Interview : nez à nez avec Annick Ménardo (Symrise)

Annick Ménardo
Annick Ménardo

Interview : nez à nez avec Annick Ménardo (Symrise)

POUR CETTE NOUVELLE INTERVIEW, ONIRIQ A RENCONTRÉ ANNICK MÉNARDO, PARFUMEUR CHEZ SYMRISE. LE NEZ VIENT DE COLLABORER AVEC LA PRESTIGIEUSE MAISON LALIQUE POUR CRÉER "ENCRE INDIGO" ET NOUS PLONGE, POUR L'OCCASION, AU COEUR DE SON UNIVERS OLFACTIF.

Bois d’Argent, c’est elle, Lolita Lempicka, c’est elle, Boss Bottled, encore elle. Que ce soit chez Firmenich, qu’elle a quitté en 2018 après 27 ans, ou chez Symrise qu’elle a rejoint ensuite, Annick Ménardo a formulé tant de chefs-d’oeuvre qui ont marqué l’histoire de la parfumerie. Une fois n’est pas coutume, sa dernière création pour la Maison Lalique est une véritable expérience olfactive. Puissant et intense, Encre Indigo est inspiré par la rencontre de la bergamote éclatante, de la baie de genièvre aromatique, du safran épicé et de l’indomptable vétiver… Un nouvel incontournable à adopter pour les amateurs de parfums masculins d’exception. Interview.

Quelle est l’odeur qui vous ramène instantanément à votre enfance ?

L’odeur fraîche d’un jardin en fleurs. Ma mère est Grassoise, et une partie de ma famille travaillait avec les fleurs, les fleurs sont donc une sorte d’affaire de famille. C’est dans le jardin familial que j’ai découvert la botanique.

Le premier parfum que vous avez porté ?

White Musk de The Body Shop, mais aujourd’hui je n’ai plus autant d’attrait pour les odeurs trop propres, sans aspérités.

L’odeur dont vous ne pouvez pas vous passer ?

Je porte surtout ce sur quoi je travaille. Sinon, j’aime me laisser surprendre par les vieilles bouteilles que je garde dans ma maison du Cannet. Vu de Ted Lapidus, juste un tout petit pschitt parce qu’il ne reste plus qu’une infime partie du flacon de 1977. C’était un chypre légèrement oriental avec des notes de tête très fraîches, un peu de feuille de violette. Il me reste aussi quelques gouttes d’un vieux Quelques fleurs de Houbigant. Et j’ai gardé le flacon Lalique de L’Air du temps de Nina Ricci dans sa boîte jaune. J’avais supplié mon père de me l’offrir pour mes 13 ans.

L’odeur qui vous inspire le calme et la sérénité ?

La propreté, l’odeur du musc blanc.

L’odeur qui vous fait voyager ?

Toutes mes créations me font voyager. Quand on fait ce métier depuis des années, créer fait naître des émotions et vous rappelle des choses qui n’appartiennent qu’à vous…

L’odeur de l’amour ?

Une vanille intense, généreuse et épicée.

L’odeur improbable que vous aimeriez mettre en flacon ?

J’avais pour projet de capturer en flacon le mouvement. C’est une chose qui m’a toujours fasciné, de part mon apprentissage de la danse notamment. J’ai pu réaliser ce défi avec la confiance de Lalique, en créant Encre Indigo, un parfum tout en mouvement, en contrastes.

Encre Indigo - Lalique
Encre Indigo – Lalique

Une odeur pour définir la personne que vous êtes aujourd’hui ?

Je pense que ce qui me définit le mieux c’est le contraste, la rencontre de matières premières et d’accords marquées m’inspire énormément. Dernièrement, j’ai notamment créé Encre Indigo pour la maison Lalique. C’est la rencontre prestigieuse et explosive entre le zeste pétillant de la bergamote, la fraîcheur aromatique de la baie de genièvre et la chaleur épicée et intense du safran.

Le parfum qui ne vous quitte jamais ?

Je n’ai pas de parfum signature. J’aime particulièrement les parfums puissants avec une signature caractéristique et équilibré. Ils sont pour moi synonyme d’intemporalité.

Vos matières préférées en parfumerie ?

Je n’ai pas vraiment de matière préférée, j’aime beaucoup de choses et des choses très différentes, des bois, des épices, des fruits… C’est la richesse de mon métier et c’est pour cela que je l’ai choisi.

Votre secret d’expert pour un parfum qui tient toute la journée ?

Le corps a des points de pulsations, des points chauds qui diffusent le parfum lorsque l’on l’applique sur la peau. Se parfumer sur les poignets, dans la nuque, derrière les oreilles, sur le coup permet de diffuser votre parfum favori toute la journée.

L’odeur que vous détestez le plus ?

L’odeur du concombre, non pas pour l’effet aqueux mais pour sa facette aldéhydée. Mais mes goûts personnels évoluent : quand j’étais jeune, j’adorais ce type de note. En tant que parfumeur, j’analyse et je décortique les parfums et les odeurs. Je n’aime pas certaines combinaisons, certaines associations de matières premières et de molécules, mais j’aime et suis curieuse de toutes les familles olfactives.

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