Un jour chez Dior, le lendemain chez Tom Ford, avec un passage dans le jardin d’Elie Saab en plein week-end. Pour clôturer le fameux Fashion Month, la capitale française accueillait à nouveau la Paris Fashion Week, du 28 septembre au 6 octobre. Neuf jours consécutifs durant lesquels les créateurs d’ici et d’ailleurs dévoilaient leur vision du prêt-à-porter féminin pour le printemps-été 2027.
Et malgré des univers parfois très éloignés, certaines idées semblaient circuler d’une collection à l’autre, prenant chaque fois une allure différente. De quoi dessiner les contours d’un vestiaire estival dont OniriQ retient 5 grandes tendances, à découvrir dès maintenant et à adopter lorsque les beaux jours reviendront.
Quels sont les 5 tendances majeures, que l’on portera dès le printemps ?
1. Les couleurs ultra vives
Quand la grisaille décampe, les couleurs vives entrent en action… Le printemps-été 2027 s’annonce assez peu timide : vert citron, jaune et violet se portent de la tête aux pieds, reléguant au second plan le petit accessoire censé réveiller une tenue. Cette saison, autant y aller franchement !

Cette audace prend des accents picturaux chez Akris, où Albert Kriemler, son directeur artistique depuis 1980, transpose l’univers de l’artiste peintre Martha Jungwirth dans ses créations. Issey Miyake choisit, sous l’impulsion de Satoshi Kondo, un bleu électrique pour souligner nombreux de ses looks. Une couleur de choix, qui permet de renfoncer l’effet visuel de ses plissés et volumes froncés de la griffe nippone. En bref, deux approches qui donnent autant d’importance à la teinte qu’à la coupe.
Quant au rouge, déjà omniprésent dans les tendances de l’automne-hiver 2026-2027, il semble jouer les prolongations au printemps-été 2027. Du tailleur dramatique de Matières Fécales aux propositions de Maison Margiela, Miu Miu, Burc Akyol, Lanvin et Tom Ford, l’écarlate traverse les saisons avec une aisance assez convaincante. De quoi garder ses achats de fin d’année à portée de main… On adore l’idée !
2. Le carreau
Les trois « grands » de la Fashion Week de Paris autour d’une même « grande » tendance. Cette semaine, Chanel, Dior et Louis Vuitton dévoilaient des collections animées par une envie commune de liberté et de mouvement. Entre cape-cardigan en trompe-l’œil, matières ultralégères et références au voyage, chacun cherchait à sa manière à donner davantage d’aisance au vestiaire.
Et au milieu de ces propositions, le carreau s’invite chez les trois maisons. Chanel le décline dans des tons beiges sur une blouse reconnaissable entre mille. Jonathan Anderson le déploie sur des vestons et vestes longues signés Dior, tandis que Nicolas Ghesquière l’adopte en total look chez Louis Vuitton.

Loin de se cantonner à la chemise de bûcheron ou à l’uniforme scolaire, le motif gagne, cette saison, en souplesse. Son quadrillage apporte, certes, de la rigueur, mais les matières légères et les coupes fluides lui donnent une allure décontractée, dont on a déjà aujourd’hui cruellement besoin.
3. Les fleurs, au printemps !
Que serait le printemps sans ses fleurs ? Avant de vous écrier, comme le ferait n’importe quel passionné de mode, « Florals? For spring? Groundbreaking. », en référence au Diable s’habille en Prada de 2006, laissez-nous vous dévoiler les propositions pour 2027.
Car, pour une fois, les créateurs sont allés un peu plus loin que l’ennuyeux imprimé fleuri. Chez Dior, pour commencer, on retrouve l’éternel univers floral de Jonathan Anderson. Mais le travail de précision ici mérite que l’on s’y attarde : les pétales se détachent de la surface, les reliefs donnent de la profondeur aux pièces et la fleur participe à leur construction. On pourrait se lasser de la voir revenir aussi souvent, mais cette minutie lui donne chaque fois une présence assez singulière pour que l’on excuse sa répétition incessante…

Chez Elie Saab, en revanche, le jardin se fait plus rebelle. Dans sa collection « À fleur de peau », inspirée de l’allure de Jean Harlow, le designer libanais développe des broderies végétales qui grimpent sur les corsets, débordent sur les épaules et descendent le long des jambes. Le romantisme reste, certes, très présent, mais cette végétation qui semble échapper aux limites du vêtement lui apporte une sensualité beaucoup moins sage.
Enfin, la proposition que l’on juge la plus intéressante se trouve chez Acne Studios, qui appose la fleur sur le denim. Une association assez rarement mise en avant, et dont le contraste suffit à renouveler le motif : la délicatesse végétale rencontre une matière plus brute et le résultat paraît plus moderne.
4. Les drapés
De la douceur, des matières fluides et un rendu ultra élégant, presque royal… Tout ce que l’on aime ! Comme de coutume, lorsque l’automne-hiver laisse place au printemps-été, le laine épaisse passe le flambeau aux matières qui glissent sur le corps, se font aériennes et en mouvement.
Dans les collections estivales de 2027, on retrouve cette idée autour du drapé. La créatrice chinoise Uma Wang en joue dans sa ligne, avec des blazers dont le dos s’accompagne d’un voile satinée, des rabats qui se plaquent sur la poitrine ou encore de robes qui semblent réalisés à partir d’un rideau, que l’on drape instinctivement autour de soi.

Chez Balmain, la vision du drapé se fait plus moderne. Antonin Tron décline une robe au décolleté sulfureux dans une impression serpentine, comme une mue qui glisse sur le corps pour laisser place au renouveau. Puis Alaïa entre dans la danse, connu et célébré pour cette manière de sculpter le vêtement autour du corps, en déclinant une robe aux dragages judicieux qui souligne la taille, enveloppe les hanches, créer du volume tout en conservant une certaine sensualité
5. Les franges
On les aurait volontiers associées à un passage du cowboy core de 2024, mais les franges semblent bien décidées à ne pas couper court. Depuis plusieurs saisons, déjà, elles traversent l’automne-hiver comme le printemps-été, jusqu’à se faire une place de plus en plus stable dans notre vestiaire.
Pour 2027, Balenciaga en propose une lecture spectaculaire, avec Pierpaolo Piccioli, où elles donnent à la silhouette une présence qui se prolonge à chaque mouvement, à travers d’une jupe frangée sous un manteau long de la même teinte.

La marque américaine L’Agence, qui présentait au Ritz, les inscrit dans une allure plus familière, conservant quelque chose de leur caractère western. On retrouve le détail sur les manches d’un blazer brodé, dans une teinte camel qui se poursuit jusqu’au short bouffant.
Chez Tom Ford, enfin, l’exercice se fait plus minimaliste : les franges se concentrent sur la maroquinerie, apportant du rythme à l’accessoire. Du vêtement au sac, elles trouvent ainsi plusieurs façons de vivre au quotidien au printemps-été, sans que bottes ou chapeau ne soient nécessaires pour fonctionner.



