Jour 2 de la Fashion Week. Après de nombreuses présentations et défilés, la maison française Louis Gabriel Nouchi a pris d’assaut le Palais de Tokyo avec sa proposition automnale forte. Une collection, si l’on en suit le calendrier, allouée à l’homme, qui a pourtant placé la femme comme l’un de ses éléments clés. Décryptage.
Du George Orwell, façon Louis Gabriel Nouchi
En ce 22 janvier pluvieux, alors que la sphère mode commençait déjà à s’essouffler, Louis Gabriel Nouchi a profité d’un stop dans le 16e arrondissement de Paris pour y dévoiler ses silhouettes de l’automne-hiver 2025-2026.
Et comme il est, visiblement, de tradition dans ses rangs, cette dernière s’inspirait directement d’une œuvre littéraire. Grand lecteur, Nouchi avait notamment assuré à OniriQ dans une interview : « J’ai toujours lu énormément, donc c’est naturellement ma première source d’inspiration. J’aime que le postulat de la collection soit une image personnelle, pour ensuite jouer avec les archétypes et les stéréotypes qui permettront aux gens de réfléchir sur des choses déjà vues, ou de leur proposer une autre grille de lecture ».

La Mort à Venise de Thomas Mann, L’Amant de Marguerite Duras, et ainsi de suite. Pour la saison prochaine, l’homme à la moustache toujours soigneusement peignée a jeté son dévolu sur 1984 de George Orwell. Dans celle-ci, le personnage principal Winston Smith vit sous le joug d’un régime totalitaire qui surveille et contrôle chaque aspect de la vie, supprimant par la même occasion toute liberté individuelle. Alors qu’il rêve de rébellion et d’amour interdit, il découvre que personne n’échappe vraiment au pouvoir oppressant du Parti et de Big Brother.
Ce sont donc les quelques 448 pages du livre et sa morale qui ont servi de toile au fondateur et directeur artistique de la maison. « Comment cette date peut-elle symboliser la censure, la violence, mais aussi la quête acharnée de l’amour et de la liberté ? Ses thèmes résonnent avec une pertinence terrifiante aujourd’hui », ajoute-t-il dans un communiqué.

Son vestiaire de l’automne-hiver 2025-2026 prend donc, tout d’abord, un rôle d’armure ainsi que de refuge. Les manteaux et costumes, par exemple, couvrent nos corps, nos peaux et nos cicatrices profondes afin de les garder secrètes et de nous protéger de la société hostile. Un aspect, voire même un instinct, presque animal qui se traduit par des coupes et des matières brutes et sauvages : de larges épaulettes, du cuir vieilli ou ciré ainsi que quelques incorporations de fourrures et poils lisses.
Une pointe, quantifiable, de sensualité
Que serait une collection LGN sans son lot de nudité, de sensualité et de transparence ? On se le demande bien. Dans le même roman, le designer de 37 ans a identifié deux niveaux de lecture : l’un plus strict, que l’on retrouve comme déjà mentionné, et un autre dévoilant une atmosphère de sensualité interdite. Cette dernière l’a également beaucoup intéressé.

Tout naturellement, donc, on découvre dans les 41 looks beaucoup de jeu autour de ce thème. L’esthétique utilitaire des sous-vêtements militaires est brillamment reproduite, nous donnant plus qu’envie de les enfiler. La transparence se permet de montrer des zones érogènes, et les fentes et ouvertures dévoilent encore plus de peau. Avec ce « tournant » dans la collection, LGN nous rend cette fois vulnérables et sensibles, comme à son habitude.
LGN se met définitivement à la mode femme
Comme il l’avait précisé lors de notre rencontre en septembre dernier, pour son dossier dans le n°9 d’OniriQ Magazine, Louis Gabriel Nouchi souhaite développer encore plus le vestiaire féminin au cœur de sa ligne.
Jusqu’alors, il y avait une forte prédominance dans son homologue masculin, insérant timidement des silhouettes féminines. C’est désormais chose faite. Sur les 41 looks, 11 sont destinés à la femme. Mais tous restent inclusifs, comme le veut son mantra « radical, sensuel et inclusif ». Et une chose est sûre, avec ce défilé, il l’a plus que respecté.
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Retrouvez l’interview exclusive de LOUIS GABRIEL NOUCHI pour OniriQ Magazine dans le numéro 9 ou en ligne ici.



