Le bloc notes d’Ariel Wizman

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Le bloc notes d’Ariel Wizman

Osez l’Albanie 

Un pays de bunkers, une ex-dictature communiste devenue un empire mafieux, une Corée du Nord européenne où les épiceries sont encore vides et les habitants suspicieux… Tous ces clichés condescendants sur l’Albanie ne résistent plus à l’expérience solaire de ce pays unique, adossé à l’Adriatique, pays de montagnes et de mers, d’hospitalité, plein d’une singulière culture, dont certaines découvertes récentes font remonter l’ancienneté à 8 500  ans, soit le berceau humain de l’Europe. Non contente d’offrir au monde la plus grande star pop du moment (l’incroyable Dua Lipa), l’Albanie propose humblement un asile touristique unique pour tous ceux qu’Ibiza, les îles grecques, St-Tropez ou la Croatie ont fini par épuiser. Y compris financièrement. De Saranda à Berat, en passant par Gyrokaster, Dürres ou l’étonnante Tirana, l’Albanie est la destination sur laquelle il faut lever tous les tabous post-été 2023. Si les hôtels cinq étoiles aux prix les plus accessibles de Méditerranée n’ont pas de serveuses mannequins et de reprises lounge d’AC/DC en fond sonore, ils proposent une hospitalité heureuse, des poissons grillés de la mer à l’assiette, des borekas aux saveurs authentiques, des huiles d’olive qu’on n’oublie plus. Nulle compétition de maillots de bain ou de chirurgie esthétique, nulle rudesse sociale ni inutiles « Bonne fin d’appétit » ne viennent troubler la contemplation de paysages vierges ou presque. L’Albanie vous laisse à ce que les vacances ont de plus urgent à offrir : un certain nonagir, non-paraître, une approche du tourisme qui en restaure le projet central : le lâcher-prise dans un cadre sublime. Saisissez l’offre tant que l’invasion n’a pas commencé.

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crédit : johnny-africa-0hSua1F0-P0-unsplash_

Quiet luxury 

“ Si vous m’avez remarqué, c’est que je ne suis pas élégant  »  : c’est, depuis toujours, la règle cardinale du grand bourgeois occidental en matière de chic (et, peut-être, de paranoïa fiscale). Après les excès de logos de certaines marques criardes et avides de branding, voici le « quiet luxury », le luxe tranquille, muet, aussi indétectable que le T-shirt noir d’un Jeff Bezos à 800 $.  Nos «  beautiful cosmopolites  » font la grève du show, et semblent avoir rangé leur panoplie d’hommes-sandwiches ambulants pour trouver refuge chez des marques certes chères, certes « qualiteuses  », mais indétectables. Avec des horlogers et des joailliers (Jaquet Droz, F.P. Journe, Cartier, entre autres) qui proposent des rééditions ou des créations dites timeless, au design sûr, discret et indémodable, mais aussi des marques (toutes ruineuses, rassurez-vous) comme Loro Piana, Ralph Lauren ou Tom Ford, qui proposent des modèles apaisants, low profile, et qui ne vous font pas ressembler à une enseigne de Times Square, la tendance est forte. Ce luxe est évidemment à la gloire de la qualité et du design plutôt que de la recherche névrotique d’attention. Mais il témoigne aussi, à la faveur de l’inflation et des immenses fractures sociales, d’une séparation esthétique entre des super-riches furtifs et une classe moyenne pour qui les signes de l’accession finissent presque par devenir des signaux désespérés. Comme si les signes extérieurs de richesse n’avaient plus rien à voir avec le luxe, qui préfère donc se fondre dans le décor, mais plutôt à l’image d’une classe nouveau-riche, de plus en plus moquée (y compris par le cinéma avec Sans Filtre, Palme d’or 2022) : les influenceurs.

Le grand tournant de la mode 

Si la mode, ou l’industrie du prêt-à-porter, tractée par des tendances de plus en plus rapides, gratuites et confuses, finissait par user la patience des consommateurs  ? Les faillites de marques « milieu de gamme » (Naf Naf, Camaïeu et autres) se succèdent à un rythme haletant. La fast fashion est montrée tous les jours du doigt pour ses dégâts environnementaux. Shein ou Boohoo, redoutables acteurs digitalisés qui proposent…

Article complet à retrouver dans le n°5 d’OniriQ

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