Pionnière du fitness digital et entrepreneuse, Sissy Mua parle sans filtre : sa routine stricte, ses jours off réparateurs, ses rapports aux réseaux et au travail — et pourquoi, même en vacances, couper totalement reste une mission presque impossible. Depuis la pandémie, son nom est devenu synonyme de discipline sportive à la maison. Au moment où les salles de sport fermaient et où l’isolement pesait, Sissy Mua a su mobiliser une communauté de plusieurs millions de personnes avec ses entraînements en ligne accessibles et motivants. Pionnière dès 2012 avec ses premières vidéos YouTube, elle a ensuite confirmé son rôle de figure centrale du fitness digital en lançant TrainSweatEat, une application qui a explosé pendant le confinement, avant de rebaptiser sa marque sportswear TSE Athletics, en Rore Active pour affirmer une vision plus engagée autour de la sororité et de l’empowerment. Entre ses programmes de musculation, de HIIT ou de yoga dynamique, et des événements géants comme le TSE Show prévu le 18 octobre au Carreau du Temple (1 200 places, deux sessions de sport avec 600 participants chacune), Sissy Mua s’impose comme la coach d’une génération en quête d’équilibre, d’énergie et de sincérité.

Une hygiène de vie bâtie sur le rituel
Alice Masson : Quelle est la première chose que tu fais en te levant le matin ?
Sissy MUA : Je commence toujours par un bon café, c’est sacré. Je me lève tôt, vers 5h45, ce temps du matin, je le considère comme non négociable. Ce n’est pas seulement une question d’agenda, c’est un véritable mode de vie. J’en parle souvent avec mes collègues mais c’est important de prioriser ses tâches avant que le monde s’éveille, ça change tout. Je m’aide d’un rythme très cadré, se coucher tôt, autour de 21h, un livre et puis stop. Le matin, j’ai ma routine d’une heure pour moi, puis ma séance avec l’équipe TSE. C’est à la fois un tempo et un cadre qui rendent le reste de la journée possible.
Quelle est ta séance “sauvetage” quand tu manques de temps ?
S.M : Ça m’arrive rarement de sauter, mais quand c’est le cas j’opte pour du court et efficace : 30 minutes, parfois moins. Sur l’appli, on a des formats express avec des séances de type Tabata, des HIIT de 12 minutes, parfaits pour une urgence. Avant, je pouvais rester deux heures à la salle après un déplacement ; aujourd’hui, ma routine est régulière. Et si le planning explose, j’accepte un jour off sans culpabiliser.
Les jours off : petites routines et grands plaisirs

À quoi ressemble un jour off chez toi ?
S.M : Un jour sans travail, je ne reste jamais affalée sur le canapé toute la journée. Je promène mon labrador, il a besoin de se dépenser et moi aussi, je prends le temps de ma routine beauté, je fais des petites choses de rangement qui me calment, comme trier mes tiroirs. Ces gestes anodins me nourrissent. J’aime marcher en forêt ou à la plage, sentir que tout est lent et simple. C’est très réparateur.
À quel moment de la journée tu poses ton téléphone, pour de vrai ?
S.M : Je coupe les notifications à 20h, c’est ma règle. Quand je commence à cuisiner le soir, je ne regarde plus le téléphone. Oui, je suis avec mon café à 6h le matin avec mon téléphone, mais travailler avec un écran toute la journée devient épuisant, il faut des zones de non-présence. Je n’automatise pas mes publications, je publie manuellement depuis 16 ans, je souhaite garder cette proximité avec ma communauté, je la protège.
Authenticité, présence et vie numérique
Quelle est la dernière activité que tu as faite sans jamais penser à la filmer ?
S. M : Il y en a beaucoup. Récemment, j’ai dîné avec des amies au bord de la mer, on a parlé de tout ( amours, chiens, petites tracas ) et on a juste profité entre filles. Ces moments sans téléphone m’appartiennent. Paradoxalement, ce sont souvent ces instants qui me ressourcent le plus et qui, parfois, me donnent des idées pour la suite.
Tu arrives à couper totalement pendant les vacances ?
S. M : Pour moi, c’est plutôt mission impossible. Ce n’est pas par manque d’envie, j’ai rarement pu partir dix jours sans échanger au moins une fois avec Hugo, notre directeur général. Souvent, je produis du contenu en vacances, mais les vraies coupures, comme on les imagine, je n’en ai pas eu depuis longtemps. Quand on veut vraiment décrocher, Tahiti reste la destination idéale sans réseau, décalage horaire, et là oui, on peut se couper du monde.
Ressourcements, inspirations et petits plaisirs

Un lieu ou une manière de te ressourcer ?
S.M : Chez moi, avant tout. Je suis casanière et j’ai besoin de cette « safe place ». C’est énergivore d’être constamment au bureau ou au téléphone ; rentrer chez moi, c’est retrouver un espace où je peux souffler. Prochainement, je pars à Los Angeles avec Tiny (nldr : son chéri.) pour prendre du recul, observer, chercher de l’inspiration pour de nouveaux programmes et parfois, le voyage professionnel est un reset nécessaire.
Des conseils bien-être ?
S.M : Prendre du temps pour soi, vraiment. Quand j’ai lancé TrainSweeteat, j’ai négligé certains rituels, je ne me séchais même plus les cheveux, trop occupée. Aujourd’hui, j’ai réintégré ces petits moments et le week-end, j’ai deux heures pour ma routine beauté, ça compte. Ce sont des gestes simples mais structurants.
Ton plat comfort food ?
S.M : J’aime me faire plaisir au quotidien, l’équilibre est la clé. Si je dois craquer, je reviens souvent à des saveurs d’enfance comme les biscuits secs, pain d’épices trempé dans une boisson chaude, ces petites choses « de mamie ». Et, sans surprise, les pâtes à toutes les sauces évidemment ! Je cuisine moins qu’avant, je ne passe plus deux heures aux fourneaux, mais je m’autorise ces instants.
Motivation, lecture et inspirations
Un moment de doute ou de baisse de moral ?
S.M : La motivation fluctue, évidemment. On ne se lève pas tous les matins en sautant dans ses baskets. Mais j’ai un réflexe, je suis sur mon tapis quasiment tous les jours, même si la séance est plus douce. C’est devenu un automatisme, un peu comme se brosser les dents le soir, qui en rêve ? -rires-. Quand la forme n’est pas là, j’adapte et je ne me fais pas violence inutilement.
Un péché mignon surprenant ?
S.M : La lecture ! J’adore lire des romans, feelgood, et même des sagas. J’écoute aussi des livres audios en voiture. J’aime organiser mes petites listes, j’ai même préparé une sélection de livres pour Noël. L’organisation fait partie de moi, c’est un moyen d’anticiper face aux imprévus, surtout quand le travail est fait de surprises quotidiennes.
Qui t’inspire aujourd’hui ?
S.M : Des personnes dont le mode de vie résonne avec le mien. J’aime Rachel Dillon et d’autres créatrices qui m’influencent. Quand j’ai commencé, il y a quinze ans, j’ai trouvé des tutos sur YouTube et je me suis lancée sans trop réfléchir. Aujourd’hui, la consommation de contenu a changé, c’est plus de divertissement, parfois moins de profondeur. À 35 ans, je perçois cette évolution avec distance.
Farniente ou intensité : le choix impossible
Si tu devais choisir : une heure de sport intense ou une heure de farniente totale ?
S.M : Si l’équation était « pour toujours », je choisis le sport. Mais pour une fois, give me une heure de farniente et je prends. En réalité, le sport reste au cœur de ma vie, mais j’apprécie tout autant ces pauses choisies.



