L’expert de l’eyewear berlinois Mykita prend ses (nouveaux) quartiers au bord de la rivière Spree

L’expert de l’eyewear berlinois Mykita prend ses (nouveaux) quartiers au bord de la rivière Spree
©MYKITA HAUS / ONIRIQ MAGAZINE / TOM KUNTZ

L’expert de l’eyewear berlinois Mykita prend ses (nouveaux) quartiers au bord de la rivière Spree

À l’occasion de son déménagement de taille, OniriQ est parti à la découverte de la toute nouvelle Mykita Haus. Sur le bord de la rivière Spree, à Berlin, un endroit où héritage rencontre ingénierie et sens de l’humain.

Le début d’une nouvelle ère… La maison de design berlinoise Mykita, pionnière dans l’innovation de la lunetterie, lève le voile et annonce le déménagement de son siège emblématique. Après plus de deux décennies de savoir-faire artisanal, la Mykita Haus s’étend encore plus et assure, à sa façon, l’avenir prospère de la marque ainsi que de ses créations. Explications et entretien avec son fondateur, Moritz Krueger.

La Mykita Haus, dans la lignée de la maison

Reprenant le concept de réunir tous les départements sous un même toit, la première Mykita Haus était célèbre pour être installé dans une ancienne garderie, Kita en allemand, d’où le nom My Kita. De Brunnenstrasse, à Ritterstrasse, le chemin de la marque s’arrête désormais en plein cœur de Berlin à Köpenicker. En entrant dans ce bâtiment historique en briques rouges, l’intérieur de quelque 3 800 mètres  carrés est presque immaculé. À l’image de son esthétique à la fois épurée et innovante, son fondateur Moritz Krueger a souhaité un espace neutre, dépourvu de fioritures, où la créativité peut s’exprimer sur une toile blanche.

L’expert de l’eyewear berlinois Mykita prend ses (nouveaux) quartiers au bord de la rivière Spree
Le siège MYKITA HAUS, situé au cœur de Berlin le long de la rivière Spree, où deux décennies de savoir-faire, d’expertise en design et de fabrication avancée se réunissent sous un même toit. – ©MYKITA

Depuis le lancement de sa marque en 2003, il n’avait encore jamais connu un tel lieu pour lui et ses équipes. Ce nouvel emplacement, situé le long de la rivière Spree, représente alors bien plus que de simples bureaux. Érigée au rang de siège, la bâtisse est un point culminant de l’évolution de sa marque. Un même toit, où ils feront ensemble progresser et prospérer la lunetterie autour de leurs préoccupations actuelles et immémoriales. Soit, comprenez, une fabrication durable et locale réduisant son impact sur l’environnement avec un mode de production intégré. 

« La Mykita Haus est un élément fondamental de notre approche interdisciplinaire de la Manufacture Moderne ainsi que notre principale source d’inspiration », déclare le créateur. « Pour nous, ce nouvel endroit est la base de notre “cuisine”, un endroit où nous affinons nos ingrédients, cultivons notre intelligence de fabrication et nous réunissons pour le plaisir et l’échange créatif. Ce nouvel espace s’inscrit dans la lignée de notre maison, qui crée son propre chemin, et dans la représentation de notre futur potentiel. Ici, nous réaliserons nos ambitions tout en restant connectés à notre essence et à l’esprit audacieux propre à Berlin. »

L’expert de l’eyewear berlinois Mykita prend ses (nouveaux) quartiers au bord de la rivière Spree
Depuis son espace de travail optimisé, la manufacture moderne de MYKITA continue d’affiner son modèle de production intégré pour répondre à une demande mondiale croissante, tout en préservant son éthique « fait-main à Berlin ». – ©MYKITA

Une balade artisanale

De pièce en pièce, OniriQ s’est amusé à découvrir chacun des rôles cruciaux aboutissant à nos lunettes fétiches. Environ 110 artisans qualifiés et un effectif total de 350 personnes prônent tous l’importance de cet ADN du « fait-main à Berlin ». Du développement des collections avec les différents designers et modélisateurs, on s’exile à la découpe du métal ainsi qu’au polissage de l’acétate. En traversant un long couloir d’établis, on rencontre ceux qui donnent la forme à l’objet et ceux qui assemblent chaque pièce à la main en s’assurant de leur résistance et de leur perfection.

L’expert de l’eyewear berlinois Mykita prend ses (nouveaux) quartiers au bord de la rivière Spree
Vue sur le « Frontentisch » et la « Bügelstrasse » : deux stations où les faces et les branches des montures en acier inoxydable MYKITA sont façonnées. – ©MYKITA

Ensuite, une fois la paire de lunettes montée, une autre équipe est mise à contribution avec notamment la taille des verres et leur vérification. De-ci, de-là, les « petites mains » expertes s’activent et se coordonnent dans une chaîne vivante à taille humaine dédiée à la lunetterie. Sans aucun doute, la plus belle chose à propos de la maison Mykita. 

L’expert de l’eyewear berlinois Mykita prend ses (nouveaux) quartiers au bord de la rivière Spree
©MYKITA

Dans un tout autre genre, loin des machines et autres outils, on découvre une grande showroom où les lunettes trônent comme des trophées. Éclairée par de grandes verrières, la dernière collection de la maison s’installe, nous donnant envie d’essayer chacun de ses modèles. Un corner plus loin, les pièces d’archives racontent l’histoire de la maison et ses collaborations les plus iconiques : Maison Margiela, Ambush, Helmut Lang, Martine Rose, Moncler, et ainsi de suite.

La dernière en date n’est d’ailleurs pas des moindres. Pour un total de quatre modèles, chacun dans ses déclinaisons de couleurs, le spécialiste de l’eyewear a fait confiance à l’un de ses collègues berlinois : la marque O32C. Un mélange littéralement exquis de design et de mode, combiné dans différentes paires que l’on veut sur le bout du nez au plus vite.

 

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« Être honnête dans ce que l’on fait, c’est ce qui fait toute la différence »

Après une visite détaillée de ses nouveaux locaux, chers à son cœur, nous nous sommes entretenus avec Moritz Krueger, à la tête de Mykita. Dans son studio de design, tapissée de lookbooks et autres schémas, il a répondu à nos questions sur l’importance de l’artisanat, les dangers de la production de masse ainsi que la concrétisation de la Mykita Haus.

OniriQ : Depuis 2003, vous placez l’entièreté de votre essence sur la production éthique et berlinoise de vos lunettes. Après plus de 20 ans d’activité, quels sont pour vous les atouts de Mykita dans un secteur aussi compétitif ?

Moritz Krueger : À mon sens, si on est honnête dans ce que l’on fait, c’est ce qui fait la différence. Nous sommes une marque authentique. Les gens le remarquent et nous aiment justement pour ça. De nos jours, et de plus en plus, les gens font attention à la provenance et à la durabilité des pièces qui les entourent pour acheter moins, mais mieux.

Dans l’histoire et la conception de Mykita, nous avons toujours essayé de nous améliorer et de proposer les meilleurs produits possibles. Aujourd’hui, cette combinaison d’artisanat, de nouvelles technologies et de conscience est rare dans le monde de l’eyewear, et nous nous démarquons grâce à cela. 

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Chaque pièce passe par environ 15 points de contrôle qualité, où elle est évaluée sur ses aspects matériels, fonctionnels et esthétiques à différentes étapes. – ©MYKITA

La production de masse d’autres marques représente-t-elle un danger pour la prospérité de votre marque ? Ou du moins pour le marché de la lunette ?

M.K : Je sais comment la production de masse fonctionne et évolue. Et ce n’est pas grave, chacun peut avoir sa place sur le marché. Si, en tant que marque, vous ne vous concentrez que sur la rapidité, le prix de production et la rentabilité absolue, vos produits seront en adéquation avec ces valeurs.

Chez Mykita, ce qui nous importe réellement n’est pas tant la mode, mais surtout le design. C’est une toute autre façon de voir la lunette. Dans notre monde qu’est la lunetterie, nous sommes l’une des seules compagnies à tout produire nous-mêmes. Nous sommes évidemment dans une compétition sans fin, mais je suis très confiant quant à notre place sur le marché et la plus-value que nous apportons.

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Moritz Krueger – ©MYKITA

Au-delà de l’artisanat qui vous est loué, n’est-ce pas difficile de rester compétitif face à toute cette automatisation ou à ces autres grandes maisons de luxe qui se lancent dans l’eyewear ?

M.K : Tout se développe très vite. Surtout maintenant, quand on regarde en arrière depuis notre propre lancement. Pour rester attractifs, quand on réfléchit à un nouveau modèle, on essaie toujours d’être irréprochable sur chaque point : de la résistance de la structure, à sa légèreté que l’on a acquise grâce aux avancées technologiques, jusqu’à son esthétique.

Nous collaborons également avec d’autres grandes compagnies (domaines de l’art, de la mode et de la musique, ndlr). Certaines collaborations sont faites pour partager notre sens de l’art, comme par exemple notre dernière avec O32C. D’autres alliances sont beaucoup plus techniques, nous permettant d’élever encore notre niveau ensemble, notamment avec Leica et ses optiques de haute qualité.

Allons-nous, enfin, avoir notre propre magasin Mykita à Paris ?

M.K : Oui ! Je peux vous confirmer que c’est vraiment en haut de notre liste d’envies pour Mykita. Il faut simplement laisser le temps à tout le processus…

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