Et c’est à l’occasion de son centenaire que Renault lui rend hommage à travers une exposition singulière, Dialogues avec le losange, présentée depuis le 31 octobre, jusqu’au 15 février 2026 à la Fondation Vasarely, à Aix-en-Provence.
Dès les premières salles, la lumière hypnotique du lieu agit. Ici, l’art et l’industrie se parlent depuis toujours. Porté par le Fonds Renault pour l’Art et la Culture, le projet s’inscrit dans une histoire pionnière : celle initiée dans les années 1960 avec la création de la Collection Renault, lorsque le constructeur collaborait déjà avec les plus grands artistes contemporains, d’Arman à Vasarely, pour repousser les frontières de la création.
Mais cette fois, l’expérience prend une dimension inédite. Pour la première fois, le bureau personnel de Victor Vasarely, préservé dans son authenticité au cœur de la Fondation, s’ouvre au public. Une parenthèse rare : la table de travail, les maquettes, les carnets d’étude racontent l’intimité du maître de l’art optique. Dans ce sanctuaire de la géométrie, chaque objet semble dialoguer silencieusement avec le losange Renault, comme un écho entre deux visions du mouvement.

Renault renoue avec l’esprit avant-gardiste
Soixante ans après la naissance de la Collection Renault, la marque renoue avec cet esprit avant-gardiste en invitant trois figures de la scène urbaine et géométrique contemporaine : Arthur Dorval, Sébastien Préschoux et Olivier Swiz. Sous la direction artistique du commissaire Karim Boukercha, ils réinterprètent à leur manière la rigueur et la vitalité du langage vasarélien.
Chez Dorval, les couleurs s’entrechoquent et s’emboîtent comme un puzzle vivant. Préschoux tisse des volumes de fils tendus, suspendus dans l’air, dessinant des architectures invisibles ;
Swiz, enfin, compose avec le rythme et la ligne, comme un graffeur de la géométrie. Dialogues avec le losange dépasse ainsi la simple commémoration graphique. C’est une réflexion sur la beauté du design industriel français lorsqu’il s’imprègne de l’imaginaire artistique. Les œuvres des trois artistes prolongent l’intuition de Vasarely : celle d’un art total, où la technologie et l’émotion s’entrelacent.
Certes, le parcours demeure parfois plus contemplatif que narratif, mais le geste est fort. En réaffirmant son lien avec la création contemporaine, Renault rappelle que l’innovation, qu’elle soit mécanique ou visuelle, naît toujours du même moteur : la curiosité. Avec Dialogues avec le losange, le constructeur ne se contente pas de célébrer un logo. Il invite à repenser ce que peut être un symbole : une fenêtre ouverte sur le mouvement, la lumière et le futur. Le losange Renault n’est pas qu’un signe. C’est une vision et aujourd’hui plus que jamais, une œuvre vivante.



