Longtemps reléguée au rang de ponctuation du look, la joaillerie a pris, ces dernières années, une place croissante dans la grammaire du Met Gala. En 2024, c’était le diamant de synthèse qui faisait son entrée fracassante sur le tapis rouge, Pandora débutant ses diamants de couleur cultivés en laboratoire, portés par une star en près de 200 carats. En 2025, le saphir bleu Laguna Blu de Bulgari, porté par Anne Hathaway, s’imposait comme l’image joaillière de l’année, avant de partir pour plus de 25 millions de dollars chez Sotheby’s. Cette nuit, sur les marches du Metropolitan Museum of Art, le bijou devenait le sujet principal.

Irina Shayk, Emily Blunt, Venus Williams : le bijou prend le pouvoir au Met Gala
Irina Shayk, le bijou comme seul vêtement
Le coup d’éclat de la soirée appartient sans conteste à Irina Shayk. La supermodel russe a fait son entrée dans le plus petit soutien-gorge bijou signé Alexander Wang, une pièce joaillière en guise de haut, associée à une jupe longue noire effleurant le sol. Elle s’est accessoirisée d’une série de pièces ajustées, des montres métalliques portées en choker et en bracelet, le soutien-gorge lui-même fermé par ce qui ressemblait à un garde-temps.
Le créateur a conçu cet ensemble comme une archive portable, puisant dans les principes surréalistes pour recontextualiser des objets fonctionnels en mode. « Fashion Is Art », a résumé Wang à Entertainment Tonight, avec une économie de mots qui dit tout.
Emily Blunt et Mikimoto : le collier comme robe

Emily Blunt a fait son entrée en arborant un collier body de haute joaillerie signé Mikimoto, une pièce portée en public pour la toute première fois. « Quand nous avons découvert cette création extraordinaire de Mikimoto, nous avons su que c’était une évidence. Cela ressemble à de l’art portable, et cela capture l’idée du bijou qui devient vêtement », a déclaré l’actrice. Une formulation qui aurait pu servir de manifeste à toute la soirée.
Sudha Reddy : 550 carats de tanzanite et 3 459 heures de travail
Parmi les pièces les plus spectaculaires du tapis rouge, la philanthrope Sudha Reddy a imposé sa vision du grand spectacle joaillier. Sa parure centrale, estimée à plus de 15 millions de dollars et issue de sa collection personnelle, est articulée autour d’une tanzanite d’un bleu-violet profond de 550 carats, baptisée la « Reine de Merelani » et originaire des collines de Merelani en Tanzanie. Autour de cette pierre d’exception, des diamants taille rose forment de délicats motifs floraux, équilibrant l’échelle monumentale de la pièce par une luminosité plus douce et antique.
Venus Williams et Swarovski : un collier comme archive personnelle

Co-présidente de la soirée, Venus Williams a opté pour une narration joaillière d’une profondeur rare. Son collier, conçu par Swarovski, s’inspire du motif du plateau de Wimbledon figurant dans le portrait Venus Williams, Double Portrait (2022) de Robert Pruitt. La pièce intègre des emblèmes de sa famille, des jalons de sa carrière et des références à l’histoire du tennis, avec notamment des allusions au combat pour l’égalité des salaires et aux premiers champions noirs comme Althea Gibson et Arthur Ashe.
Amanda Seyfried, Rosé et la fidélité à Tiffany & Co.
Amanda Seyfried a porté un collier de haute joaillerie et des boucles d’oreilles assorties de Tiffany & Co., les pièces introduisant une opulence délibérée face à la douceur de sa robe de bal en satin rosé signée Prada. La chanteuse Rosé, elle aussi habillée par la maison new-yorkaise, a prolongé la domination de Tiffany & Co. sur ce tapis rouge, tandis que Chase Sui Wonders (Alexander McQueen) et Dwyane Wade ont également choisi les bijoux de la maison, confirmant son statut de partenaire joaillier incontournable du Met Gala.
Les sous titres : Boucheron omniprésent, Colman Domingo en étendard
L’acteur Colman Domingo a choisi un look Valentino multicolore à carreaux, les bijoux Boucheron sélectionnés pour « lier l’ensemble » selon les experts présents. La maison de la Place Vendôme était visible sur plusieurs silhouettes tout au long de la soirée, aux côtés de Cartier, David Yurman, Mikimoto et Pandora.

Une parure signée Cartier, Bvlgari, Van Cleef & Arpels ou Tiffany & Co. ne sert pas uniquement à « briller » sur ce tapis rouge : elle signale une expertise de joaillier, une sélection de pierres, une époqu, parfois un clin d’œil à l’Art déco, aux années 1950, ou aux motifs naturalistes. Au Met Gala, la haute joaillerie devient un sous-titre du patrimoine, de la rareté et de la permanence.
Le Met Gala 2026 aura poussé cette logique jusqu’à son point de rupture : le bijou n’accompagnait plus la tenue. Dans les cas les plus audacieux, il était la tenue.



