Et la Fashion Week de Paris reprend ses droits… Après Milan, c’est au tour de la capitale de la mode d’entrer dans la danse avec ses collections prêt-à-porter homme printemps-été 2027. Du 23 au 28 juin, des créateurs comme Pharrell Williams pour Louis Vuitton, Jonathan Anderson pour Dior ou encore Mike Amiri chez AMIRI se succèdent pour nous offrir leur vision du vestiaire masculin de demain.
En ce mardi 23 juin, qui officialise le début de la saison sous quelque 36 degrés, plusieurs griffes se démarquent avec, tantôt des inspirations inattendues, tantôt des tendances émergentes et des silhouettes justes. De quoi nous faire, presque, oublier les températures caniculaires…
Retour sur les collections marquantes dévoilées ce 23 juin
Le défilé Louis Vuitton
L’invitation était prometteuse… et surtout utile avant l’heure ! Il y a quelques jours, les rédactions parisiennes recevaient la promesse d’un show ensoleillé au détour d’une casquette en cuir Louis Vuitton. Sur les coups de 21 heures, ce mardi 23 juin, le directeur créatif des studios homme, Pharrell Williams, a reçu ses hôtes dans une installation de taille : une plage ainsi qu’une vague démesurément haute, en cascade, servant de décor. Une véritable ode à la communauté du surf.
Dans le cadre de sa feuille de route Regeneration 2030, Louis Vuitton soutient l’organisation de protection des récifs Coral Gardeners. Et avant que beaucoup ne débattent de l’utilité du fond marin, la maison française assure que « l’eau utilisée pour le défilé, fournie par Eaux de Paris, sera réinjectée dans le réseau d’assainissement grâce à un circuit fermé, tandis que le sable sera ensuite donné aux terrains de beach-volley de la Cité internationale universitaire de Paris ».
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En ce qui concerne la collection, on retrouve, au printemps-été 2027, l’iconique dandy de Williams sur les bords de l’océan, prêt à affronter les vagues. Et ce n’est pas qu’une façon de parler, puisque certains looks s’accompagnent de planches de surf à damier ou encore habillées du Monogram.
Les silhouettes, elles, rappellent ce même esprit : des palmiers se brodent sur des blousons clairs et des polos, le tailoring se raccourcit jusqu’à donner naissance à des costumes shorts ou se porte de façon nonchalante avec un baby tee. Le maillot de bain devient légion et la casquette, le nouvel indispensable. On retrouve également d’autres essentiels pour les journées plus capricieuses : des imperméables jaunes, des duffle-coats à la doublure Monogram et même de longs manteaux texturés imitant le sable.

Même les pièces techniques passent sous le crayon du directeur créatif. Fini les modèles bon marché : pour se démarquer, place aux combinaisons et aux hauts de lycra de surf LV, agrémentés d’empiècements organiques sur le torse. Côté accessoires, la maroquinerie se magnifie de perles et adopte un registre chromatique plus doux. Les planches s’accompagnent de skateboards et de vélos. Enfin, les malles se déclinent en aluminium, à travers des paysages marins ou encore dans un revêtement évoquant un coucher de soleil.

Le défilé Études Studio
Présentée ce mardi 23 juin, dans la galerie basse du Palais de Tokyo, la collection printemps-été 2027 d’Études Studio s’intéresse à un terrain de jeu que la griffe connaît bien : la ville.
Baptisée Short Term Eternity, cette collection No. 29 emprunte son nom aux « Art Cards » de l’artiste et architecte Gordon Matta-Clark, une série de cartes conceptuelles dévoilant des bâtiments voués à la démolition à travers un prisme artistique. Un point de départ qui se traduit par un vestiaire pensé comme une surface en perpétuelle mutation, où les traces du temps, les graffitis et les gestes éphémères deviennent des imprimés, des coupes et, plus largement, des intentions.

Entre tailoring assoupli et références workwear/utilitywear, Études Studio mise sur une garde-robe résolument fonctionnelle et urbaine. Les manteaux structurés côtoient des vestes adoucies, tandis que les fermetures zippées, les poches techniques et les éléments amovibles (comme les capuches) permettent de faire évoluer les volumes au fil des silhouettes. On retient parmi nos pièces favorites : un trench en denim aux nuances marron et vert, des jeans volontairement délavés, des chemises aux imprimés urbains ainsi que des vestes en jean recouvertes, comme précisé précédemment, de graffitis. Même la maille semble avoir subi les effets du temps, avec des pulls déchirés qui renforcent l’esthétique brute de la collection.

Côté accessoires, les sacs XXL se portent à l’épaule chez Études Studio. Pensés comme une réinterprétation moderne du sac messenger, ils prolongent cette réflexion autour du mouvement et du quotidien que l’on connaît dans les villes. La palette, quant à elle, oscille entre beiges crayeux, sables grisés, bruns métalliques, rouges brique et nuances aubergine, comme des façades patinées par les années et des matériaux industriels usés. On doit le reconnaître : avec Short Term Eternity, Études Studio livre une proposition cohérente et maîtrisée, qui parvient à transformer l’usure de la ville en beauté, mais aussi en terrain d’expression.
Le défilé Saint Laurent
Une brume épaisse envahit la Bourse de Commerce… Sous la coupole parisienne, Anthony Vaccarello signe un défilé presque suspendu pour l’homme Saint Laurent. Pour le printemps-été 2027, le directeur artistique s’éloigne du spectaculaire pour proposer un vestiaire tout en retenue, où les matières semblent flotter à même la peau.
Costumes aux épaules assouplies, vestons et pantalons larges à pinces, matières organiques et nuances minérales composent une ligne légère, presque silencieuse. Une douceur que l’on apprécie et qui est toutefois bousculée par quelques détails forts : des touches d’or sur des tops en satin et des trench-coats, de surprenantes chaussures de ville transparentes dévoilant les orteils, ainsi qu’une silhouette no pants portée sous un blazer.

Parmi les apparitions, plusieurs ont concentré les regards, dont notamment celle de Loli Bahia. La mannequin française, omniprésente sur les podiums (et les réseaux) ces derniers temps, confirme un peu plus son statut de visage incontournable du secteur. Dans cette atmosphère vaporeuse, imaginée autour de l’œuvre de l’artiste japonaise Fujiko Nakaya, sa démarche renforce encore cette idée d’une élégance presque irréelle, particulièrement chère à Saint Laurent. Au final, une collection délicate, maîtrisée et sans réels excès.
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Le défilé Auralee
Entre le départ du bureau et l’arrivée à la mer… Pour le printemps-été 2027, la marque japonaise Auralee, fondée par Ryota Iwai, nous invite à une balade que l’on voudrait d’ores et déjà réaliser. Celle qui nous accompagne de notre dernier jour au travail jusqu’à la finalisation de notre valise, puis à notre arrivée à destination de rêve. Dans ce sens, les premières silhouettes s’ancrent dans notre quotidien : beaucoup de gris, déjà observés lors de la saison automne-hiver, des costumes précis, des ensembles structurés et des tonalités olive qui rappellent cette routine presque monotone qui rythme nos journées.

Puis, progressivement, quelque chose bascule. Comme si les vacances se rapprochaient à mesure que les looks avancent, les vêtements s’allègent, se raccourcissent et se délient. Une maille colorée se glisse sous un ensemble corporate, on abandonne la tenue lourde pour une robe T-shirt aérée, puis le short s’impose progressivement. Les sacs prennent, eux, l’apparence de housses de pressing, en clin d’œil aux derniers préparatifs avant un départ tant attendu. Puis, enfin, l’été l’emporte avec quelques itérations de maillots de bain, des tenues citadines décontractées et même des coupe-vents pour les amateurs de destinations fraîches.

Si le tailoring demeure le fil rouge de la collection, Auralee le détourne avec subtilité en lui offrant des accents plus amusants. Un look monochrome dévoile ses teintes de bleu au travers du cuir, du denim et du coton, tandis que des robes aux coutures apparentes, des jupes en cuir orange ou encore des ensembles inspirés du bleu de travail enrichissent davantage la collection. Même les détails se veulent évocateurs, à l’image des bracelets de cheville ornés d’une petite banane, comme un souvenir de vacances déjà glissé dans la valise. De quoi nous remotiver pour ce dur labeur avant les vacances d’été.
Le défilé Valette Studio
Présentée ce mardi 23 juin, dans la cour de l’Hôtel de Jaucourt, au cœur du 3ᵉ arrondissement de Paris, la collection printemps-été 2027 de Valette Studio confirme que la marque a trouvé son identité et ne compte pas en dévier…
Chez Valette Studio, tout part du corps. Comment le vêtement l’habille, le révèle ou, au contraire, le cache. Cette saison, la marque joue, dans sa collection, sur des oppositions. D’un côté, une épaule nue contraste avec un volume ample ; de l’autre, une pièce très structurée est portée avec quelque chose de presque transparent. C’est cet équilibre fragile qui rend justement les silhouettes intéressantes.
Le vestiaire mélange sans complexe le masculin et le féminin, avec des pièces qui pourraient autant s’adresser aux uns qu’aux autres. Une longue chemise blanche portée comme une robe, un gilet en cuir bicolore sur un pantalon large, une robe drapée violette aux reflets camouflage qui prend vie à chaque pas… En bref, autant de propositions qui montrent l’étendue du terrain que la marque s’est appropriée. L’imprimé zèbre, lui, apparaît en clôture de défilé sur une robe longue fluide, comme une dernière carte abattue avec beaucoup de désinvolture. La palette reste sobre : noirs, blancs et ivoires dominent, mais le violet profond et les imprimés viennent la réveiller au bon moment. En bref, une collection simple et très efficace.



