Du 1er avril au 20 juillet 2025, Dessin de bijoux. Les secrets de la création, retrace un siècle de création joaillière, de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe. Boucheron, Cartier, Lalique, Vever… Ces maisons iconiques de la joaillerie ont toutes un point commun : des centaines de dessins, allant des premières esquisses à la finition à la gouache, illustrant un fil conducteur unique du processus créatif. Une opportunité rare de plonger dans les coulisses de la création.
Sources d’inspiration : la nature, les arts, le monde
Dès les premières salles, le visiteur découvre les grandes familles d’inspiration des dessinateurs de bijoux : le feuillage, les insectes, les animaux, l’Égypte ancienne, les estampes japonaises… On y retrouve même les premières ébauches de certains des bijoux les plus connus comme les broches de Van Cleef & Harpels, la célèbre panthère de Cartier, les collections du Jardin de Chaumet…
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Un savoir-faire qui invite les jeunes créateurs à « se former l’œil » en observant le monde. Si vous pensez que cette exposition vous plonge dans un passé révolu, détrompez-vous ! Derrière chaque ligne de crayon, ce sont les créations d’hier qui inspirent le bijou de demain. Les motifs persistent bel et bien, preuve que la joaillerie contemporaine puise dans les mêmes imaginaires, cycliques et universels.
Entre technique artisanale et art du dessin
Derrière la finesse d’un bracelet ou la richesse d’une broche se cache une véritable chaîne de métiers : dessinateurs, gouacheurs, modeleurs, graveurs, joailliers… Chacun s’appuie sur le dessin comme document de travail. Le gouaché, en particulier, est une étape technique autant qu’artistique : il guide le geste du joaillier, suggère les volumes, les ombres… À la Haute École de Joaillerie, à l’ère de la 3D et du numérique, les étudiants sont toujours formés à dessiner à la main, à manier le pinceau et la gouache. Car, comme le rappellent les professionnels, « tout passe par la main, par le geste ».

Pourtant les pratiques évoluent, Certains dessinateurs esquissent d’abord sur tablette, cherchent l’inspiration sur Pinterest, avant de revenir au crayon. La pression commerciale transforme de plus en plus la création en course contre la montre. « Avant, ils avaient le temps d’aller au musée, à la bibliothèque, de nourrir leur imaginaire. Aujourd’hui, il faut livrer un gouaché complet en une demi-journée », confie Clara Roca, conservatrice du patrimoine et commissaire de l’exposition. Ainsi, cette technique ancestrale est aujourd’hui menacée. Le métier de gouacheur professionnel, pourtant central, n’est toujours pas reconnu comme un métier d’art officiel et pourrait disparaître en une génération, faute de transmission.
Un patrimoine en mouvement

La grande réussite de cette exposition, c’est de montrer que ces dessins ne sont pas des reliques. Les maisons de joaillerie les consultent encore, les archivent, les numérisent. Et le pari du musée ? « Que les visiteurs repartent avec l’envie de tenir un crayon, de dessiner, d’attraper des idées au vol. » Plus qu’un hommage, l’exposition est un plaidoyer pour un patrimoine vivant, toujours prêt à inspirer la création contemporaine.
Informations pratiques
Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Du 1er avril au 20 juillet 2025
Entrée avec billet – conférences programmées les 20 mai et 22 juin à 12h.



