Comme chaque automne, le quartier de Saint-Germain-des-Prés devient le spot idéal pour les amateurs d’images, les curieux, les promeneurs du week-end et tous ceux que l’art émeut sans qu’ils sachent dire pourquoi. PhotoSaintGermain, dirigé par Aurélia Marcadier, réunit galeries historiques, institutions, écoles d’art et lieux insolites dans un parcours libre et gratuit. On y découvre des photographes confirmés comme Robert Adams ou Terri Weifenbach, des jeunes talents issus des Beaux-Arts ou de l’école d’Arles, et des projets inattendus qui bousculent notre regard.

Flâner, voir, ressentir : l’art de novembre à Saint-Germain
D’un musée à l’autre, d’une librairie à un hôtel, on déambule dans un Saint-Germain qui se réinvente à chaque coin de rue. L’esprit du quartier “ bohème, curieux, cultivé” se retrouve dans la diversité des lieux partenaires, le Musée d’Orsay, la Maison d’Auguste Comte, la Galerie du Crous, la Librairie Alain Brieux, la Fondation LAccolade, ou encore l’Hôtel La Louisiane, repaire d’artistes mythiques.
Ici, la photographie s’écoute, se touche et se respire. À l’Institut national des jeunes aveugles, l’artiste Sixtine de Thé imagine des images tactiles gravées sur pellicule, à la frontière entre lumière et toucher. Au Musée d’Histoire de la Médecine, un hommage est rendu au scientifique Étienne-Jules Marey, pionnier de la chronophotographie, dont les recherches ont ouvert la voie au cinéma et à la science du mouvement. Dans la salle Béatrice Hodent de Broutelles, Anne-Lise Broyer présente Les Attaches, fruit d’une résidence au musée de l’Armée, il s’agit d’un travail sensible sur l’engagement, des traces et des silences que la guerre dépose dans les mémoires.
Entre deux expositions, nous profitons pour s’attarder dans les cafés et librairies du quartier, on feuillette SIMONE, le journal du festival distribué gratuitement, on parle photo, littérature et lumière.
Des histoires de regards
Dans cette 14ᵉ édition, le plus frappant, c’est la multiplicité des points de vue. À la Maison d’Auguste Comte, le Brésilien Emilio Azevedo déroule son projet Rondônia, entre archives militaires et territoires amazoniens, un voyage dans la mémoire coloniale et les paysages d’aujourd’hui. À l’autre bout du spectre, au Musée national Eugène-Delacroix, l’Américaine Terri Weifenbach signe une ode délicate aux Jardins parisiens, inspirée par les peintres et la lumière de la capitale.
L’exposition MEN à l’Espace Art Absolument revisite les représentations de la masculinité, des corps et de la vulnérabilité ; celle de Susan Burnstine à la Galerie Catherine & André Hug explore le rêve américain dans une brume colorée, presque cinématographique. Plus loin, à la Galerie Berthet-Aittouarès, le duo Letizia Battaglia et Franco Zecchin replonge dans la Sicile des années noires de la mafia, une mémoire brûlante devenue icône.
Un festival accessible et incarné

L’un des secrets de la réussite de PhotoSaintGermain tient à sa simplicité puisque tout est gratuit et ouvert à tous. Pas de badge, pas de pass, pas de barrière symbolique, il suffit de pousser une porte. Sous la direction d’Aurélia Marcadier, le festival a su garder un ton sincère, loin des grands effets ou des postures. Chaque lieu partenaire reste fidèle à son esprit, comme la librairie Alain Brieux qui mêle l’art et la science ; la Galerie Le Minotaure qui rend hommage à la modernité de Florence Henri ou encore la Fondation LAccolade qui présente Ce qui fait trace sans faire de bruit, réflexion sur la mémoire et la lenteur.
PhotoSaintGermain prend le contre-pied de notre frénésie visuelle. Il nous invite à la pause, à l’attention, à la délicatesse.
Infos pratiques :
Saint-Germain-des-Prés, Paris 6ᵉ et 7ᵉ arrondissements
Du 6 au 30 novembre 2025
Accès libre et gratuit
photosaintgermain.com | @photosaintgermain
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