Nez à nez avec Jean-Michel Duriez

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Nez à nez avec Jean-Michel Duriez

LE PREMIER PARFUM QU'IL A PORTÉ, L'ODEUR QUI LE FAIT VOYAGER OU CELLE QU'IL RÊVE DE METTRE EN FLACON... LE PARFUMEUR JEAN-MICHEL DURIEZ, À LA TÊTE DE LA MAISON ÉPONYME ET QUI COMPOSE ÉGALEMENT POUR CARLOTHA RAY, NOUS PARTAGE SON UNIVERS OLFACTIF.

Fondateur de la maison de parfum éponyme, Jean-Michel Duriez a également composé pour de grands noms de la parfumerie pendant plus de 30 ans, à l’instar de Jean Patou, Rochas, Dolce & Gabanna ou encore Lacoste. Depuis 2022, il prête aussi son talent à Carlotha Ray et a façonné une identité olfactive qui se dévoile tout au long de ses créations. Cette empreinte s’articule autour d’une essence végane de cuir et de maté et se veut un hommage olfactif au Paraguay natal de la fondatrice Mariella Schwartz Montiel.

Affublé du doux nom de “Cuir de Fleur”, l’accord est à la fois joyeux, régressif et empreint d’une charge émotionnelle unique. Pour prolonger davantage l’expérience, cette composition se décline aujourd’hui dans une nouvelle expression olfactive, inaugurant la toute première bougie estampillée Carlotha Ray. Dans un flacon de parfum ou dans la douce lueur d’une bougie, le Nez tient résolument sa promesse : « Au fond je ne crée pas des parfums, je fabrique des souvenirs ». Il a répondu, pour l’occasion, à notre questionnaire olfactif.

Quelle est l’odeur qui vous ramène instantanément à votre enfance ?

Calèche d’Hermès. Ma mère portait ce parfum à ma naissance, puis est passée à un autre. Un jour, j’avais 13 ou 14 ans et je l’ai senti par hasard dans une parfumerie. Ce fut un choc émotionnel. Ce parfum évoquait instantanément ma mère sans qu’elle soit là, à côté de moi. Cela m’a suivi de nombreuses années avant qu’elle ne porte l’une de mes créations : Un Amour de Patou qui était son parfum préféré.

Le premier parfum que vous avez porté ?

Je crois que c’était Brut de Fabergé qui, à l’époque, était un parfum de luxe en flacon de verre avec une petite plaque de métal au bout d’une chaînette. La boîte se refermait en enroulant un cordon noir autour d’une pièce en carton cloutée sur l’emballage. Super chic.

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Fabergé Brut

L’odeur dont vous ne pouvez pas vous passer ?

L’odeur d’une forêt de conifères en été sous le soleil. La sève transpire des pommes de pin et sèche au soleil tandis que les aiguilles tombées au sol craquent sous les pas. Une odeur résinée, sèche et boisée se dégage dans la chaleur des sentiers forestiers.

L’odeur qui vous inspire le calme et la sérénité ?

Se plonger dans des draps propres et frais. Littéralement glisser dans leur odeur d’air pur. S’endormir en quasi lévitation.

L’odeur qui vous fait voyager ?

À l’approche d’un aéroport se dégage une odeur de kérosène, signe d’un départ pour une destination lointaine. C’est la plus anti-écologique des odeurs, malheureusement. Bientôt peut-être pourrons-nous voyager dans des avions silencieux et inodores ? En attendant ce jour heureux, c’est cette odeur qui me transporte.

L’odeur de l’amour ?

Quand le cumin rencontre l’iris et qu’ensemble ils soufflent dans le pli de l’aine.

L’odeur improbable que vous aimeriez mettre en flacon ?

La délicate transpiration de l’être aimé. Il va de soi que je ne partagerai ce flacon avec personne.

Une odeur pour définir la personne que vous êtes aujourd’hui ?

Fort heureusement nous ne pouvons sentir notre propre odeur, je laisse à d’autres l’envie de le faire. Ceux qui ne peuvent pas me sentir passeront leur chemin.

Le parfum qui ne vous quitte jamais ?

Le café du matin. L’humanité en a fait une odeur universelle, pas besoin d’emporter le sien dans ses bagages, je préfère découvrir celui qu’on me propose là-bas.

Vos matières préférées en parfumerie ?

Dans mes créations récentes, Myrrhe et Bois brûlés de Carlotha Ray, contiennent une facette de feu de cheminée. J’aime infiniment les matières pyrogénées, c’est-à-dire brûlées. L’encens, le styrax, le bois de cade et le bois de bouleau, quand ils sont pyrogénés.

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Carlotha Ray

Votre secret d’expert pour un parfum qui tient toute la journée ?

Ajouter une petite taille 10 ml à votre arsenal de beauté et discrètement se re-parfumer quand l’envie vous en prend.

L’odeur que vous détestez le plus ?

Par professionnalisme je ne rejette aucune odeur, mais quelques fois je souffre …

C’est la première bougie que vous créez pour Carlotha Ray, quelle a été votre démarche créative ? 

Dès les premiers parfums créés pour Carlotha Ray, j’ai eu l’idée de leur attribuer un sillage olfactif commun. Un ADN, une signature. Quand Mariella Schwartz Montiel m’a raconté sa vie, son enfance, ses créations, je me suis dit que la meilleur idée serait d’inventer une odeur végane de cuir et de maté (elle vient du Paraguay). Je l’ai appelée Cuir de Fleur, j’en incorpore dans tous ses parfums. Un joli anachronisme, qui capture toute sa Maison : végane, fleuri, joyeux, émotionnel, régressif, attachant, positif. Mariella l’a tellement aimée qu’elle m’a demandé de l’adapter en bougie.

Est-ce une démarche de composition différente par rapport aux parfums ?

Oui, un parfum de bougie n’a pas véritablement de notes de tête/cœur/fond. Tout vient ensemble à travers la flamme et ce qu’on appelle bizarrement le bassin, c’est-à-dire la cire fondue qui surnage dans le verre. Le parfum d’une bougie se construit comme un bloc dont le sillage envahira lentement la maison.

BOUGIE CUIR DE FLEUR PACK Nez à nez avec Jean-Michel Duriez
Bougie “Cuir de fleur” – Carlotha Ray – Pot en porcelaine de Limoges, made in France, bougie en cire végétale (huile de colza) et mèche de coton – Vendu chez Printemps, Blissim, Nocibé.

Crédit photo de Une : Vasken Toranian

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