L’histoire de la tong : de vulgaire bout de caoutchouc à la pièce la plus désirable de l’été

L’histoire de la tong : de vulgaire bout de plastique à la pièce la plus désirable de l’été
©ONIRIQ MAGAZINE

L’histoire de la tong : de vulgaire bout de caoutchouc à la pièce la plus désirable de l’été

Longtemps cantonnée aux plages, aux piscines et aux sorties de douche, la tong prend, depuis plusieurs saisons, sa revanche. En cuir, à talons, ultra-fine ou moulée dans son traditionnel caoutchouc, la plus élémentaire des chaussures s’est offert une place de choix dans les tendances du printemps-été 2026. Pourtant, derrière ses quelques millimètres de semelle se cache une histoire vieille de plusieurs millénaires. Focus.

Il ne lui aura suffi que de deux brides et d’une semelle pour mettre la mode à ses pieds… Ou presque. Car, pendant longtemps, difficile d’imaginer accessoire moins désirable que la tong… Souvent taxée d’être trop pratique, trop populaire ou encore trop associée aux vacances d’été pour prétendre sérieusement au titre de chaussure mode. Et pourtant, depuis plusieurs saisons, les frontières se brouillent outre mesure.

Après les Birkenstock, Crocs et autres chaussures volontairement « disgracieuses », c’est désormais au tour de la tong de quitter le bord de la piscine pour devenir une pièce à part entière de notre dressing estival. Afin de célébrer son apogée, OniriQ revient sur son histoire, bien plus grande qu’il n’y paraît.

Bien avant le plastique, quelques millénaires d’histoire

Pour comprendre la tong, il faut remonter beaucoup, beaucoup, plus loin que les années 1990. En effet, les sandales maintenues entre les orteils existaient déjà dans l’Égypte antique (de 3150 à 31 avant J.-C.)… C’est vous dire ! Le British Museum conserve notamment une sandale en fibres tressées dont la bride venait se placer entre le premier et le deuxième orteil. D’autres exemplaires égyptiens, conservés par l’institution, sont réalisés tantôt en roseau, tantôt en feuilles de palmier et même pour certains modèles en papyrus. Autrement dit, le principe même de la tong précède de plusieurs millénaires l’invention du plastique.

L’histoire de la tong : de vulgaire bout de plastique à la pièce la plus désirable de l’été
©BRITISH MUSEUM – Sandales en fibres tressées de l’Égypte Ancienne

Mais la tong telle que nous la connaissons aujourd’hui doit surtout beaucoup au Japon. Et plus précisement au zōri : une sandale traditionnelle dotée d’une bride en V et réalisée en paille de riz, remontant à la période Jōmon (environ 10 000 à 300 avant J.-C.). De nombreux exemplaires historiques de cette dernière, également en fibres végétales, figurent dans les collections protégées du Smithsonian, vaste complexe de musées et de recherches basé aux États-Unis. Après la Seconde Guerre mondiale, on retrouve des traces de la tong en Occident, où son architecture particulièrement rudimentaire emboitait doucement le pas d’une fabrication industrielle.

L’histoire de la tong : de vulgaire bout de plastique à la pièce la plus désirable de l’été
©NATIONAL MUSEUM OF AMERICAN HISTORY – Gift of Mabel Rose Vogel – Zōri

Du zōri japonais à la Havaianas brésilienne

Pour approcher une version plus familière, direction le Brésil. En 1962, Havaianas lance sa première paire directement inspirée du zōri japonais. La paille tressée laisse place au caoutchouc, tandis que la semelle reprend un relief rappelant les grains de riz. Quatre ans plus tard, la maison mère Alpargatas dépose au Brésil le brevet de son modèle de sandale.

La suite appartient presque à la culture populaire : vendue massivement au Brésil, la tong devient une chaussure du quotidien et la déclinaison jaune-verte devient une signature mondiale de la marque jusqu’à nos jours. Rapidement, Havaianas transforme sa pièce en produit de désir, notamment avec son apparition sur un podium de Jean Paul Gaultier en 1999, aux côtés de costumes amples. Le petit morceau de caoutchouc avait trouvé une nouvelle destination : la mode, le tailoring et les silhouettes léchées.

L’histoire de la tong : de vulgaire bout de plastique à la pièce la plus désirable de l’été
©HAVAIANAS

Au printemps-été 2026, la tong prend de la hauteur

Près de trente ans plus tard, la transformation est totale. La tong n’est même plus vraiment une tong, mais une pièce de choix que les créateurs déclinent à l’envi depuis plusieurs saisons. Dans les collections printemps-été 2026, on la retrouve sous toutes ses formes : en cuir, dans une version minimaliste chez Massimo Dutti ; dans un registre plus bohème et à talons chez Zimmermann, ou encore à plateforme chez Balenciaga sous Pierpaolo Piccioli.

L’histoire de la tong : de vulgaire bout de plastique à la pièce la plus désirable de l’été
©MASSIMO DUTTI / ZIMMERMANN / BALENCIAGA

Mais on la retrouve également sous d’autres formes chez d’autres griffes et marques. Tandis que Christopher Esber élève la tong sur un kitten heel façon crocodile, Balmain la couvre de coquillages et Calvin Klein l’imagine ultra-plate, à la façon d’une paire de spa, mais la rend, malgré tout, plus chic.

Très loin du vestiaire de plage auquel on les cantonne (ou plutôt, cantonnait), on retrouve aujourd’hui les « flip-flops » en pleine rue. Les plus modeux d’entre nous les adoptent avec des jeans oversize aux bords effilochés, détournent le costume avec un duo bermuda à pinces-tongs plutôt fort et en partagent allègrement les clichés sur leurs réseaux sociaux. C’est peut-être là que se trouve, finalement, la meilleure preuve de leur ascension. La mode n’a pas tant cherché à rendre les tongs respectables : elle a fait de leur apparente banalité leur principal argument

La sélection d’OniriQ

Pour elle :

Pour pousser tout un chacun à adopter la tendance, jusqu’à la fin des fortes chaleurs, OniriQ vous a préparé une sélection de tongs ultra-mode à enfiler en l’espace d’une seconde. Et, surtout, qui élèveront vos looks facilement. On démarre, d’abord, chez la femme avec Massimo Dutti. À son habitude, l’italien nous propose des pièces chics, à prix très abordable : à l’instar de ses sandales midi blanches à petits talons. Encore plus modernes, Ipanema décline la plateforme dans un modèle totalement noire et Tory Burch la tong composé dans un coloris sable.

L’histoire de la tong : de vulgaire bout de plastique à la pièce la plus désirable de l’étéDe gauche à droite :
Sandale entre-doigts talon midi MASSIMO DUTTI – 90€
Comfy Fem IPANEMA – 16,24€
Sandales compensées Pierced TORY BURCH – 495€
Kitten Heel HAVAINAS – Prochainement disponible
Jelly Drop 50 JIMMY CHOO – 450€

Aperçue pour la première fois sur le défilé printemps-été 2027 de Studio Constance, lors de la Copenhague Fashion week, on craque également pour la nouvelle silhouette de chez Havainas. Avec son rendu mi-streetwear mi-it-girl, ses différents coloris, elle sera la paire qu’il faudra avoir aux pieds d’ici peu. Mais pour le moment, on attend encore.

Pour se consoler, on se jette littéralement sur de la dernière Jelly Drop 50 de Jimmy Choo. Réalisée en TPU texturé, la tong prend ici de la hauteur sur un petit talon sculptural de 50 mm et se pare d’un bleu translucide presque aquatique. Une paire qui joue pleinement la carte du « jelly » et qui, portée avec un jean ample ou une robe légère, devrait faire son petit effet…

Pour lui :

Chez l’homme aussi, la tong prend du galon. Et pour les plus réticents, COS livre certainement la version la plus chic : noire, épurée et portée avec un pantalon de costume particulièrement ample, elle vient casser juste ce qu’il faut à la rigueur du tailoring. Dans un registre nettement plus sportswear, Skechers l’épaissit et mise sur une semelle Ultra Light, tandis que Camperlab voit rouge avec une paire monochrome aux proportions volontairement exagérées, très mode.

Pour ceux qui ne jurent que par le luxe, direction Dior et Bottega Veneta. Chez le premier, la tong s’habille de bleu ciel et se structure autour de larges brides, dont l’une est ponctuée d’une boucle. Chez le second, retour à quelque chose de beaucoup plus élémentaire : du vert, une semelle fine et des brides striées en cuir nappa. Comme quoi, nul besoin d’en faire des tonnes pour mettre la mode à ses pieds.

L’histoire de la tong : de vulgaire bout de plastique à la pièce la plus désirable de l’étéDe gauche à droite :
Tongs élégantes noires COS – 99€
Go Consistent Sandal 2.0 Kade SKECHERS – 45€
Tongs carrés Hastalavista CAMPERLAB – 150€
Sandale entredoigt Rivage Gomme bleu clair DIOR – 590€
Tongs Sampieri BOTTEGA VENETA – 690€

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