Au cœur de l’opéra de Dubaï transformé pour l’occasion en Villa Zegna, Zegna présentait son défilé été 2025 imaginé par le designer et directeur artistique Alessandro Sartori. Inspirés par l’héritage d’Ermenegildo Zegna, fondateur de la maison, les looks téméraires se sont dévoilés sous les yeux d’un parterre d’invités à l’instar des acteurs Roman Coppola et Mads Mikkelsen, égéries et amis de longue date.
Rythmé par la voix du chanteur James Blake, le spectacle se voulait à la fois grandiose et ancré dans la réalité. Un show où chaque silhouette repousse les frontières de l’art sartorial. Véritable seconde peau, le vêtement fait ici partie intégrante de nos vies quotidiennes et se fond en couleurs sableuses dans une odyssée inoubliable, ode à la mode masculine…
Une expérience Zegna à part entière
Pour Zegna, le défilé été 2025 se voulait comme un hommage à l’Oasi Zegna, une zone naturelle située dans le Piémont en Italie, créée par son fondateur Ermenegildo Zegna dans les années 1990. Le magnat du textile souhaitait construire de nouvelles infrastructures au cœur de son village d’origine créant au passage un paradis de verdure. Quelques décennies plus tard, Alessandro Sartori troque le territoire italien pour les monuments artificiels émiratis, transition étonnante mais stratégique. Dans l’opéra de la ville, la collection Zegna envahit cette serre sous cloche tout en instaurant une profondeur nouvelle entre le vêtement et celui qui le porte.
Avec une certaine retenue, Alessandro Sartori imagine 58 looks à la frontière du costume et de la tenue de globe-trotteur. Sans détour, il tisse une toile organique, fidèle aux origines de Zegna. Les matières sont travaillées à travers divers processus : lavages, froissages intenses, couleurs distillées. Le vêtement semble affecté par le temps, devenant un symbole à part entière du passage de l’humain sur terre.
La liberté devient le fil conducteur de pièces nonchalantes et amples où le corps est libre de ses mouvements. « Il existe une culture de l’habillement, une manière juste et insouciante de se vêtir, qui, selon moi, incarne cette tonalité italienne singulière que je souhaite préserver comme notre signature », développe Alessandro Sartori.

Un vestiaire terreux pour l’aventure
Chez Zegna, la silhouette est déconstruite mais recherchée. Une sorte de « coiffé, décoiffé » où le pointu se mêle au naturel. Les vestes sont aussi légères que des chemises à l’instar de l’iconique veste Il Conte en lin, déclinée en une version carrée. La maison italienne parvient à se faire apôtre du décontracté à travers ses fameuses chemises Nehru à double épaisseur et ses bermudas portés sous des manteaux d’été structurés. Côté détail, la rayure se veut omniprésente, rappelant avec amusement les pyjamas et les draps d’une maison. Avec poésie, Alessandro Sartori revendique la légèreté et transfère le concept dans des blousons poids plume qui se portent aussi bien en hiver qu’en été.
Dans le sillon du vestiaire utilitaire, les blazers déconstruits se ferment en bas avec deux boutons tandis que les chemises-anoraks se muent en diverses versions, y compris en maille. Brouillant les frontières entre l’extérieur et l’intérieur, entre le tailleur et la chemise, Zegna s’amuse avec les règles et plus globalement avec la mode.
Sans tirer un trait sur les intemporels qui ont fait sa renommée, la veste saharienne notamment, le label d’exception apporte une touche contemporaine essentielle grâce à des accessoires raffinés : mocassins souples, chaussons, lunettes de soleil enveloppantes et sacs spacieux. S’ajoute à cela une palette de couleurs sobres (olive, cognac, beurre) et de matières nobles (lin, soie, cuir tricoté). Entre les Alpes italiennes et le désert de Dubaï, Zegna a su naviguer avec brio entre l’ancien et le moderne via une collection estivale ancrée dans son époque.




