Claire Tabouret, artiste contemporaine majeure, dévoile au Grand Palais 6 vitraux pour Notre-Dame

artiste Claire Tabouret vitraux Notre-Dame exposition Grand Palais
artiste Claire Tabouret vitraux Notre-Dame exposition Grand Palais

Claire Tabouret, artiste contemporaine majeure, dévoile au Grand Palais 6 vitraux pour Notre-Dame

Figure majeure de l’art contemporain français installée à Los Angeles, Claire Tabouret dévoile au Grand Palais les maquettes grandeur nature des six vitraux qu’elle crée pour Notre-Dame de Paris. Un moment rare : l’artiste ouvre au public l’atelier de cette commande historique, prolongeant sa réflexion sur la lumière, l’intime et le paysage intérieur.

Il y a, dans l’œuvre de Claire Tabouret, quelque chose comme un battement. Un souffle qui gonfle et se retire, un va-et-vient incessant entre l’extérieur et l’intérieur : les paysages que l’on croit reconnaître, et ceux, plus secrets, que l’artiste ne cesse de fouiller. Installée à Los Angeles depuis six ans, représentée par la galerie Perrotin et devenue l’une des figures incontournables de la scène contemporaine féminine, Tabouret voit cette fin d’année marquer un tournant : le Grand Palais lui consacre une exposition qui révèle, pour la première fois, les coulisses d’un projet d’envergure nationale.

Portrait de Claire Tabouret / photo © Aleskey Kondratyev / œuvre © Claire Tabouret
Portrait de Claire Tabouret / photo © Aleskey Kondratyev / œuvre © Claire Tabouret

Les travaux des vitraux pour Notre-Dame de Paris de l’artiste Claire Tabouret au Grand Palais 

Du 10 décembre 2025 au 15 mars 2026, l’artiste investit la galerie 10.2 du Grand Palais avec D’un seul souffle, dévoilant les maquettes grandeur nature, les esquisses et les travaux préparatoires des six vitraux contemporains qu’elle réalise pour Notre-Dame de Paris, en association avec l’atelier Simon-Marq, un atelier multi-centenaire fondé en 1640. Un chantier hors norme, lancé après sa désignation en décembre 2024 par le ministère de la Culture, et qui constitue l’un des chapitres les plus attendus de la reconstruction de la cathédrale.

Cette invitation, en pleine renaissance d’un monument iconique, donne à l’exposition du Grand Palais une actualité particulière. Elle installe Tabouret dans un rôle inédit : celui d’une artiste dont le geste intime devient part d’un récit patrimonial collectif. Et elle offre au public un privilège rare : voir l’œuvre avant qu’elle ne devienne lumière, avant qu’elle ne prenne place dans la nef sud, haute de près de sept mètres par baie.

Claire Tabouret © Claire Tabouret / photo Nathan Thelen, 2025
Claire Tabouret artiste © Claire Tabouret / photo Nathan Thelen, 2025

La scénographie imaginée par Jean-Paul Camargo recompose l’atmosphère d’un atelier encore en mouvement. Dans un Grand Palais rénové, c’est une sorte d’antichambre du sacré qui s’ouvre : un lieu où la lumière n’est pas celle du vitrail achevé mais celle, fragile et vibrante, de l’image en train de naître. On y voit la cinquantaine de fragments assemblés pour chaque baie, rosaces, pièces de couleurs vives, motifs sériels, et l’on comprend, physiquement, ce que signifie fabriquer un vitrail au XXIᵉ siècle.

Pour ce projet, Tabouret a travaillé avec la technique du monotype, qu’elle pratique depuis des années : peinture à l’encre sur plexiglas transparent, impression à l’envers, jeu de pochoirs pour obtenir des contours nets. Une méthode qui, dans son imperfection assumée, fait écho à l’esprit même du vitrail : transparence, traces du geste, vibration de la couleur. La palette, volontairement vive mais équilibrée, respecte les prescriptions destinées à préserver la lumière blanche de Notre-Dame.

Le thème choisi par l’archevêché de Paris, la Pentecôte, symbole d’unité et d’harmonie, résonne avec les préoccupations de l’artiste. « On vit dans un monde tellement divisé, chaotique, effrayant… », dit-elle. Elle y répond par des images qui cherchent l’élan commun, ce « souffle partagé » capable de relier des hommes qui ne parlent pas la même langue. Dans ce contexte, l’exposition devient aussi un espace politique discret : une invitation à regarder ce qui rassemble.

En parallèle de ce chantier monumental, D’un seul souffle éclaire la continuité du travail de Tabouret. Ses toiles sur fausse fourrure pour « paysages intérieurs » 2021, absorbant la peinture comme une éponge, témoignent d’une période de retrait intérieur. « C’est là, dans cette isolation de temps à l’intérieur, que je me suis mise à peindre l’extérieur », expliquait-t-elle.

Au Grand Palais, ce jeu entre intérieur et extérieur prend une dimension nouvelle : ce qui relève de l’atelier comme l’esquisse, l’essai, l’erreur, ou la matière brute, entre dans l’institution. Le geste intime devient public. Le brouillon devient exposition. Et l’on assiste à ce moment rare où l’artiste, au lieu de présenter un résultat, montre le travail en train de se faire.

A travers la réouverture progressive de Notre-Dame, cette exposition apparaît comme l’un de ses chapitres sensibles. Claire Tabouret n’y dévoile pas seulement un projet : elle ouvre une porte sur un processus. Et rappelle, par ce souffle continu qui traverse ses paysages de fourrure comme ses vitraux monumentaux, que toute lumière vient d’un espace intérieur.

“D’un seul souffle” à la galerie 10.2 du Grand Palais, du 10 décembre 2025 au 15 mars 2026

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