Paris Fashion Week : les collections femme automne-hiver 2026-2027 qui ont marqué la rédaction

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026-2027 qui ont marqué la rédaction
©ONIRIQ MAGAZINE

Paris Fashion Week : les collections femme automne-hiver 2026-2027 qui ont marqué la rédaction

Entre héritage revisité, nouvelles directions créatives et scénographies spectaculaires, les défilés de l'automne-hiver 2026-2027 ont offerts une semaine de la mode particulièrement riche à Paris. Des expérimentations textiles d’Issey Miyake aux silhouettes sensuelles de Tom Ford, en passant par la poésie florale de Dior, focus sur quelques collections marquantes qui ont rythmé cette édition.

Pendant plusieurs jours, Paris s’est transformée en véritable laboratoire de création avec le retour de sa célèbre Fashion Week. Les maisons historiques comme les plus récentes y ont présenté leurs collections à travers défilés et présentations, où se mêlaient innovation, savoir-faire et narration. Certains ont misé sur une scénographie immersive, d’autres sur la pureté de la coupe ou la force des matières. Une chose les relie pourtant : l’envie de raconter une époque à travers le vêtement. Entre sensualité, artisanat et expérimentations formelles, OniriQ vous dévoile les 10 collections femme de l’automne-hiver 2026-2027 qui ont marqué la rédaction.

Ces 10 collections qui ont marqué la rédaction

Tom Ford, le maître du tailoring

Pour l’automne-hiver 2026-2027, Tom Ford poursuit son évolution sous l’impulsion de Haider Ackermann. Ici, le créateur français décline pour la saison une collection construite autour d’une idée simple mais puissante : la séduction comme dialogue. Sur le podium, les silhouettes avancent dans une tension constante entre contraires : le dur rencontre le doux, le tranchant se mêle à des matières plus enveloppantes. Les tailleurs impeccablement coupés semblent légèrement bousculés, comme si la perfection du costume avait été volontairement revisitée. Ackermann joue avec les codes historiques de la maison : glamour, sensualité et précision, tout en y insufflant une dimension plus intime et contemporaine.

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026/2027 qui ont marqués la rédaction
©TOM FORD

Cette saison s’impose également avec des pièces modernes, pensées pour le quotidien sans rien sacrifier au spectaculaire. Les silhouettes s’inspirent du vêtement de pluie : jupes, blazers, trenchs et vestes en vinyle translucide qui laissent deviner ce qu’ils recouvrent, captent la lumière et animent chaque pas d’une légèreté aérienne.​​​​​​​​​​​​​​​​ Le cachemire dialogue avec le cuir, les smokings semblent déjà habités. Ouvertures subtiles, drapés maîtrisés, jeux de volumes : chaque détail affine l’élégance tout en rendant le vestiaire accessible.

Après l’excès vient la rigueur, vibrante, presque fragile. Chez Tom Ford, la séduction n’est jamais frontale : elle intrigue, elle invite à s’approcher. Une proposition sensible qui réconcilie le glamour historique de la maison avec la modernité du vestiaire contemporain.​​​​​​​​​​​​​​​​

Alaïa, la fin d’une ère

Moment particulier pour la maison Alaïa : le défilé été-automne 2026, comme le précise un communiqué, marque la dernière collection de Pieter Mulier pour la griffe (premier directeur artistique depuis la disparition d’Azzedine Alaïa). Fidèle à son approche épurée, le créateur propose un vestiaire centré sur l’essentiel, où tout ramène au corps et au mouvement. Les silhouettes, d’abord strictes et presque athlétiques, s’ouvrent progressivement vers davantage de volume et de fluidité. Les matières : laine de mouton, viscose, velours de coton, latex ou laine coupée à cru jouent sur le contraste entre simplicité et préciosité, dans un équilibre qui fait écho à l’ADN de la maison.

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026/2027 qui ont marqués la rédaction
©ALAÏA

Pensée comme un au revoir discret, avant son départ pour Versace,  la collection dialogue avec l’héritage de feu Azzedine Alaïa tout en portant la signature de Mulier ayant annoncé son départ en janvier dernier. Les codes emblématiques apparaissent subtilement, réinterprétés pour aujourd’hui, dans des vêtements qui continuent de célébrer la silhouette féminine. Sans effets superflus, ce défilé se présente comme une conclusion sensible à cinq années de création, entre hommage, transmission et empreinte personnelle laissée dans l’histoire d’Alaïa.

Dior, la continuité de Jonathan Anderson

Tandis que certains partent, que d’autres arrivent, Anderson continue de séduire chez Dior. Au cœur du jardin des Tuileries, le préfabriqué habituel de la griffe accueillait la collection femme automne-hiver 2026-2027 du designer irlandais. Un défilé qui prenait ici la forme d’une promenade élégante, avec un décor de parc reconstitué au milieu du jardin lui-même. Comme une mise en abyme de la flânerie parisienne…

Les silhouettes défilaient comme des passants dans une allée, se croisant avec cette nonchalance étudiée propre à la capitale. Anderson s’appuie sur l’histoire du lieu, autrefois fréquenté par l’aristocratie venue autant pour se montrer que pour observer, afin de transformer le podium en théâtre discret de la vie urbaine. Et les looks ne pouvaient être plus en corrélation.

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026/2027 qui ont marqués la rédaction
©DIOR

La collection se distingue notamment par une présence marquée de motifs fleuris, disséminés sur robes, manteaux et ensembles comme autant d’échos au jardin environnant. Ces imprimés dialoguent avec des volumes plus structurés au niveau des jupes à couches et autres matières riches sur les blazers, créant un contraste entre rigueur hivernale et énergie presque printanière. Avec cette proposition immersive et très visuelle, Jonathan Anderson signe pour Dior une collection à la fois narrative et sensible, où la mode se fait promenade et où chaque look semble raconter un instant de notre quotidien.

Balmain, une nouvelle ère avec Antonin Tron

Cette saison marque un tournant pour Balmain : Antonin Tron signe sa première ligne après le départ d’Olivier Rousteing après quatorze ans à sa tête. Plutôt que de rompre avec le passé, le fraîchement nommé directeur artistique puise dans les archives de la maison pour célébrer et réinterpréter ses fondamentaux avec retenue et sophistication. Silhouettes structurées, épaules marquées et allure sensuelle dessinent une esthétique à la fois puissante et raffinée, tout en rendant hommage à l’esprit architectural et féminin initié par Pierre Balmain.

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026/2027 qui ont marqués la rédaction
©@BALMAIN

Les codes historiques de la maison sont ici revisités avec une subtilité équilibrée que l’on doit reconnaître : la veste pilote, symbole de liberté, réapparaît aux côtés d’imprimés animaliers brodés à la main sur des organzas ou du cuir souple, exaltant le savoir‑faire artisanal de la griffe. La palette joue, elle, sur des tons nocturnes : violets profonds, verts satinés, noirs intenses, tandis que les matières luxueuses comme la soie, le velours et le jacquard dialoguent avec des volumes fluides et structurés. Ainsi, Balmain inaugure une nouvelle ère, où modernité, liberté et sophistication dessinent la féminité d’aujourd’hui.

Matières Fécales, satire du pouvoir

Comment ne pas parler du défilé Matières Fécales ? Pour son troisième défilé, le duo de choc Hannah Rose Dalton et Steven Raj Bhaskaran a présenté « The One Percent ». Une collection performative qui explore les rapports de ce fameux pourcentage de la population, virevoltant entre argent, corruption et abus. Dans le cadre théâtral du Palais Brongniart, chaque tableau mettait en scène des silhouettes déconstruites mêlant luxe et ironie, questionnant subtilement les structures de domination et la place de l’élite dans nos vies.

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026/2027 qui ont marqués la rédaction
©@MATIERESFECALES

Parlons des vêtements, qui deviennent eux-mêmes des instruments de critique : matières ultra-riches conférant un statut, masques en dollars obstruant la vue, ou encore colliers de perles se transformant en bâillons pour empêcher de parler… De véritables messages visuels. Entre extravagance et précision, la collection transforme la mode en outil de contestation, où chaque pièce dialogue avec la société contemporaine et invite à réfléchir.

La chute d’une mannequin, ensuite aidée par plusieurs invités, a également marqué le show de manière totalement inattendue. Rien de bien contraignant pour la griffe, dont l’ADN repose précisément sur ce qui dérange et bouscule. Un épisode presque en parfaite cohérence avec une proposition radicale et conceptuelle, qui affirme une fois de plus la voix provocatrice de Matières Fécales.

Issey Miyake ou la beauté du hasard

Pour cette Fashion Week, le Carrousel du Louvre s’est transformé en véritable paysage vivant lorsqu’Issey Miyake y a présenté sa collection automne-hiver 2026-2027 intitulée « Creating, Allowing ». Le défilé s’est ouvert sur une scénographie organique : un sol couvert de fines lamelles d’aluminium argenté semblables à du sable, qui se déplaçaient sous les pas des mannequins. Cette mise en scène illustrait le thème central de la collection : le dialogue entre l’intention du créateur, ce que l’on choisit de créer et la beauté du hasard, ce que l’on laisse advenir.

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026/2027 qui ont marqués la rédaction
©ISSEY MIYAKE

La ligne de Satoshi Kondo célèbre la fluidité et la matière brute avec des pièces comme la ligne ALLOW, où un simple zip transforme le tissu en vêtement drapé, ou encore la série FOUND STONE aux textures minérales. Certaines créations, comme la laine élastique aux bords francs de la série UNTITLED, laissent volontairement la matière s’exprimer. L’innovation reste quant à elle présente avec les structures URUSHI BODY mêlant impression 3D, laque japonaise et papier washi, tandis que la collaboration avec Camper se poursuit une saison de plus avec la chaussure Anna. L’ensemble propose une mode à la fois technique et poétique, qui privilégie une esthétique libre et essentielle. On adore.

L’âme bohème de Chloé

Chemena Kamali présente lors de cette Fashion Week : « Dévotion ». Pour l’automne-hiver, elle nous livre ce qui est sans doute sa proposition plus accomplie et la plus aboutie depuis son arrivée à la tête de la maison fin 2023. Pour la saison, elle s’est laissé guider par l’esprit « folk » non pas comme un simple style, mais comme un héritage de gestes et de croyances partagés.

On y voit une femme libre, évoquant les icônes des années 1970, qui s’habille de mousseline légères, de carreaux aminés et de robes à volants qui dansent autour du corps et de ses mouvements. C’est une mode qui rejette le côté froid de l’industrie et met en avant l’empathie et le partage. Chaque vêtement devient ainsi un morceau de mémoire collective que l’on porte avec fierté.

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026/2027 qui ont marqués la rédaction
©CHLOÉ

L’émotion de cette collection réside dans ses détails volontairement « imparfaits » qui témoignent d’un véritable soin humain. On y trouve des mailles généreuses, des imprimés à carreaux à l’aspect patiné et des pièces en cuir travaillées qui racontent une histoire artisanale. Les accessoires jouent un rôle de talismans protecteurs : de larges ceintures ornées de chevaux galopant et des bottes à revers doublées de fourrure apportent une force terre-à-terre à ces looks aériens. En refusant la perfection froide des machines, Chemena Kamali signe une ode à la transmission et nous invite à voir la mode comme un geste d’amour et un vecteur de connexion profonde.

Roger Vivier, un retour aux sources

Cette saison, Roger Vivier célèbre l’un de ses talons les plus emblématiques avec la collection « Choc : l’architecture de la séduction ». Signé aujourd’hui de la main de Gherardo Felloni, le mythique Talon Choc, créé en 1959, devient un véritable manifeste : sa courbe concave et son allure sculpturale jouent sur un contraste fascinant, entre fragilité apparente et stabilité réelle. Une métaphore parfaite de la femme Roger Vivier : sensuelle, sûre d’elle et pleinement consciente de sa force ainsi que celle de son talon.

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026/2027 qui ont marqués la rédaction
©ROGER VIVIER

La collection se compose de silhouettes résolument affirmées : bottines minimalistes en nappa noir, escarpins aux nœuds métalliques sertis de strass, cuissardes brodées et gilets riches ou épurés inspirés des années 1950 créent une allure à la fois élégante et puissante. Les icônes de la griffe sont revisitées avec soin : la ligne Rose Vivier se pare de pétales de cuir sculpturaux, tandis que la Belle Vivier revient en versions slingback, en cuir tressé ou en daim. Résultat : une collection très parisienne, séduisante et raffinée, où la femme reste maître de son allure et de sa féminité.

La femme Ganni réinventée

La présentation automne-hiver 2026-2027 de Ganni s’est ouverte dans une atmosphère presque suspendue, comme un calme avant la tempête des défilés. Dans l’espace, des pierres aux formes organiques recouvertes de plaids, de couvertures et de dentelles délicates créaient un contraste entre rudesse et douceur. Au centre, un rocher monumental devenait une œuvre vivante grâce au peintre danois Linus Alexander Hübell Salic, qui peignait en direct sur la pierre. Une scénographie inspirée des paysages sauvages de Hirtshals, au nord du Danemark, ville natale de la directrice artistique Ditte Reffstrup.

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026/2027 qui ont marqués la rédaction
©GANNI

Côté vêtements, la ligne marque un tournant notable : plus luxueux et plus abouti, avec un travail approfondi sur les volumes et les matières. On retrouve notamment des tricots chunky, des manteaux enveloppants, des volants, des dentelles et même des références à la lingerie. Soit, des silhouettes contrastées tandis que les imprimés, eux, s’intensifient : léopard revisité, carreaux et fleurs électriques. Résultat : une garde-robe de véritables pièces statement, où la femme Ganni devient plus expressive, libre et audacieuse.

Icicle, entre liberté et mouvement 

Le 5 mars, Icicle dévoilait sa collection Atelier automne-hiver 2026-2027 dans une institution parisienne emblématique, sous la direction de création de Bénédicte Laloux. Chaque pièce semble animée d’une vie propre : les plis ondulent, les drapés se déploient et se resserrent au rythme d’un souffle indivisible.

Rien n’est figé, rien n’est contraint, l’asymétrie devient poésie et l’irrégularité, une signature. Laine, cachemire, soie et satin se répondent, alternant densité et légèreté, tandis que les volumes se croisent dans un mouvement continu qui capte l’œil autant que l’imagination. Sans doute la proposition la plus aboutie de Laloux pour Icicle, une collection où sa vision atteint un degré de précision et de maturité particulièrement remarquable.

Paris Fashion Week : les collections automne-hiver 2026/2027 qui ont marqués la rédaction
©ICICLE

La palette oscille entre retenue et caractère : du noir corbeau, du bleu encre, du coquille d’huître et des teintes de gris se mêlent à des bruns terreux et des verts mousse, ponctués de touches plus vives comme des respirations dans la couleur. Jupes ballon, drapés fluides et silhouettes masculines adoucies par le cachemire composent ensemble une élégance qui ne cherche pas à impressionner. C’est justement là l’essentiel de cette collection : elle ne s’adresse pas à l’œil seul, mais invite à ressentir la beauté tranquille de l’imperfection et la force des formes simples, portant plus loin encore la recherche de Bénédicte Laloux autour du mouvement, de la matière et d’une silhouette libre, presque organique.

Partagez cet article :

Vous aimerez sûrement :