La beauté du Zalando Visionary Award… À l’occasion de la Copenhagen Fashion Week, Zalando réalisait, une fois encore, le rêve d’un jeune créateur : celui de faire défiler sa vision sur l’un des calendriers les plus regardés de la mode.
Ce mercredi 5 août, c’était au tour de Galib Gassanoff, fondateur de la marque INSTITUTION et grand gagnant du Zalando Visionary Award 2026, d’investir la Galerie nationale du Danemark pour y présenter YAD, sa collection printemps-été 2027. Une sixième ligne pour le créateur, faite de souvenirs, d’héritage et de savoir-faire, à travers laquelle il raconte autant ses origines que sa vision de la mode de demain.
Zalando donne de la voix à la création de demain
Zalando n’est plus « une plateforme de mode » depuis bien longtemps… Depuis quatre éditions, déjà, le géant européen profite de la Fashion Week de Copenhague pour donner un coup de pouce à ceux qui dessineront les contours de l’industrie demain. Et, pour certains, les aider à passer du projet au podium.
Lancé en 2023, le Zalando Visionary Award récompense chaque année de jeunes marques capables de penser la mode au-delà de sa simple esthétique. Pour les départager, trois piliers : l’impact social, l’innovation et le stylisme. Un jury composé, pour l’édition 2026, d’Edward Buchanan, Christiane Arp, Jeanie Annan-Lewin, Sara Sozzani Maino et Sara Spännar s’est ainsi chargé d’évaluer les différents projets.
En finale, trois noms : INSTITUTION, KYLE HO et Milk of Lime. Trois univers bien différents, entre préservation des savoir-faire pour le premier, nouvelle lecture du tailoring masculin pour le deuxième et esthétique « rural punk » tournée vers les fibres naturelles pour le dernier.

À la clé pour le gagnant, 50 000 euros pour développer sa marque, auxquels s’ajoutent 35 000 euros destinés à la préparation de son défilé, un accompagnement par des professionnels de l’industrie et, surtout, une place convoitée au calendrier de la Copenhagen Fashion Week pour présenter sa collection printemps-été 2027.
Et, le 28 janvier dernier, le verdict tombait : INSTITUTION, projet socio-artistique fondé par Galib Gassanoff et profondément nourri par ses origines azerbaïdjanaises, remportait l’édition 2026. Six mois plus tard, nous y sommes. Ce mercredi 5 août, Zalando transformait la récompense en réalité et offrait au créateur la scène promise.
Voir cette publication sur Instagram
En parallèle, le Zalando Visionary Space, installé durant deux jours au Copenhagen Contemporary, réunissait INSTITUTION et les précédents lauréats IAMISIGO, Paolina Russo et Sinéad O’Dwyer autour d’installations et d’ateliers. Une façon, finalement, de prolonger l’idée même du prix au-delà du runway.
INSTITUTION et YAD, quelque part entre « mémoire » et « étranger »
Mercredi 5 août, donc, direction la Galerie nationale du Danemark sur les coups de 10h. Entre les murs minimalistes et quelques statues de bronze, une sélection de tapis originaires du Caucase, d’Anatolie, du nord de l’Iran et d’Asie centrale recouvre le runway.
Pour son premier défilé à la Copenhagen Fashion Week, Galib Gassanoff dévoile, sous l’égide d’INSTITUTION, YAD. Sa sixième collection qui signifie, en azéri, aussi bien « étranger » que « mémoire » : deux notions que le créateur mêle pour parler d’appartenance et d’héritage.

Élevé en Géorgie, Gassanoff convoque naturellement les savoir-faire qui ont accompagné son enfance. Les mannequins défilent pieds nus, vêtus de jorabs (chaussettes traditionnelles tricotées) réalisés à la main, tandis que mailles et sculptures en corde de coton perpétuent des techniques artisanales transmises de génération en génération…
Des volumes qui ne pèsent jamais
Puis viennent, naturellement, les vêtements. Et avec eux, le volume. Beaucoup de volume. Les silhouettes de la collection printemps-été 2027 d’INSTITUTION se font ultra-structurées, bouffantes, parfois démesurées. Les trenchs XXL se cintrent à la taille avant d’exploser autour du corps, les jupons gonflent, les fronces et plissés redessinent les formes et les chemisiers masculins se dédoublent de tissu au niveau des hanches.

Pourtant, rien ne semble lourd. Cotons froissés et gaufrés, voiles, tulle, mesh et satin fluide viennent alléger ces constructions imposantes. Même constat côté couleurs : blanc, écru, beige et brun froid composent une palette presque entièrement monochrome et donnent à la collection quelque chose d’organique.
Parfois immaculées, les silhouettes deviennent même presque angéliques. Les chemises masculines jouent avec la transparence et l’asymétrie, tandis que robes et tops en mesh se couvrent de dizaines de pièces métalliques frappées. D’autres enferment, enfin, les bras à la manière de camisoles, sans jamais perdre cette impression de légèreté.
Voir cette publication sur Instagram
Derrière l’expérimentation, enfin, toujours l’artisanat. Fibres naturelles, stocks dormants et laines sourcées puis filées par des communautés en Géorgie prolongent cette idée de transmission. Prendre ce qui a été transmis pour imaginer quelque chose de nouveau : finalement, tout l’esprit de YAD. Et plus globalement d’INSITUTION et Galib Gassanoff.
Voir cette publication sur Instagram



