Alors que les collections automne-hiver 2026-2027 s’apprêtent à gagner les boutiques, certaines tendances aperçues lors des Fashion Weeks se démarquent déjà. Entre grands classiques revisités et partis pris plus affirmés, la saison joue sur les volumes, les textures et une certaine idée de l’élégance. Tour d’horizon des cinq tendances féminines à retenir avant la rentrée.
Les 5 tendances femme majeures de l’automne-hiver 2026-2027
1. Masculine : le retour du vestiaire masculin
Le vestiaire masculin n’a jamais vraiment quitté celui des femmes. Mais cet automne-hiver 2026-2027, il semble reprendre du galon. Chez Louis Vuitton, Nicolas Ghesquière pousse la carrure féminine à son paroxysme, construisant autour du buste une silhouette presque architecturale. Lacoste brouille davantage les pistes avec des volumes amples et un pantalon large dans un rendu sportswear tandis que Givenchy impose le trois-pièces gris, chemise blanche et cravate comprise, sous un long manteau aux épaules affirmées.
Plus loin dans les collections, d’Uma Wang à Hermès, en passant par Issey Miyake, le constat se répète : cette saison, madame emprunte tout de son vestiaire.

Et cette histoire qui ne date, pourtant, pas d’hier. Dès la Première Guerre mondiale, alors que les femmes investissent des fonctions jusqu’alors majoritairement occupées par les hommes, leur garde-robe commence elle aussi à se transformer. Les vêtements deviennent plus pratiques, les lignes se simplifient et certaines adoptent même l’uniforme. Le phénomène se répète (et s’accélère surtout) pendant la Seconde Guerre mondiale avec le pantalon. Quelques décennies plus tard, Yves Saint Laurent achève de faire du costume-pantalon un symbole d’émancipation en transposant, dès 1966, les codes du costume masculin au vestiaire féminin.

Son retour en force aujourd’hui fait donc sens. Épaules larges, tailoring rigoureux, pantalons amples et cravates continuent de véhiculer tout un imaginaire de pouvoir et d’autorité. Mais en 2026, cette équation peut aussi déranger : a-t-on encore besoin d’emprunter les attributs du vestiaire masculin pour donner de l’aplomb à une femme ? Peut-être faut-il alors lire la tendance autrement. Non plus comme une femme cherchant à s’habiller « comme un homme », mais comme le signe que les frontières entre les deux vestiaires n’ont jamais été aussi poreuses…
2. Fourrure : un hiver au poil
Déjà omniprésente l’hiver dernier, la fourrure ne compte visiblement pas regagner le fond du placard de sitôt. Mais là où elle se faisait encore relativement classique, principalement déclinée sur d’imposants manteaux, l’automne-hiver 2026-2027 lui donne un terrain de jeu bien plus vaste. Plus modulable, plus excentrique, parfois plus démesurée, elle s’émancipe de sa forme traditionnelle pour devenir résolument PLUS.

Chez Valentino, elle se suffit presque à elle-même : sombre, longue et XXL, simplement ceinturée à la taille, elle devient la seule pièce nécessaire à adopter jusqu’au printemps. La marque géorgienne Situationist la ponctue de taches noires, façon dalmatien, de quoi faire pâlir d’envie Cruella ou Glenn Close elle-même.
Enfin, dans les lignes de McQueen, par Seán McGirr, changement d’échelle : la fourrure quitte le manteau pour venir encadrer le visage sur une capuche XXL. Une dose de chaleur plus que bienvenue pour compenser la minijupe portée en plein mois de décembre ! Très mode…
3. Velvet : le velours se fait une place de choix
Avec son toucher singulier et ses reflets changeants, le velours (ou velvet, en anglais) fait partie de ces matières qui divisent : on l’adore autant qu’on peut le détester. Héritier de techniques de tissage anciennes d’Orient, avant de connaître un véritable essor en Europe, il s’est longtemps imposé comme une étoffe précieuse, complexe à produire et, surtout, réservée aux élites notamment à la Renaissance. Quelques siècles plus tard, son caractère luxueux demeure.

Pour l’automne-hiver 2026-2027, les directeurs et directrices artistiques semblent s’être accordés pour en faire l’une des matières fortes de la saison. Chez Dior, sous l’impulsion du créateur Jonathan Anderson, il se décline dans un bleu nuit profond sur une robe portefeuille ultra-élégante.
Elie Saab en multiplie les interprétations dans sa ligne prêt-à-porter de fin d’année, notamment à travers un ensemble bustier et jupe façon denim (mais bel et bien en velours) dans une teinte aubergine qui exploite toute la profondeur de la matière. Mais c’est peut-être chez Akris que le velvet se débarrasse le mieux de ses vieux réflexes bourgeois : décliné dans un vert vibrant, sur un costume oversize sous un manteau assorti, le velours prend un sérieux coup de jeune. On adore !
4. High Necked : le col se dresse
À l’image de la fourrure, le col montant rempile pour un hiver supplémentaire… Une récidive qui a tout d’une bonne nouvelle : dans une industrie habituée à renouveler ses tendances à vitesse grand V, voir l’une d’elles s’installer dans le temps permet, pour une fois, de regarder du côté de son propre dressing plutôt que des nouveautés.
D’autant que, contrairement à la fourrure qui s’autorise cette saison toutes sortes d’excentricités, les cols de l’automne-hiver 2026-2027 restent relativement fidèles à ceux aperçus l’an dernier. De quoi ressortir sans hésiter les pièces déjà acquises.

Car une nouvelle fois, le mot d’ordre est simple : plus le col se dresse, mieux c’est. Chez Jean Paul Gaultier, le directeur créatif Duran Lantik l’élève jusqu’au menton sur un long manteau pied-de-poule à la taille sculptée. Balenciaga et Pierpaolo Piccioli le poussent encore plus haut sur un blouson de cuir rouge flamboyant, porté sur le podium par le model Alex Consani.
Chez Vivienne Westwood, enfin, il prolonge une silhouette noire ultra-théâtrale, encadrant le visage avec toute la dramaturgie chère à la maison. Une tendance qui couvre autant qu’elle habille et qui, fait suffisamment rare pour être souligné, ne nous oblige pas à renouveler notre garde-robe pour rester dans le coup.
5. Grey : cinquante nuances de gris
Après les cols XXL, la fourrure excentrique ou encore le velours chaleureux, retour au calme. Avec pas moins de 3 669 occurrences dans les collections prêt-à-porter femme de l’automne-hiver 2026-2027, le gris s’érige parmi les teintes les plus incontournables de la saison. Une omniprésence qui signe aussi un certain retour au neutre et au minimalisme, comme pour contrebalancer un hiver particulièrement chargé en tendances fortes. Ni tout à fait noir, ni franchement coloré, il offre surtout un terrain de jeu bien plus vaste que sa réputation ne le laisse entendre…

Car du perle à l’anthracite, ses fameuses cinquante nuances n’ont jamais semblé aussi actuelles. Chez Miu Miu, le gris se fait presque bleuté et s’invite sur un vestiaire froid aux accents preppy. La marque sud-coréenne TIME 1993 le préfère plus foncé, voire profond, travaillé en carreaux sur de longs manteaux, des vestes textures et autres doudounes bouffantes. Chez Chanel, enfin, impossible de parler de gris sans passer par le tweed : la teinte neutre par excellence habille des tailleurs bourgeois, réveillés par quelques touches de couleur (comme dans ce look avec les boutons). La preuve que la tendance peut aussi se trouver dans la nuance…



