Dimanche dernier à Suzuka, Kimi Antonelli remportait le Grand Prix du Japon pour la deuxième victoire consécutive de sa carrière, et devenait du même coup le plus jeune pilote de l’histoire à mener le championnat du monde de Formule 1. Dix-neuf ans. Le bac à peine en poche, et déjà une place dans les livres d’histoire.
Andrea Kimi Antonelli est né le 25 août 2006 à Bologne, en pleine « Motor Valley » italienne, entre Ferrari, Lamborghini et Ducati. Son père Marco est un ancien pilote professionnel et fondateur d’Antonelli Motorsport. La légende familiale veut qu’il ait tenu un volant pour la première fois à deux ans, assis sur les genoux de son père. Certains naissent avec une cuillère en argent. Lui, c’était un volant.
Une ascension hors norme
Antonelli commence le karting à 7 ans, intègre le Mercedes Junior Team à 12, et enchaîne les titres : champion d’Italie et d’Allemagne de Formule 4 en 2022, champion d’Europe de Formule Régionale en 2023. Mercedes décide de brûler les étapes de la Formule 3 et le propulse directement en Formule 2. Quand Lewis Hamilton annonce son départ pour Ferrari, le siège se libère naturellement. Antonelli remplace le septuple champion du monde aux côtés de George Russell. Il n’a même pas encore son permis à ce moment-là, qu’il passera quelques semaines à peine avant ses débuts en F1.

Sa première saison en Formule 1 débute fort. Dès ses débuts en Australie, sous la pluie, il remonte de la seizième à la quatrième place, devenant le deuxième plus jeune pilote de l’histoire à marquer des points. Mais l’Europe se révèle plus difficile : à Imola, son Grand Prix à domicile, le week-end est compliqué. S’ensuivent des accrochages, des pénalités et quelques week-ends à oublier.
La renaissance vient à Silverstone, puis au Brésil, où il finit deuxième en étant plus rapide que Russell tout le week-end. Au total : 150 points, le plus haut total jamais atteint par un rookie (première saison en F1) sous le système actuel.
Hors du cockpit, Antonelli déroute : discret, peu présent sur les réseaux, il préfère le simulateur et les moments en famille à Bologne. En mai 2025, il avait invité toute sa classe dans le paddock d’Imola. Adorable.
2026 : la montée en puissance
La nouvelle saison 2026 confirme d’emblée les espoirs placés en lui. Dès l’ouverture en Australie, Antonelli impressionne : il termine deuxième derrière George Russell, à seulement trois secondes, offrant à Mercedes un doublé face aux Ferrari de Leclerc et Hamilton. Deuxième, mais déjà impressionnant.
Deux semaines plus tard, en Chine, il passe à la vitesse supérieure : il s’empare de la pole position, et s’impose pour sa première victoire en Formule 1, devenant du même coup le deuxième plus jeune vainqueur de l’histoire de la discipline. Mercedes signe alors un début de saison parfait, avec deux succès en deux courses.
Un sang-froid remarquable
Pour le grand prix 2026 de Suzuka, tout commence pourtant très mal. Parti en pole, il chute au sixième rang dès le premier virage. Mais il remonte méthodiquement, profite d’une voiture de sécurité pour s’arrêter gratuitement aux stands, et s’envole vers la victoire avec 14 secondes d’avance. En franchissant la ligne, il hurle de joie sans retenue. Il est le premier pilote italien à mener le championnat depuis Fisichella en 2005, et bat le précédent record de précocité de près de trois ans.
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Avec 72 points au compteur et neuf longueurs d’avance sur son coéquipier George Russell, Antonelli aborde maintenant un mois d’avril sans course, les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie Saoudite ayant été annulés. Miami le 3 mai sera donc le prochain rendez-vous.

Lui, pourtant, garde la tête froide : encore trop tôt pour se projeter vers le titre, même si la dynamique joue clairement en sa faveur. La saison est longue, mais une certitude s’impose déjà : la Formule 1 ne tient pas seulement un talent prometteur, elle a peut-être trouvé son prochain visage.



