« De forts vents balaient les printemps japonais », précise la maison nippone. Ce mardi 24 juin, Auralee nous invitait à découvrir sa collection homme pour le printemps-été 2026. Entre richesse des textures et légèreté aérienne, les silhouettes se détachent doucement de l’hiver et incitent à relâcher un peu la pression à l’arrivée de la belle saison. Voici l’essentiel en bref à retenir du défilé.
Une transition saisonnière, signée Auralee
Alors que sa dernière collection pour l’automne-hiver nous couvrait de mohair pour nous tenir chaud, la nouvelle, elle, nous ouvre les portes du léger à la mi-saison. Ryota Iwai, fondateur et directeur artistique, parle d’une période d’expérimentation libre devenant un véritable moteur créatif. Le printemps s’imagine désormais comme un vent nouveau, venant chasser la saison hivernale, tellement fort qu’il nous fait perdre l’équilibre.

Avec lui (comprenez le vent), les silhouettes se superposent de manière inattendue dans un jeu de textures et de nuances. Les tenues sont, ici, « demi-pensées » comme si l’on s’était empressé de les passer : un pull qui se noue en cross-body, une culotte enfilée façon no pant et un trench pour dissimuler nos dessous. Certains diront qu’il s’agit là d’oublis ou même de désordre, mais bien au contraire.

Les matières, souvent un point majeur de l’art d’Auralee, restent plurielles. À bas le lin et autres matériaux ultra-respirants convoités en été, on préfère désormais le cachemire, la soie et la traditionnelle laine. La palette chromatique, elle, ne fait que renforcer l’aspect sensoriel de la collection : une mutation du climat, passant des tons sombres (gris, noir, etc.) à des teintes plus joviales et ensoleillées (jaune beurre, rouge, bleu ciel).
Un pied dans le swimwear
Toujours dans cette idée d’été promis et enfin dû, les lignes s’allègent, les volumes s’ouvrent, et l’inspiration balnéaire s’impose comme une évidence pour le créateur. Avec cette envie d’évasion, il décline tout un panel de pièces assez nues. Ce qui n’est pas habituel à son art.
On ne parle pas de nudité au sens propre du terme, mais davantage de références au swimwear filtrées par l’élégance et la discrétion, toutes deux propres à la maison. Les hauts deviennent plus fluides et courts, les pantalons s’assouplissent, les superpositions forment des vagues, et ainsi de suite. Pour nous, la silhouette imageant le mieux cet élément est de loin la robe en organza presque translucide du look 41.

Côté accessoires, tout évoque le bord de l’eau, mais transposé à la ville : bobs souples, bonsaïs à cordon pour transporter son maillot, sandales artisanales en cuir de veau conçues pour arpenter aussi bien les plages que les pavés urbains. Loin du cliché estival, Auralee et Ryota Iwai proposent une collection en apesanteur, où l’idée de vacances devient un état d’esprit plutôt qu’un simple lieu.



