. Mais c’est une insouciance savamment orchestrée. C’est là que réside la vraie magie : donner à voir une simplicité désarmante quand tout repose en réalité sur une mécanique millimétrée.
Comment réussissez-vous à préserver l’âme de La Môme et Mido en traversant les frontières, de la Côte d’Azur à Paris et Londres ?
A.L : C’est une question d’ADN. On ne copie-colle pas un restaurant d’un lieu à un autre comme on duplique une enseigne. Chaque établissement doit respirer l’esprit La Môme : une élégance décontractée, un goût pour la fête bien faite, ce mélange subtil de chic et de chaleur humaine. Pour ça, le facteur humain est capital. Nous avons une obsession : recruter les bonnes personnes, celles qui comprennent notre vision, qui partagent nos valeurs. Et surtout, nous les accompagnons. Chez nous, on forme, on transmet, puis on fait grandir. Ce sont souvent nos numéros 2 ou 3 qui deviennent les patrons des nouveaux lieux. Ils connaissent la maison, ils portent son histoire. Ainsi, chaque ouverture reste une aventure humaine, jamais une simple opération de croissance.
En vous projetant vers l’avenir, quel héritage souhaitez-vous bâtir avec le Groupe La Môme ? Et quels projets vous animent ?
A.L : Ce qui nous anime, c’est de ne jamais trahir la promesse faite à nos clients. Qu’importe le succès, la taille du groupe, ou les adresses qui s’ajoutent à notre carte de visite : chaque personne qui pousse la porte de La Môme doit se sentir unique, écoutée, choyée. Nos restaurants sont des lieux de vie, de retrouvailles, de confidences, de célébrations. C’est cette émotion-là que nous voulons transmettre et perpétuer.
Quant à l’avenir, il s’écrit au gré des rencontres, des coups de cœur pour des lieux qui nous inspirent. Nous restons à l’écoute des belles opportunités. Cet été, nous ouvrirons La Môme Riviera à Roquebrune Cap Martin, un site d’exception avec transats et restaurant, pensé pour les déjeuners les pieds dans l’eau et les dîners face au coucher du soleil. Ce projet symbolise bien notre ambition : continuer à grandir, sans jamais perdre l’essence de ce qui fait La Môme.
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