Une édition qui marque un tournant… Initié il y a tout juste deux ans, le projet des défilés OniriQ par Dominique Busso peut se féliciter d’une 10e saison au sein de son berceau de toujours, Paris, capitale mondiale de la mode. Le 4 mars dernier, en marge de la Fashion Week, le magazine recevait ses hôtes au Pullman Paris Tour Eiffel, salon 10e Ciel, pour découvrir deux créatrices prometteuses, Diana Kassabov et sa marque américaine éponyme, ainsi qu’Abeer Stouhi et sa griffe libanaise, Glamoda. Toutes deux unies sur un point crucial, célébrer la femme sous toutes ses formes, dans toute sa pluralité et la richesse de ses expressions.
Diana Kassabov, par une femme pour toutes les femmes
Élevée dans une famille exclusivement féminine, modèle de longue date et engagée au sein de plusieurs organisations dédiées aux femmes, Diana Kassabov lance sa marque éponyme en 2019 avec une mission, sublimer les formes uniques et les personnalités vibrantes des femmes. Installée à Miami, en Floride, la créative d’origine mexicaine conçoit et développe des silhouettes à mi-chemin entre haute couture et prêt-à-porter pour ses clientes qui souhaitent être vues, renforcées et libérées.
3 questions à… Diana Kassabov
Votre marque se base sur l’émancipation féminine. Comment l’exprimez-vous à travers vos collections ?
Diana Kassabov : L’élégance chez une femme est essentielle. Mais parvenir à préserver cette élégance tout en embrassant sa sensualité relève de l’art. Cet équilibre se trouve toujours au cœur de ma façon de créer. Chaque pièce est pensée pour mettre en valeur l’élégance d’une femme tout en laissant son charme s’exprimer de manière fluide, naturelle et confiante.

Après le défilé, vous évoquiez ce mélange de cultures entre vos racines mexicaines et votre vie à Miami. Cette dualité influence-t-elle votre travail ?
D.K. : Ayant vécu en Floride pendant plus de la moitié de ma vie, ce foyer est devenu une part essentielle de mon identité. Pourtant, mes racines restent profondément ancrées au Mexique, où j’ai grandi entourée de couleurs vibrantes, de motifs complexes et de femmes fortes et inspirantes. Cet environnement précoce, riche de culture, d’art et de féminité, continue aujourd’hui d’influencer ma manière de percevoir la beauté et le design. Ma vision créative a toujours dépassé les frontières. Mes voyages et mon admiration pour les différentes cultures nourrissent inlassablement mes créations, donnant naissance à des pièces ouvertes sur le monde et profondément personnelles. Des pièces qui célèbrent la beauté, la confiance et l’esprit des femmes, partout.

Présenter votre collection dans le cadre des défilés OniriQ, et dans une ville comme Paris, signifie s’adresser à un nouveau public. Que représente cette plateforme pour vous en tant que designer ?
D.K. : Présenter ma collection à Paris, sous l’égide d’OniriQ, est extrêmement significatif pour moi. Pouvoir présenter mon travail dans une ville aussi emblématique permet à ma marque de s’adresser à un nouveau public et d’entrer en dialogue avec des personnes qui apprécient le design, l’artisanat et l’expression artistique. C’est une opportunité non seulement de dévoiler ma vision, mais aussi de partager l’histoire de ma marque avec une communauté internationale. C’est une expérience très stimulante, présenter à Paris me pousse à élever encore davantage mon art.
Confectionnée dans un tissu floral complexe superposé à un organza transparent, cette pièce se pare d’une coupe mini structurée associée à une traîne fluide pour célébrer la puissance de la ligne féminine.

Abeer Stouhi – Glamoda : Individualité, force et authenticité
Ancienne assistante sociale, Abeer Stouhi s’affaire depuis 2018, avec sa marque Glamoda, à rendre le pouvoir aux femmes. Pour cette nouvelle saison aux côtés d’OniriQ, la créatrice libanaise dévoile sa collection « Black Tulip ». Une consécration, un symbole, qui s’inspire de toutes les femmes, de la transformation et de l’idée que la beauté se manifeste à tout âge et sous toutes ses formes.
3 questions à… Abeer Stouhi
Dans votre dernière collection, intitulée Black Tulip, vous dites célébrer toutes les facettes de la féminité. Y en a-t-il une en particulier à laquelle vous vous identifiez le plus ?
Abeer Stouhi : Dans la collection, nous célébrons les divers aspects de la féminité, la force, l’élégance, la résilience et l’individualité. Chaque vêtement reflète ici non seulement la beauté, mais aussi les histoires des femmes qui les portent, des histoires de défis surmontés et d’acceptation de soi. En tant que designer, c’est sans doute la notion de résilience qui résonne le plus en moi.

Pourquoi avoir choisi la tulipe noire comme signature de votre collection ? Quelle en a été l’inspiration principale ?
A.S. : La tulipe noire s’est imposée comme un symbole central en raison de son histoire riche et de ses multiples significations. Mon inspiration est née de l’idée que, tout comme cette fleur rare, les femmes incarnent différentes strates de complexité, mêlant grâce et profondeur. J’ai voulu illustrer ces parcours de transformation que chaque femme traverse au cours de sa vie.

Depuis le lancement de votre marque, Black Tulip semble être votre proposition la plus aboutie. Diriez-vous que vous avez atteint une étape cruciale ?
A.S. : Je suis touchée que Black Tulip soit perçue comme une étape importante dans le parcours de Glamoda. Au fil des années, l’évolution de mon label a été une expérience très enrichissante. Je pense que nous avons atteint un moment particulier, que l’on pourrait décrire comme une éclosion. Cette collection représente la synthèse de tout ce que nous avons appris, des inspirations accumulées et de notre croissance. Black Tulip marque non seulement un point fort en matière de création et de design, mais elle incarne aussi les valeurs que j’ai toujours souhaité partager avec notre public.
Cela dit, si cette collection représente un accomplissement important, je la vois également comme une étape vers de nouvelles explorations. Tout comme une fleur continue de s’épanouir sous différentes formes, je suis impatiente de découvrir ce que l’avenir réserve à la marque. Chaque collection est un voyage, et j’ai hâte de continuer à repousser les limites et à célébrer, à travers la mode, l’évolution constante des femmes.

Un article écrit par Tom Kuntz, à retrouver dans le numéro 15 de Oniriq Magazine.



