« Je m’inspire de figures iconiques de la masculinité hégémonique et je les twiste avec une touche plus romantique et sensible »… Depuis sa création en 2022, la jeune maison Baalder fait parler d’elle au travers de son vestiaire d’homme moderne, à la fois sportif et élégant. Une vision de la virilité novatrice impulsée par Paul Baldassari. OniriQ est parti à sa rencontre, pour en apprendre plus sur ce nouveau profil de la mode, dans son showroom du 3ème arrondissement de Paris. Interview exclusive.
Paul Baldassari, autodidacte et naturel
Quand on imagine le parcours d’un créateur de mode lambda, on ne pense certainement pas à celui de Paul Baldassari. Alors que certains passent par de prestigieuses écoles de mode comme Central Saint Martins, d’autres, plus autodidactes, se lancent dans le grand bain sans trop de connaissances. C’était, à l’époque, totalement son cas. Dans les faits, rien ne prédisposait l’homme originaire de Toulon à, un jour, nous offrir sa version du vestiaire masculin.
Dans son enfance méditerranéenne, il se passionne pour le monde équestre. Rendu à l’adolescence, il développe une certaine passion pour l’automobile, certainement due à l’entreprise familiale du même secteur. Créatif avant l’heure, il aime la conception mais n’arrive pas à déterminer concrètement laquelle fera battre son cœur. Fin 2021 début 2022, aux prémices de sa trentaine, il change radicalement de vie, s’exile à Paris et lance, enfin, sa propre marque.

« J’ai toujours eu cette envie de créer quelque chose qui m’est propre. Pendant toute ma vie, de mes 20 ans à 30 ans, je me suis battu en travaillant d’arrache-pied dans l’automobile. Par rapport aux ambitions que j’avais, je ressentais, au fil de temps, que le domaine allait me restreindre un jour ou l’autre. J’ai donc cherché dans quel secteur je pourrais vraiment m’épanouir et d’un coup le vêtement m’est apparu comme une évidence », nous assure-t-il.
Plein d’insouciance face au monde de la mode, Paul Baldassari s’est vite rendu compte de l’ampleur du « désert », comme il l’appelle, qu’il allait devoir traverser avant d’atteindre une réelle idée créative. « Pendant longtemps, mon objectif était de retranscrire mon expérience automobile sur mes vêtements. Mais au final, assez inconsciemment, est venue une esthétique de marque mélangeant un peu toutes mes passions et mes expériences. Dans le sud, je ne ressentais pas tant cet élan créatif, là où la mode est beaucoup moins développée. Je voulais comme ramener cette essence méditerranéenne à la capitale. En d’autres termes, l’homme Baalder est né à ce moment-là ».

Baalder ou la masculinité sport-chic
Dans son vestiaire, Baalder reprend donc les codes bruts et stricts de la gent masculine en les rendant tantôt romantiques, tantôt sensibles. Seul à la direction artistique, le créateur y parvient au travers de trois éléments principaux : un savoir-faire artisanal français, des coupes raffinées et, surtout, des matériaux soigneusement choisis.
« Ça, c’était vraiment mon idée de départ : prendre des vêtements d’origine sportswear et les traduire dans une veine beaucoup plus élégante. Pour chercher cet effet-là, c’était principalement le sourcing des matières qui comptait pour moi : de la laine-cachemire de Colombo, voisin de Loro Piana, des bords-côtes en laine mérinos, du cuir d’agneau, etc. C’est ce qui rend, pour moi, le vêtement élégant », explique-t-il. « Après, je creuse aussi l’élégance des pièces Baalder avec des petits détails, qui font toute la différence. Je parle des boutons, spécialement dessinés pour la maison par mon modéliste François, des zips placés à certains endroits au même titre que les poches », ajoute le fondateur.

De gauche à droite :
T-shirt Overpleasure, Love Letter – 120€
Casquette beige Lettres – 120€
Short Casual, Love Letter Beige – 175€
Chemise Overpleasure, Love Letter – 220€
Quand on part à la découverte de ses pièces, que ce soit sur son site ou dans son showroom (uniquement sur rendez-vous), on retrouve assez vite ses traits de personnalité. Dans sa dernière collection, Paul Baldassari s’inspire de l’armée de l’air américaine et décline notamment un imprimé intitulé Love Letter. « J’imaginais un soldat qui se camoufle avec des lettres d’amour dans cet univers qui est détruit par la guerre », précise-t-il. Encore une fois, tellement romantique.
L’US Air Force se décline également sur des harnais reproduisant les anses de sacs à dos, sur des zips en forme d’hélices et sur les pattes de serrage au niveau du coude et du poignet, contrastant cette fois plus qu’avec la douceur de son imprimé phare. Le reste de la collection, lui, offre un large panel de basiques avec des t-shirts, autres chemises unis, shorts et accessoires.
Pour OniriQ, la pièce la plus intéressante est probablement la surchemise à rayures, appelée sur le site Nikki. Un peu dans un style marin, on l’imagine d’avance avec un short blanc, une paire de lunettes de soleil tendance et des sabots beiges !

De gauche à droite :
Tunique capuche Nikki, blue and white – 260€
Short Baoli, Zebra – 230€
Pantalon de costume Phoenix, laine black – 420€
Casquette beige cuir marron – 90€
Tunique capuche Nikki, white – 260€
Boulon Owaan Sport – 1.250€
Tunique capuche Nikki, Ali Brown – 260€
Pour sa prochaine collection, de l’automne-hiver 2024-2025, Paul Baldassari l’a déjà dessinée mais reste assez mystérieux. Quand on le questionne sur l’avenir de sa maison, il est cette fois beaucoup plus ouvert : « Mon but serait de faire évoluer Baalder vers quelque chose de plus marqué sur le plan stylistique, plus reconnaissable. En termes d’univers, le gréco-romain néo-moderne me plaît, je m’y sens bien et surtout il plaît aux clients, ce qui est le plus important. Donc, tout simplement, s’éloigner un peu du côté sportswear, mettre l’accent sur l’élégance et, qui sait, peut-être intégrer le calendrier officiel pour la saison prochaine… », confie-t-il, souriant. Et, on lui souhaite grandement !



