Pomellato au Palais de Tokyo : 5 raisons d’y aller avant le 20 juillet

Pomellato Exposition Palais de Tokyo jusqu'au 20 juillet - 5 bonnes raisons d'y aller ONIRIQ journaliste Alice Masson
Pomellato Exposition Palais de Tokyo jusqu'au 20 juillet - 5 bonnes raisons d'y aller ONIRIQ journaliste Alice Masson

Pomellato au Palais de Tokyo : 5 raisons d’y aller avant le 20 juillet

L'exposition Pomellato au Palais de Tokyo retrace 60 ans d'une joaillerie milanaise hors norme. Visite guidée en cinq temps, jusqu'au 20 juillet 2026.

Le Palais de Tokyo accueille jusqu’au 20 juillet la première exposition parisienne de Pomellato, inaugurée le 23 juin en présence de Catherine Deneuve, Kerry Washington, Carla Bruni et des ambassadrices de la Maison. Le prétexte :  les révolutions silencieuses d’une joaillerie fondée à Milan en 1967, qui a changé les codes du bijou bien avant que la haute joaillerie ne devienne un sujet de conversation. Cinq raisons de ne pas rater la fenêtre.

1. Pomellato a réellement changé l’histoire du bijou féminin

Pomellato Palais de Tokyo
Pomellato Palais de Tokyo

Le parcours ne se contente pas d’aligner des pièces sur des coussins de velours. En 1967, la maison de Haute Joaillerie décide que les femmes choisiraient leurs bijoux elles-mêmes, sans attendre qu’on les leur offre. À l’époque, la décision relevait presque de la provocation. La haute joaillerie était un territoire de cadeaux masculins, de fiançailles codifiées, de transmissions familiales. Pomellato a coupé court à cette logique en s’adressant directement aux femmes qui gagnaient leur vie, géraient leur argent et n’avaient aucune intention de justifier leurs désirs.

C’est cette bascule qu’Alba Cappellieri, professeure titulaire et directrice du département de design joaillier au Politecnico di Milano, rend lisible dans une scénographie à la fois rigoureuse et sensible. Archives, croquis originaux, pièces iconiques réunies pour la première fois : le parcours dessine la trajectoire d’une maison qui a toujours su ce qu’elle voulait dire.

2. Un dialogue avec la photographie qui mérite le détour à lui seul

Pomellato Palais de Tokyo
Pomellato Palais de Tokyo

Helmut Newton, Snowdon, Herb Ritts, Michel Comte ; c’est la liste des photographes qui ont travaillé avec Pomellato. Un arsenal qui dit quelque chose de précis sur l’identité de la Maison. En effet, ces collaborations, présentées dans l’exposition, montrent comment Pomellato a construit une image aussi cohérente que ses bijoux, en confiant son portrait à ceux qui filmaient la puissance des femmes plutôt que leur docilité.

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Newton n’était pas un photographe que l’on sollicitait pour vendre de la douceur. Ses femmes regardaient l’objectif sans ciller, portaient les bijoux comme des armures discrètes. Que Pomellato ait choisi ce regard-là dit tout sur ce que la Maison entendait par liberté. Michel Comte, présent à la soirée d’inauguration du 23 juin, et Matthias Harder, directeur de la Helmut Newton Foundation, figuraient parmi les invités du soir : la conversation entre la Maison et la photographie n’est pas archivée, elle est toujours en cours.

3. Parce que Stile Libero mérite d’être vue en vrai

Pomellato
Pomellato – Exposition Palais de Tokyo

La nouvelle collection de Haute Joaillerie, présentée en avant-première mondiale lors de la soirée d’inauguration, se déploie en 65 créations réparties en trois chapitres : Visionary Colors, Magnetic Gold, Hypnotic Shadows. Sur papier, les descriptions impressionnent. En salle, c’est autre chose : la technique du serti libre, les architectures ajourées à la main jusqu’à 1 450 heures de travail pour le seul collier Arabesque, les 21 tourmalines Paraïba du collier Drops of Paraïba posées en apesanteur sur leur monture… tout cela demande à être vu pour être compris.

Pour mesurer ce que représente l’Arabesque, il faut savoir qu’il a mobilisé la maître artisan française Sara Bran dans un travail dont chaque ligne évoque la dentelle sans jamais la copier. Dix-huit semaines de travail continu pour une pièce qui donne l’impression de ne rien peser. Ce paradoxe est au cœur de ce que Pomellato entend par maîtrise. Le collier rivière Rainbow Supreme, lui, rassemble 68 tourmalines totalisant plus de 157 carats dans un dégradé du transparent au rose, au jaune, au vert ponctué d’un détail de chaîne gourmette.

4. Le Palais de Tokyo est le seul endroit où cette mise en scène avait du sens

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Pomellato n’appartient pas au lexique du palace ni de la place Vendôme. Elle vient de Milan, d’un studio de design autant que d’un atelier d’orfèvrerie, et son rapport à la création contemporaine est structurel, non décoratif. Le Palais de Tokyo prolonge ce propos sans le souligner. Les salles n’ont pas été transformées en écrin feutré : elles gardent leur caractère, leur matière brute, et laissent les bijoux exister comme des objets à part entière plutôt que comme des reliques. C’est une scénographie qui suppose un regard adulte de la part du visiteur, ce qui correspond exactement au postulat de la Maison depuis le premier jour.

5. Parce qu’il reste moins d’un mois

L’exposition ferme le 20 juillet. Entre la Haute Couture Week qui approche et les départs estivaux qui s’accélèrent, la fenêtre se referme vite. Sylvia Gobbel, visage de la campagne iconique Pomellato mise à l’honneur dans l’exposition, était présente le soir du 23 juin. Sa présence rappelait que les images de la Maison ne sont pas des archives mortes mais des portraits de femmes qui existent, qui vieillissent, et qui continuent.

Note de la rédaction :  Une dernière chose, pour calibrer le regard avant d’entrer : chaque bijou Pomellato passe entre les mains de plus de 150 artisans au siège milanais de Casa Pomellato avant de quitter l’atelier. Ce chiffre, dans une industrie qui délocalise et automatise, est en lui-même une déclaration de méthode.

  • Pomellato, Le Joaillier Révolutionnaire,
  • Palais de Tokyo,
  • jusqu’au 20 juillet 2026.

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