Juan Arbelaez, le goût du partage avec notre questionnaire de Proust

Juan Arbelaez, le goût du partage avec notre questionnaire de Proust Magazine Oniriq Désirée de Lamarzelle
Juan Arbelaez, le goût du partage avec notre questionnaire de Proust Magazine Oniriq Désirée de Lamarzelle

Juan Arbelaez, le goût du partage avec notre questionnaire de Proust

À l’approche de la naissance de son premier enfant, Juan Arbelaez a lancé sur les réseaux sociaux le Preg’Men Challenge. Un défi culinaire où pendant un mois, le chef s’impose les mêmes restrictions alimentaires que celles vécues par sa compagne enceinte. Un geste intime, presque domestique, qui met en lumière une réalité encore largement passée sous silence : celle de femmes enceintes souvent mises à l’écart des restaurants. Pour Oniriq, Juan Arbelaez a accepté de se prêter au questionnaire de Proust.

Le déclic est arrivé en douceur. À l’approche de la naissance, Juan Arbelaez prend conscience des contraintes alimentaires qui rythment désormais le quotidien de sa compagne enceinte. Il décide alors de les partager pleinement. Pendant un mois, il adopte les mêmes règles : pas d’alcool, pas de viande saignante, pas de poisson cru ni de charcuterie. Même au restaurant.

Sur les réseaux sociaux, le Preg’Men Challenge rencontre rapidement un écho inattendu. Les témoignages affluent, surtout de femmes enceintes, qui racontent leur fatigue face aux interdits, aux injonctions contradictoires, aux menus rarement pensés pour elles. Derrière la question de l’alimentation, c’est une expérience plus large qui affleure : celle d’un corps en transformation, d’un bouleversement physique, hormonal, émotionnel, souvent minimisé, parfois invisibilisé.

Sans posture militante ni discours moralisateur, le chef propose des gestes simples : repenser certaines recettes, rendre les cartes plus lisibles, imaginer des plats « pregnancy friendly ». Une manière de rappeler que la grossesse n’est pas une parenthèse à subir, mais un temps à accompagner, avec attention, avec justesse, et, autant que possible, avec plaisir.

Questionnaire de Proust gourmand avec Juan Arbelaez

Votre recette la plus invraisemblable ?
Une mousse au chocolat piment jalapeño, huile d’olive, sel fumé.
Sur le papier, rien ne va ensemble. Et pourtant. Un plat signature, presque un défi en soi, qu’il assume pleinement.

Le meilleur endroit pour un dîner en amoureux ?
Chez moi. Je cuisine, je choisis la musique, je prépare des surprises.
Mais le 14 février, les grandes oubliées, ce sont les célibataires. Tout le monde se dandine en couple, alors qu’on devrait en faire leur fête. Une côte de bœuf à partager à six, et pourquoi pas, faire des rencontres et trouver l’amour.

La recette que vous auriez aimé inventer ?
Le macaron de Pierre Hermé. Un monoproduit devenu universel. Réussir à faire le tour du monde avec une seule recette, simple en apparence, c’est du génie. Comme le burger ou la salade César : des plats qui traversent les frontières et parlent à tout le monde.

Votre première madeleine de Proust ?
L’odeur du café que faisait ma mère dans une chaussette-filtre. Le matin, l’eau bouillait, le café coulait, et l’odeur envahissait tout l’appartement. Une saveur et une odeur indissociables, très ancrées.

Le plat qui réconcilie tout le monde ?
Les pâtes.Une très bonne carbonara ou une bolognaise bien faite, avec un bon parmesan : autour de la table, tout le monde est d’accord.

Un seul ingrédient que vous pouvez emporter sur une île déserte ?
Le citron vert. Il y a le poisson, la mer est salée, les cocos pour l’eau. L’acidité, la vitamine C, l’énergie : tout est là.

Si vous étiez une odeur ou un parfum ?
Le beurre noisette. Cette caramélisation juste avant que ça brûle. Une odeur qu’il a apprise en France, et qu’il trouve absolument exceptionnelle. Il livre même une astuce : faire un beurre noisette, le refroidir brutalement, l’assaisonner. Sur une tartine, c’est “exceptionnel”.

Le plat dont vous êtes le moins fier ?
Ma première quiche lorraine. Après 40 minutes au four le résultat est une soupe. J’avais oublié les œufs. Résultat : un lait aux lardons et au gruyère. Pas terrible, mais formateur.

Et celui dont vous êtes le plus fier ?
Ce n’est pas un plat. C’est ma famille, mes associés, mes amis. Ma femme, mon enfant qui arrive, les gens avec qui je vis et travaille. La plus belle recette que j’ai faite est humaine.

La cuisine est-elle une échappatoire ?
Non. la cuisine est pour moi plutôt une thérapie. Il ne s’agit pas de fuir, mais de se poser, réfléchir, faire le tri. Les gestes répétitifs, ciseler, écosser, couper, plongent dans un état presque méditatif. Ils permettent d’aller chercher des solutions et d’avancer.

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