Nous entrons, et déjà, ça tangue un peu. Une lumière bleutée, une courbe dans l’espace, une ambiance ouatée : le rivage s’efface. Bleu profond, c’est plus qu’une exposition au musée des Franciscaines. C’est une immersion. Le bruissement des algues, les volutes d’encre, les créatures translucides.
Ici, l’océan se raconte autrement, en œuvres rares et sensibles, depuis les gravures de Victor Hugo jusqu’aux vidéos des abysses. Jean de Loisy orchestre une sélection précieuse, comme un collier de perles venues du fond des mers. Il y a du mystère, du beau, du fragile. Et puis, derrière chaque vitrine, une piqûre de rappel : ce monde marin qu’on contemple… on est en train de le perdre. Luxe ultime ? L’émotion pure. Celle que seul l’océan, et ceux qui savent encore l’écouter, savent offrir.

Art et océan : sous la surface, la vie
Tout commence en douceur. Un clapotis d’image, des œuvres suspendues, des reflets mouvants. On quitte la terre ferme. La scénographie signée Constance Guisset est un bain tiède, tout en courbes et en bleus. On descend doucement. Georges Lacombe peint les vagues comme des prières. Plus loin, l’artiste Nicolas Floc’h photographie la mer comme un jardin fertile. Des algues, des textures, des lumières qu’on croyait impossibles.

À mesure que l’on s’enfonce, les œuvres se font plus mystérieuses. Les mains d’Emile Gallé semblent tout droit surgir d’un rêve. Zarh Pritchard peint, littéralement, sous l’eau. Hicham Berrada fait danser la chimie dans des béchers. Et tout autour, l’océan s’anime. Autant qu’il fascine, inspire et inquiète.
L’océan comme vous ne l’avez jamais vu
Nous passons des premiers aquariums de Paris à l’invention du scaphandre, des expéditions scientifiques du XIXe aux expérimentations des artistes d’aujourd’hui. L’océan se transforme en archive, du rêve à la menace.
Et puis il y a les abysses. Les vraies. Celles où la lumière ne passe plus. Là, Jean de Loisy nous confronte à autre chose, c’est l’ombre. Celle des migrants engloutis, des déchets plastiques, des légendes englouties. Miriam Cahn peint en bleu, mais c’est un bleu qui serre le cœur. Deauville, ville de bord de mer Deauville, ville de bord de mer, ville de cinéma, tend ici un tapis rouge vers un autre monde, celui du dessous. Et c’est peut-être là, dans ces profondeurs fragiles, que se joue notre plus grand luxe, qui est continuer à rêver. Et à protéger.

Infos pratiques
Dates : 28 juin – 21 septembre 2025
Lieu : Les Franciscaines, 145B avenue de la République, Deauville
Tarif : 13 € (plein) – Gratuit -18 ans
Site : lesfranciscaines.fr



