À la fin du mois de janvier, alors que Paris vit au rythme de la mode et de ses rituels hivernaux, une vente aux enchères s’impose comme un moment à part. Dans les salons de l’Hôtel Le Bristol, adresse emblématique du Faubourg Saint-Honoré, la Haute Couture Dior se dévoile sous un angle inédit, celui de la collection privée. Organisée par Maurice Auction en collaboration avec Kerry Taylor Auctions, cette vente réunit 126 pièces de Haute Couture Christian Dior, issues de la collection de Mouna Ayoub. Près de quatre décennies de création, de 1984 à 2022, sont racontées à travers les signatures successives de la maison. L’événement, à la fois mondain et patrimonial, s’inscrit dans l’élite du marché de l’art.

Une collection Haute Couture Dior pensée comme une œuvre à part entière
Mouna Ayoub est une collectionneuse internationale de Haute Couture, active depuis plus de quarante ans. Réputée pour son œil exigeant, elle a constitué l’une des collections privées les plus importantes au monde, acquérant les pièces les plus emblématiques de chaque créateur et de chaque maison.
Pour Mouna Ayoub, la haute couture se construit comme un récit, fidèle aux grandes périodes de la maison Dior et à leurs directeurs artistiques successifs : Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons puis Maria Grazia Chiuri. Un panorama qui offre une lecture fluide de l’évolution stylistique de Dior, de l’élégance mesurée et structurée des années Bohan, à l’opulence architecturale de Ferré.
Pour l’occasion, nombre de ces silhouettes ont été conservées dans un état quasi intact. La collectionneuse n’achète pas uniquement pour porter, mais aussi pour préserver. Certaines créations ont même été acquises pour leur seule valeur esthétique, selon une logique proche de celle du collectionneur d’art.

Au cœur de cet ensemble, les créations de John Galliano occupent une place singulière. Ses collections pour Dior, de la fin des années 1990 au début des années 2000, sont représentées par plusieurs lots majeurs dont des robes issues des collections Mata Hari, Diorient Express ou Clochards. Des pièces estimées entre 40 000 et 120 000 euros, aujourd’hui considérées comme des jalons de l’histoire contemporaine de la couture.
Paris, les enchères et le retour du désir couture
Cette vente suscite autant d’attention car elle arrive dans un contexte particulier. Depuis plusieurs années, les enchères de mode et de Haute Couture connaissent un regain d’intérêt, portées par une nouvelle génération de collectionneurs, sensibles à la fois à la rareté et au récit. Paris, avec son histoire et ses adresses mythiques, reste le terrain de jeu idéal à privilégier pour trouver des merveilles.
Le choix du Hôtel Le Bristol Paris n’est pas anodin. En 2025, le marché des enchères en France a confirmé son excellente santé, s’imposant comme l’un des plus dynamiques en Europe. Portée par un calendrier solide et par l’attractivité retrouvée de Paris, l’année a été marquée par une série de ventes prestigieuses et de records spectaculaires.

Les grandes maisons internationales, dont Sotheby’s et Christie’s, ont enregistré des résultats en forte hausse, soutenus par des œuvres majeures de Picasso, Modigliani ou Yves Klein. Le retour d’événements structurants, comme Art Basel Paris au Grand Palais, a renforcé la visibilité de la place française et attiré une clientèle internationale.
Informations pratiques
Vente live : jeudi 29 janvier à 15h
Exposition : 27 et 28 janvier, de 10h à 19h
Lieu : Hôtel Le Bristol Paris, 112 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8ᵉ



