Chaque automne, le Petit Palais offre sa carte blanche à un artiste d’aujourd’hui. Une manière d’ouvrir, au cœur de la collection des Beaux-Arts de la Ville de Paris, un dialogue entre héritage et création. Cette année, c’est Bilal Hamdad qui s’y confronte. Et c’est peu dire que son œuvre y trouve sa place naturelle : ses toiles, baignées de lumière, habitent les salles avec la présence tranquille du réel.
Si vous passez par Art Basel, impossible de ne pas traverser la rue : en face, au Petit Palais, Paname raconte un autre monde, celui du Paris des trottoirs, des vendeurs de marché, des passants fatigués. Faussement simples, ses scènes du quotidien ont la densité d’un roman naturaliste et la fulgurance d’un instantané d’une photographie. Dans Paname, tableau monumental saisi au printemps dernier, un marché éphémère à la sortie du métro devient fresque urbaine et poème social.
Héritier des réalistes du XIXᵉ siècle, Bilal Hamdad reprend à son compte leurs sujets de prédilection : scènes de rue, cafés, corps ordinaires. “Peintre de la vie moderne”, selon le mot de Baudelaire, il capture tout à la fois l’effervescence de la capitale et la solitude des moments suspendus. Né en 1987 à Sidi-bel-Abbès, en Algérie, il a la singularité d’être doublement diplômé des Beaux-Arts : formé dans sa ville natale, puis à Bourges et à Paris, d’où il sort en 2018. Très vite, il s’impose par ses compositions à grande échelle, nourries de photographies prises sur le vif et d’une lumière de clair-obscur qui confère à chaque scène une tension cinématographique.
Son œuvre, en dialogue constant avec les maîtres anciens, s’inscrit dans une filiation assumée : Caravage pour la dramaturgie de la lumière, Velázquez pour le regard social, Courbet pour le peuple et sa vérité. Ces influences, digérées avec une liberté contemporaine, nourrissent une peinture du présent en conversation avec l’histoire.
Du 17 octobre 2025 au 8 février 2026, le Petit Palais lui consacre sa première exposition muséale d’envergure. Une vingtaine de toiles, dont deux inédites, y dialoguent avec celles de Courbet, Carolus-Duran, Lhermitte ou Pelez. En affirmant la pertinence de la peinture figurative à l’ère saturée des images, Bilal Hamdad rappelle qu’elle demeure, plus que jamais, un art du regard – celui qui sait voir, et faire voir, la beauté du réel.

Bilal Hamdad, Paname
Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
17 octobre 2025 – 8 février 2026
Avenue Winston-Churchill, 75008 Paris
Du mardi au samedi, 10h-18h
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