Voyager n’a jamais été aussi simple quand il suffit de pousser une porte. En ce moment, Paris bruisse de nouvelles adresses où l’on mange autrement, avec des plats pensés pour faire écho à une culture. On y apprend autant qu’on y savoure. D’ailleurs, savez-vous pourquoi on ne plante jamais ses baguettes verticalement dans un bol de riz au Japon ? Comment le sud des États-Unis a transformé ses « grains cassés » de riz en trésor culinaire ? Ou encore pourquoi au Pays basque, on préfère manger avec les doigts ? Tour du monde express, à trois arrêts parisiens.

Escale à Savannah depuis le 7e : L’Arrêt
Derrière le vert profond de son comptoir en marbre, L’Arrêt fait souffler un vent du sud des États-Unis en plein cœur de Saint-Germain. Mashama Bailey, cheffe star passée par Chef’s Table, et son associé Johno Morisano y célèbrent la Port City Southern Cuisine. On y croise le fameux Chicken Country Captain, poulet braisé parfumé au curry, ou le Savannah Red Rice, riz mijoté façon risotto. Là-bas, dans le Sud, la cuisine se vit en famille et les plats se déposent sur la table pour être partagés. Et détail qui dit tout : l’abondance est un signe d’amour. Alors, beurre, sauces et épices ne se comptent pas. À Paris, la générosité est intacte, mais twistée à la française dans ce bistrot où l’on peut aussi venir pour un croissant aux noix de pécan le matin.

Escale basque-coréenne dans le 18e : Pantobaguette
Changement de décor : Pantobaguette, spot hybride du 18e, entre izakaya tokyoïte et bar à tapas madrilène. Ici, les vinyles tournent, les assiettes circulent, et le nouveau chef Rodolphe Graffin mélange racines du sud-ouest et inspirations coréennes. Un pigeon rôti au bincho japonais, un taloa à la ventrèche… et voilà une carte qui fait le grand écart entre Océan et Asie.
Et parce qu’on ne dîne pas en Asie comme ailleurs, Pantobaguette s’inspire de ses rites. A noter qu’en Corée, le concept est de partager plusieurs petites assiettes, on picore, on partage. En Corée, on ne remplit jamais son propre verre mais celui de son voisin. Ici, on retrouve cette convivialité un peu ritualisée, avec en bonus des cocktails twistés façon bistronomie et des kombuchas du quartier.

Escale nippone chic dans le 6e : Kimono
Enfin, cap sur Montparnasse et son héritage japonais avec Kimono, le nouveau bistrot des sœurs Vaconsin. Leur star est La futosoba, une nouille maison au sarrasin plus épaisse qu’une soba, plus généreuse qu’une udon, travaillée dans la plus pure tradition japonaise. On la déguste froide, à tremper dans son bouillon, ou chaude, façon comfort food.
Comme au Japon, le repas est ponctué de petits rituels. On considère d’ailleurs qu’un repas doit éveiller les cinq sens et même aller jusqu’à cinq couleurs (blanc, noir, rouge, jaune, vert) et cinq saveurs (sucré, salé, amer, acide, umami). C’est une règle appelée goshiki (les cinq couleurs) et gomi (les cinq saveurs). Même un simple bento est pensé comme une petite harmonie visuelle et gustative.




