Sur les pavés humides de Londres, la nuit devient un terrain de jeu stylistique où le tailoring se mêle au streetwear et où les classiques de la maison se dérèglent avec élégance. Lors de la Fashion Week de Londres, qui s’est tenu du 19 au 23 mars, Burberry a clôturé la saison avant de donner le flambeau à Milan avec sa collection automne-hiver 2026.
Entre silhouettes affûtées, trenchs portés comme accessoires et cuir brillant sous les réverbères, Daniel Lee propose une vision ultra contemporaine du vestiaire du soir, portée par la bande son signée FKA Twings. À la suite du show, OniriQ retient 5 looks en particulier, qui concentrent à eux seuls tout le souffle de cette nouvelle vision de la nuit londonienne, et les voici.
Ces 5 looks qui ont marqué la rédaction
Avant d’entrer dans le vif du sujet, un contraste s’impose. Là où l’hiver 2025 de Burberry mettait en scène une parenthèse hors de la ville, nourrie par l’imaginaire de la campagne et de l’outdoor, l’hiver 2026, lui, recentre le propos sur un vestiaire beaucoup plus immédiat, luxueux et mondain.
Sous la direction de Daniel Lee, les pièces gagnent en précision, les volumes se resserrent et les matières deviennent plus expressives, comme pour accompagner un mode de vie en mouvement, ancré dans la réalité urbaine de Londres (et ses soirées à rallonge) plutôt que dans l’idée d’évasion.
Le look n°54
Pour cette première silhouette, nous avons craqué pour le passage n°54, qui impose d’emblée une allure nocturne radicale : un trench long en cuir ultra-brillant, ceinturé à la taille, structuré aux épaules et aux larges revers graphiques.
Porté sur une chemise sombre façon smoking, le manteau capte ici la lumière comme une chaussée mouillée, écho direct à la vision urbaine du directeur artistique pour la fin d’année. Une ligne résolument affûtée, presque cinématographique, qui résume à elle seule la nouvelle direction mi-street mi-chic de Lee pour Burberry.

Le look n°30
Plus tôt dans la collection, on relève une pièce maîtresse sur la silhouette n°30. Sur le podium, le mannequin apparait vêtu d’un long manteau ivoire, à double boutonnage et col montant enveloppant, donnant l’impression d’un vêtement protecteur, pensé pour affronter la nuit et le froid de la capitale.
Bien plus qu’un par-dessus, on reconnait dans le modèle ci-dessous une retenue typiquement British et un côté rassurant. Le créateur opte, niveau accessoires, pour une large écharpe foncée à franges et des gants noirs. En outre, un look qui joue un contraste simple mais très juste, entre douceur visuelle et rigueur de la coupe.

Le look n°16
Impossible de détourner le regarder du 16eme look, lors de son passage. Avec ce nouveau manteau d’exception, la griffe injecte une dose de magnétisme pur dans son vestiaire d’hiver. La pièce longue en fourrure brune, portée ouverte sur un tailleur noir très net, impose une présence immédiate : chaude et puissante.
La matière capte la lumière, la coupe allonge la ligne. De son côté, la couleur de la fourrure contraste avec la sobriété du noir du reste de la tenue qui rend l’ensemble terriblement désirable. Sous l’impulsion de Daniel Lee, la femme ne cherche plus à se fondre dans le décor. Bien au contraire, la nuit, elle traverse les rues londoniennes avec assurance.

Le look n°36
Autre élément que l’on adore, et que l’on retient, le mouvement du look n°36. Ce dernier se présente au détour d’une robe noire à décolleté plongeant, nouée autour du cou comme une écharpe et animée d’un jeu de franges et de volumes asymétriques. Sans nul doute, la maison signe là l’un des moments les plus troublants du défilé.
La silhouette avance comme portée par la matière, légère mais chargée d’attitude, entre sensualité directe et sophistication presque nonchalante. C’est précisément cette façon de rendre le soir désinvolte, jamais figé, jamais trop apprêté que revendique Daniel Lee pour les soirées de l’hiver 2026 : une robe faite pour vivre la nuit, pour marcher et danser.

Le look n°3
Une nouvelle version du trench… C’est ce que nous promet Daniel Lee dès le début de son défilé. Le passage n°3 clore d’ailleurs notre sélection de looks marquants grâce au manteau court bleu nuit spectaculaire, sculpté de larges volants autour du buste et du col.
On retrouve le très cher classique de Burberry dans une version des plus novatrices, presque nocturne. Ceinturée à la taille, la silhouette affirme une présence plus forte que d’ordinaire, presque théâtrale. Elle s’équilibre immédiatement par le pantalon en cuir noir, qui ramène l’allure dans la rue, dans le réel. Une proposition emblématique de la vision du directeur artistique, où le vestiaire du quotidien se charge d’un souffle spectaculaire.

À travers ces cinq silhouettes, Burberry affirme une vision claire pour l’automne-hiver 2026-2027 : celle d’un vestiaire féminin pensé pour le rythme réel de la nuit, ses allers-retours, ses imprévus et ses élans. Daniel Lee revisite les icônes de la maison, les dérègle subtilement, les fait gagner en sensualité, en liberté et en impact visuel. Une collection qui séduit moins par l’effet de décor que par la justesse des attitudes et par cette capacité à transformer chaque look en instant de vie.



