Au centre du film, Audrey, incarnée par Ana Girardot. Fille d’agriculteurs devenue cheffe de rayon dans un hypermarché de province, elle est envoyée à la centrale d’achat de son enseigne pour défendre une filière bio et locale. Une promotion qui ressemble vite à une plongée dans un univers où les rapports de force dictent tout. « Le prix se fixe par la capacité à convaincre, à menacer, par l’élocution. C’est un jeu de pouvoir permanent », explique l’actrice.
Entre la ferme familiale et les bureaux feutrés de la grande distribution, Audrey avance sur une ligne fragile. Elle a quitté le monde agricole pour tracer sa route, mais refuse d’en renier l’héritage. « Audrey a quitté le milieu agricole, mais elle garde des fondations très fortes. Des valeurs du travail, une endurance. »
« La Guerre des prix », un thriller social
Pour préparer le rôle, la comédienne a travaillé le personnage jusque dans sa physicalité. La posture, la démarche, les vêtements : tout devait traduire cette tension intérieure. « Je voulais qu’on sente à la fois l’endurance de celle qui a grandi à la ferme et la détermination de celle qui s’en émancipe. »

Ce rôle résonne aussi avec son propre parcours. Partie très tôt de chez elle, l’actrice raconte avoir voulu tracer sa route loin de l’héritage familial : « J’ai décidé d’apprendre ce métier loin du nom de mes parents. Je voulais comprendre par moi-même si c’était vraiment ça que je voulais faire. » Une démarche qui explique sans doute son attrait pour les personnages plus rugueux, moins attendus.
Face à elle, Olivier Gourmet impose la présence rugueuse d’un négociateur aguerri. Les discussions prennent peu à peu des allures de duel. Silences, regards, stratégies : tout se joue dans ces face-à-face où chacun tente de prendre l’ascendant.
Mais La Guerre des prix ne se contente pas de révéler les coulisses de la grande distribution. Le film raconte aussi l’histoire d’une femme qui cherche sa place entre loyauté familiale et ambition personnelle. « Elle ne renie pas ce monde-là et refuse qu’on méprise ses parents », souligne Ana Girardot.
Avec ce premier film, Anthony Déchaux révèle un champ de bataille que l’on ne voit jamais : celui qui se cache derrière nos courses du quotidien. Après cela, difficile de regarder une étiquette de prix avec la même innocence.
La Guerre des prix, d’Anthony Déchaux avec Ana Girardot, Olivier Gourmet, Julien Frison
Sortie en salles le 18 mars



