Photographe et artiste aux inspirations cinématographiques, Julien Drach s’attaque à une thématique universelle : la trace laissée par les civilisations passées. Roots of Heaven est une suggestion entre la grandeur d’Athènes, berceau de la philosophie et de l’art classique, et la profondeur de Pompéi, figée sous les cendres du Vésuve depuis 79 apr. J.-C. Avec son approche argentique et Polaroïd, le photographe réinvente la mémoire visuelle de ces sites, oscillant entre réalisme et onirisme. La texture du grain, le flou poétique et les contrastes accentués révèlent une nouvelle lecture, plus intime, de ces ruines immortelles.

Quand l’image fait rage
Athènes et Pompéi sont deux visages du passé, témoins d’une humanité entre l’éclat public et la disparition. À Athènes, Julien Drach sonde les temples majestueux de l’Acropole, les colonnes corinthiennes et les jeux de lumière qui sculptent la pierre. Des clichés qui révèlent la persistance d’une culture qui continue d’influencer notre monde contemporain.
À Pompéi, en revanche, le silence domine. Ici, la photographie devient archéologie visuelle. Les fresques effacées, les mosaïques morcelées, les statues à demi ensevelies rappellent la précarité de l’existence. Par l’ombre et la lumière, J. Drach sublime ces lieux fantomatiques, nous questionnant sur notre propre rapport au temps et à la mémoire. Le noir et blanc prend alors tout son sens.

C’est dans l’écrin de la Galerie Anne-Sophie Duval, haut lieu des arts décoratifs du XXe siècle, que cette série trouve toute sa résonance. Nichée dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, cette galerie parisienne récemment repensée par l’architecte Sylvain Dubuisson perpétue sa soif de découverte. Avec Roots of Heaven, elle inaugure une nouvelle ère en proposant un espace dédié à la photographie contemporaine.



