La rose de Mai, star de la fragrance Miss Dior Rose Essence

La rose de Mai, star de la fragrance Miss Dior Rose Essence

C’est à Grasse, dans le sud de la France, que la maison Dior sélectionne les plus belles roses de Mai pour composer son jus millésimé “Récolte 2021”. Une terre réputée pour ses cultures de fleurs à parfum, à laquelle Christian Dior himself était particulièrement attaché.

Lorsqu’en 1951, Christian Dior fait l’acquisition du château de la Colle noire, à Montauroux, en pays grassois, le créateur-parfumeur scelle son histoire à celle d’une terre avec laquelle il entretient une relation particulière. En effet, si la famille Dior est d’origine normande, c’est bien en Provence qu’elle s’installe en 1935 en pleine dépression économique. Plus tard, pendant l’Occupation, Christian Dior s’y installe à son tour avec ses proches. Il y cultive même ses légumes pour faire face aux épisodes de disette. Si, au sortir de la guerre, le couturier s’installe à Paris et débute son ascension dans l’univers de la mode, une partie de ses pensées est occupée par son rêve provençal, auquel il ne tardera pas à donner vie.

La rose de mai, star de la fragrance Miss Dior Rose Essence

Sur cette terre de douceur, l’imposant domaine se transforme sous la patte du créateur, qui n’a de cesse de planter des centaines d’amandiers, plus d’une trentaine de cerisiers, mais aussi des champs entiers d’oliviers. Autre préoccupation du maestro du vêtement, celle de renouer avec la tradition séculaire des fleurs à parfum. Au château de la Colle noire, il y cultive le jasmin grandiflorum, la rose de Grasse, mais aussi le lavandin, à l’aide d’une équipe d’ouvriers agricoles de la région. Dans les années 50, la région de Grasse connaît son âge d’or grâce à la culture de plantes à fleurs prospère, qui fait alors sa réputation. Une période qui laisse place à un chapitre plus mouvementé, où les cultivateurs dé- laissent la terre. Aujourd’hui, la région de Grasse ne compte plus que quelques cultivateurs de Jasminum grandiflorum et guère qu’une vingtaine de cultivateurs de Rosa centifolia.

En soutien au savoir-faire grassois, plusieurs acteurs se mobilisent. Parmi eux, citons l’association les Fleurs d’exception du pays de Grasse, qui orchestre depuis plus de dix ans un véritable renouveau en regroupant des passionnés qui se consacrent à la production de fleurs d’exception, et la maison Dior, dont l’engagement a été incarné par François Demachy, l’ancien nez de la griffe parisienne. Qui mieux qu’un enfant du pays pour accompagner le retour aux sources de la maison de luxe ? En 2016, la maison de parfum Dior réinvestit la Colle noire et lui redonne toute sa splendeur passée en répliquant la décoration  imaginée par Christian Dior et en recréant son jardin, mais aussi en replantant des roses de Grasse.

La rose de mai, star de la fragrance Miss Dior Rose Essence

Des fleurs Dior pour des parfums d’exception

Animé par la volonté d’offrir aux parfums Dior les plus belles fleurs en signature, François Demachy multiplie les rencontres avec les cultivateurs. C’est à cette occasion qu’il fait la rencontre en 2006 de Carole Biancalana, l’héritière du domaine de Manon, où sa famille cultive les fleurs à parfum depuis plus de trois générations. « Moi qui avais déjà été approchée par d’autres maisons sans que je donne suite, j’ai eu cette fois- ci la conviction de rencontrer un véritable créateur. Et de m’engager avec une véritable maison de parfum, dont les exigences correspondent aux miennes », se souvient Carole Biancalana. Lié à la maison Dior par un partenariat exclusif, le domaine de Manon leur réserve désormais la totalité des récoltes des 3 hectares de jasmin grandiflorum et de roses centifolia. Ce qui fait la spécificité de cette fleur, encore appelée rose de mai ou rose de Grasse ? Son parfum à la fois subtil et puissant, dont les notes florales développent un côté « miellé ». Une fleur fragile dont la récolte, qui s’étale de mai à début juin, nécessite une attention constante. En effet, la rose de mai doit être récoltée le jour de son éclosion pour être utilisée.

La rose de mai, star de la fragrance Miss Dior Rose Essence
Carole Biancalana, à la tête du domaine de Manon 

De son côté, le jasmin royal de Grasse ou jasmin « à grandes fleurs » se récolte de la mi-juillet jusqu’à environ mi-octobre. Une période durant laquelle les champs s’illuminent de milliers de minuscules étoiles blanches odorantes, qu’il faut cueillir dès l’aube après qu’elles se sont épanouies durant la nuit. Le jasmin de Grasse possède « un arôme floral intense mais qui n’est pas entêtant. Plein de caractère mais plus facetté que toutes les autres variétés de jasmin au monde », explique Carole Biancalana. Autre domaine à fournir en exclusivité la maison Dior, le clos de Callian s’est spécialisé dans la rose de mai. Formée à la culture des fleurs par Carole Biancalana, Armelle Janody est une écologiste convaincue. Sur ses terres certifiées bio, elle choisit par exemple de planter du trèfle qui, tel un engrais vert, fertilise à la saison froide les sols qui accueillent ses plantes. Autant d’initiatives qui incarnent le renouveau grassois.

Au-delà de la fourniture de matières premières d’exception, la maison Dior a noué des liens privilégiés avec ses cultivatrices. C’est en symbiose avec elles que la maison de luxe façonne une rose de Grasse et un jasmin grandiflorum « sur mesure » pour les fragrances signatures. Dernièrement, la maison Dior s’est lancé un nouveau défi, celui de distiller la totalité de la récolte 2021 des roses de mai du domaine de Manon pour en recueillir l’eau de rose. En manière d’hommage aux nuances uniques de la reine de Grasse, Miss Dior Rose Essence séduit avec ses notes mixant les nuances rafraîchissantes de l’eau de rose à celles plus tapissées de vétiver, de patchouli et de gaïac puissant. Un jus signature, empreint de naturalité, qui saisit en un flacon toute la beauté d’un printemps grassois. Et accomplit, à sa manière, le rêve d’un couturier également parfumeur.

Article écrit par Marie-Caroline Selmer, à retrouver dans le n°1 d’OniriQ Magazine.

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