Marilyn Monroe et les diamants : derrière le glamour, une vérité inattendue

Les joyaux de Marilyn Monroe

Marilyn Monroe et les diamants : derrière le glamour, une vérité inattendue

Le titre de la chanson Diamonds Are a Girl’s Best Friend chantée par l’actrice au blond incendiaire résonne encore aujourd’hui place Vendôme. Elle chantait que les diamants étaient les meilleurs amis des femmes… mais Marilyn Monroe préférait les faire briller à l’écran plutôt que de les collectionner.

Dans le film Les hommes préfèrent les blondes de Howard Hawks en 1954, Marilyn Monroe tout de satin rose vêtue et couverte de diamants… faux (les bijoux furent imaginés par les costumiers du film) susurre dans la chanson Diamonds are a girl’s best friend les noms des plus grands joailliers comme Cartier, Tiffany’s et Harry Winston.

À ce dernier, elle demande : « Talk to me Harry Winston, tell me all about it » (« Parlez-moi, Harry Winston, dites-moi tout »). Une apparition joaillière devenue culte, figure de proue du glamour hollywoodien des années 1950 et qui induisit le public en erreur : l’actrice n’était pas une croqueuse de diamants comme d’autres à l’image d’Elizabeth Taylor.

Les joyaux de Marilyn Monroe

Elle possédait peu de joyaux. Si elle fit la promotion d’un diamant jaune de légende, ses trésors personnels relevaient plutôt des bijoux de sentiment dont deux des plus connus lui furent offerts par son mari Joe DiMaggio. Son style et son allure influencent depuis des décennies les collections contemporaines de joaillerie.

Pierre magique

Les joyaux de Marilyn Monroe

En pleine promotion du film Les hommes préfèrent les blondes, le public est stupéfait par une pierre précieuse que Marilyn Monroe porte autour du cou. Suspendu à un simple cordon noir, un diamant jaune tirant sur la nuance canari taille poire ancienne de 24,04 carats scintille. Immortalisée par un cliché, l’actrice Marilyn Monroe, découvrant cette gemme rare, semble littéralement bouche bée devant sa beauté.

Elle se serait exclamée : « It’s gorgeous » (« c’est magnifique »). Baptisé The Moon of Baroda (la Lune de Baroda), ce diamant est considéré comme l’une des gemmes les plus exceptionnelles de l’histoire. Comme d’autres pierres prestigieuses, elle a sa légende, son mystère et sa face cachée.

Découvert dans les légendaires mines de Golconde, en Inde, entre le XIIIe et le XVe siècle, ce trésor porte le nom de la cité de Baroda, située dans ce qui est aujourd’hui l’État du Gujarat, où il est taillé avec la forme caractéristique servant aux ornements des coiffes de la noblesse.

Pendant cinq siècles, le diamant reste la propriété de la famille régnante, les Gaekwads de Baroda. Ensuite, cette pierre se retrouve dans la cassette de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, la mère de Marie-Antoinette. Lorsque l’impératrice meurt en 1780, certains assurent que le diamant lui aurait porté malheur…

Les joyaux de Marilyn Monroe

Il retraverse ensuite la planète. De retour à Baroda, le diamant, désormais monté en pendentif, retrouve les Gaekwads pour quelques décennies. C’est à la fin des années 1940 qu’il atterrit dans les mains d’un bijoutier de Détroit.

Le mystère de ce nouveau voyage reste total. Il peut s’expliquer ainsi : certaines familles royales indiennes, voyant se terminer la domination britannique, furent soucieuse de sécuriser leurs avoirs en les envoyant loin. En 1944, la gemme fait un bref passage chez un certain Monsieur Deutsch, le président d’une société de tailleurs de pierre de Cleveland, dans l’Ohio.

Neuf ans plus tard, Meyer Rosenbaum, un diamantaire de Détroit qui a acquis le diamant, propose à l’actrice de lui prêter lors de sa tournée promotionnelle. La gemme accède à la notoriété, ce qui ne va pas l’empêcher encore une fois de disparaître. En 1990, elle refait surface aux enchères chez Christie’s, à New York. Le montant de sa vente triple les estimations, frôlant les 300 000 dollars. Resté dans une collection privée, le diamant réapparaît et toujours chez Christie’s, mais à Hong-Kong cette fois-ci, où il est proposé aux enchères accompagné… d’une photo signée par la star américaine.

Cette fois-ci, la pierre double la mise : estimée à 750 000 dollars, elle part finalement pour 1,5 million de dollars. Depuis, la « Lune de Baroda » est gardée quelque part à l’abri des regards…

Le collier de perles

Les joyaux de Marilyn Monroe

C’est au cours d’un séjour au Japon qui coïncide avec leur lune de miel que Joe DiMaggio offre un rang de perles à son épouse. Il est signé par le joaillier nippon Mikimoto. Une simple ligne de billes de nacre blanche Akoya terminée par un fermoir en platine et diamants que Marilyn Monroe portera régulièrement. Fondée en 1893 par Kōkichi Mikimoto, la maison de joaillerie japonaise éponyme est devenue le premier producteur mondial industriel de perles de culture.

Mikimoto fut le véritable pionnier qui a industrialisé et popularisé la perle dite « de culture » à travers le monde, ce qui lui a valu le surnom de « Roi des perles ». Sa renommée se confirme au fil du XXe siècle, notamment au milieu des années 50 lorsque le joueur de baseball choisit le ras de cou pour Marilyn, un cadeau qui a marqué l’histoire du joaillier.

L’actrice l’offrira plus tard en guise de cadeau de Noël à sa coach de théâtre et amie Paula Strasberg car cette dernière avait toujours admiré le collier. En 1998, sa fille Susan Strasberg le vend aux enchères. Mikimoto l’acheta pour 13,7 millions de yens. Il est aujourd’hui propriété du joaillier qui le prête lors d’expositions.

L’alliance en diamants

Les joyaux de Marilyn Monroe

En 1952, Marilyn Monroe rencontre le légendaire joueur de baseball Joe DiMaggio. Après une relation tumultueuse, il lui demande sa main la veille du Nouvel An 1953. Lors de la cérémonie qui a lieu le 14 janvier à San Fransisco, Joe DiMaggio lui passe à l’annulaire gauche une bague aussi sophistiquée que sobre : une création magnifique sertie de 35 diamants taille baguette. Les pierres de forme oblongue sont placées les unes à côté des autres sans griffes apparentes pour les retenir, seule la monture dite « sertie rail » est visible.

Ce bijou est devenu le symbole d’un mariage malheureux entre deux légendes vivantes. Il symbolisait le rêve d’un avenir harmonieux qui ne se réalisera jamais. Leur conte de fées dura seulement 274 jours, brisé par la jalousie de DiMaggio envers la carrière de Marilyn. La bague fut vendue aux enchères par Christie’s en 1999 pour la somme de 772 500 dollars. Aujourd’hui, ce style vintage connaît un regain d’intérêt dans les collections de joaillerie contemporaine.

Article rédigé par Fabrice Léonard, à retrouver dans le numéro 16 de Oniriq Magazine

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